‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 97 sur 124 · A MADEMOISELLE DE BLONAY · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE DE BLONAY

(fragment)

La grâce d'évangéliser n'est pas le privilège de tout le monde.

[i6io-i6i 1(1).]

Ma chère Fille, je vous sçay bon gré de cette remarque (3) ; mais voyes vous, tout le monde n'a pas receu de Dieu la gfrace d'évangéliser comme son Filz, le doux

( I ) La lettre d*où ce fragment est tiré a été écrite assurément avant l'entrée de M"® de Blonay à la Visitation (15 janvier i6ia); il est difficile d*en préciser la date. Charles-Auguste (voir la note suivante) place le fait après la mort de Gabriel de Blonay. (Cf. ci-dessus, note (a), p. 367.)

(a) Pour connaître « cette remarque, » il faut citer Cha ries- Auguste /"Za Vie de la Mère Marie Aymée de Blonay, 1655, chap. iv) : « Le seigneur de Blonay preschoit presque ordinairement les Dimanches et les Festes après Vespres, et souvent avec tant de chaleur, que le zèle Temportoit ; et sa chère fille ayant appris que cette violence n'estoit pas approuvée de tout le monde, elle creut qu*un petit advis estoit nécessaire a ce cher père ; mais le respect filial ne souffrant pas qu'elle le donnast elle mesme, elle s*advisa de le faire sçavoir au sainct Evesque. » C'est ce fragment qui fut la réponse.

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'Cant, IV, 11. Jésus, avec le miel et le lait sous la langue *. Il faudra pourtant que le cher père soit adverti de ce défaut tout doucement ; Dieu nous en fera naistre les occasions ( " ).

( I ) L*occasion se rencontra, on plutôt fat amenée par le Saint ; et ici encore il faut laisser parler l'historien de la Mère de Blonay : « Ce tres-sage correcteur, dans un entretien de récréation, ayant engagé insensiblement le seigneur de Blonay à raconter comment avant que d*estre d*Bglise il se Caschoit contre ses soldats vicieux, luy dit très -agréablement : — Mon cher frère, dites la vérité, vous avez encore un peu retenu de cette humeur de capitaine, et quelquesfois, quand vous corrigez vos parroissiens, vous vous imaginez peut-estre avoir encore a faire i vos soldats; cependant il y a bien à dire entre les qualitez de capitaine et de pasteur, de soldats et de brebis, car celles-cy doivent estre conduites avec douceur et patience. — Il n'acheva pas la période, mais la laissa au bon iugement de celuy qu'il corrigeoit. »

APPENDICE

Les notes marginales indiquent la corrélation des pièces de V Appendice avec le texte des Lettres de saint François de Sales.

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