RÉSUMÉ DE L'EXPOSITION DE LA PREMIÈRE ANNÉE
Messieurs,
Dans les séances de l’année dernière, nous ayons entrepris de vous faire connaitre la docrine générale qui nous a été léguée par Sainl- Simon, notre maître, avec mission de la 'développer et de là propager. Cette exposition, toutelois, ne pouvait être que préparatoire. Nous
ne pouvions avoir l'espérance de vous associer, par ce premier eflort, à nos idées, à nos sen-
timents, à nos croyances. L’unique résultat
auquel il nous füt permis de songer, était d’ap-
peler votre attention sur une doctrine com-
plétement étrangère aux débats dont le monde intellectuel paraît généralement occupé. Ce but a dû déterminer notre marche, et, en consé-
quence, dans tout ce que nous avons dit jusqu'ici, nous avons eu bien plutôt égard à la dis-
position des esprits qu à l'enchainement logique des idées. Mais aujourd’hui que vous êtes aver-
tis de l'importance de ces idées, et que vous’
pouvez apprécier les caractères qui les séparent
de tous les systèmes en circulation, il devient
nécessaire d'entreprendre une exposiion nouvelle, et d'adopter une marche dans laquelle,
faisant moins de concessions aux habitudes des:
esprits, nous observerons un ordre plus indépendant, plus dogmatique.
Jusqu'à présent, c'est principalement par des considérations tirées des vices de l'état actuel de la société que nous avons entrepris de justifier nos prévisions sur l'avenir. Sans renoncer aujourd’hui à ce moyen de rallier les sympathies aux vues que nous continuerons d'exposer, nous
essayerons pourtant d’en donnér une justification plus intrinsèque et plus absolue. Nous devrons, sans doute, dans le cours de la nouvelle exposition, retrouver les idées qui nous ont occupés l’année dernière. Néanmoins, comme pendant quelque temps nous devrons les perdre de vue, et qu'elles seules aujourd’hui établissent un lien entre vous et nous, qu’elles seules peuvent vous déterminer à nous suivre sur le terrain nouveau où nous allons nous placer, avant de passer outre, nous essayerons de vous les rappeler, en récapitulant succinctement les propositions principales qui ont été précédemment établies 1c1.
Nous avons dit : « L’humanité est un être collectif, se développant dans la succession des générations, comme l'individu se développe dans la succession des âges. Son développement est progressif. Il est soumis à une loi qu’on pourrait nommer la loi physiologique de l’espèce humaine. Cette loi, Saint-Simon l’a découverte. Il l'a découverte comme on découvre toute loi, c'est-à-dire par UNE INSPIRATION DU GÉNIE. Îl l’a vérifiée ensuite par l'emploi de la méthode en usage dans les sciences physiques. » Pour appliquer à l’investigation des faits du passé cette