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loir entraîner la société vers un but qui lui est antipathique, soit qu’ils fassent servir leur position à la satisfaction d'intérêts égoistes, leur action devient également oppressive : Les efforts de tous tendent alors à l’anéantir, et comme jusqu'ici l'humanité a senti le vice de l’état s0cial qu'elle avait accompli, avant de se concevoir une destinée nouvelle, ce n’est pas seulement à la hiérarchie, au pouvoir, à la règle, qui compriment son essor, quelle veut se soustraire, mais à /oute règle, à tout pouvoir, à TOUTE HIÉRARCHIE. C’est à ces époques, que nous appelons critiques, que l'on peut voir se produire, sous une forme ou sous une autre, les théories politiques dont nous parlions à l'instant, et que, dans la sphère étroite des circonstances où elles naissent, ces théories peuvent trouver une justification. Or, Messieurs, depuis trois siècles les sociétés européennes se trouvent dans une époque “critique... Lors donc que nous disons qu’une hiérarchie profonde doit se former, qu’une autorité puissante doit s'élever, c'est que nous pensons qu’une RELIGION NOUVELLE est venue RÉVÉLER aux hommes une DESTINÉE NOUVELLE, et leur assurer pour l'avenir une autorité fondée sur l'Amour, une obéissance pleine de DÉVOUEMENT.
Ce que nous venons de dire des époques organi ques du passé pourrait être de nature à déterminer. des préoccupations fâcheuses, en faisant croire à la reproduction de faits qui, à juste titre, nous sont devenus antipathiques. Bien que la suite de notre exposition doive à cet égard dissiper pleinement tous les doutes, nous pouvons toutefois, dès à présent et par anticipation, entreprendre de rassurer les esprits. L’analogie entre l'époque organique qui se prépare et celles qui ont précédé ne saurait exister que dans les termes les plus généraux de l’abstraction ; hors de ces termes tout diffère. Et d'abord, dans le passé on trouve toujours une classe nombreuse, la plus nombreuse, qui est en dehors de la société, et qui est exploitée par elle. Ge que nous avons dit de l’AmoOUR, comme formant la base de toute hiérarchie, ne doit donc s'appliquer, pour le passé, qu'aux rapports des hommes qui alors sont véritablement associés ; mais ici même une restriction importante est encore à faire l'amour sans doute a bien élé, dans tous les temps, le lien principal des hiérarchies sociales, et ce qui le prouve, c’est que ces hiérarchies ont été brisées du moment où l'amour s’en est retiré; mais, comme jusqu'à ce jour il y a toujours
eu exploitation, et par conséquent an{agonisme, dans le sein même des classes associées, il en est résulté que la force, que la contrainte physique a toujours été un complément nécessaire et important de la puissance morale. Or, dans l’avenir, {ous les hommes seront asociés, et l'Amour sera le lien unique de. l'association. Maintenant que nous avons déterminé le sens dans lequel nous entendons le mot POLITIQUE, que nous avons repoussé les préventions qu'aurait pu faire naître la définition abstraite que nous en avons donnée, nous devons, en reprenant les termes de cette définition, montrer quel sera le but de l’activité sociale de l'avenir; quels seront les efforts nécessaires pour l’atteindre ; comment devront s’harmoniser, se combiner ces efforts; quelles seront enfin les relations qui lieront entre eux les membres de la société.
L'HOMME ne S'est:Jamais CONÇU de DESTINATION qu'en Dieu. Son but le plus élevé (qu'il en ait eu la conscience ou que cette conscience lui ait manqué) a toujours été de se rapprocher de Dieu en Flimitant. La conceprTioN qu'il s’en est formée, ou en d’autres termes la RÉVÉLATION qu'il en a eue, a été progressive; celle qui lui est donnée aujourd'hui apprend que Dieu, l'Être infini, est
dans son UNITÉ VIVANTE, AMOUR, et dans les modes de sa manifestation, intelligence et force; le sur de son activité doit donc être de croître en AMOUR, en intelligence, en ‘force.
Mais quelle est la direction que l’homme doit donner à Son AMOUR, à son 1ntelligence, à sa force? Gette question ne peut être résolue que par une révélation prise du point de vue humain, c’est-à-dire par la révélation de Dieu en l’homme.
Les vues générales que, dans le cours de l’année dernière, nous vous avons présentées sur le développement de l'humanité, et que nous avons en partie reproduites cette année, comprennent cette révélation. Comme elles reçoivent une nouvelle valeur du point de vue où nous sommes maintenant placés, nous nous les rappellerons succinctement. |
L'Homme, manifestation’ de DIEU, DIEU luimême dans l’ordre ni, est comme Dieu, comme
ns
l’être un, comme l'ÊTRE INFINI, dans SOn UNITÉ- VIVANTE, AMOUR, et dans les modes de sa manifestation, zntelligence et force; mais l'homme est un être collectif qui se développe. Les termes que comprend jusqu'ici le développement de son existence collective sont : la famille, la
cité, la nation, enfin la communion spirituelle de plusieurs nations; communion qui, pour les peuples de l'Europe occidentale, a été réalisée par le catholicisme. Les lacunes qui, jusqu’à ce jour, ont existé dans l’association humaine, ont été remplies par l’anfagonisme, dont l’expression la plus vive a été la guerre proprement dite. La conséquence la plus directe, la plus générale de la guerre, qui, dans tout le passé, a constitué le but dominant de l’activité des sociétés, a été l'exploitation du faible par le fort, de l’homme par l’homme (l'anthropophagie, l'esclavage et le servage). À mesure que le cercle de l'association humaine s’est étendu, l’antagonisme s’est affaibli, la guerre a perdu de son importance sociale, l'exploïtation de l’homme par l’homme est devenue moins rigoureuse, et l'exploitation de la nature extérieure a pris un plus grand développement.
Ensuite de tous ses progrès, de ces initiations successives à la vie collective, l'humanité tout entière aujourd'hui est appelée à ne plus former qu'une seule famille; aux associations partielles. qui ont existé jusqu'ici doit succéder enfin l'as- SOCIATION UNIVERSELLE , l'union de tous les hommes sur toute la surface du globe, dans tous
les ordres possibles de relations. À ce terme, vers lequel l'humanité n’a cessé de tendre, bien qu’elle n’en ait pas eu encore nettement la conscience , disparaissent l’antagonisme , Îa gnerre, qui, dans le passé, comme nous l'avons dit, n’ont été que l’expression des lacunes de l'association. L'exploitation de l’homme par l’homme fait place définitivement à l'exploitation du globe, et chacun vient prendre rang dans le sein de la grande famille selon la grâce de l’organisation qu'il a reçue en naissant, c’est-àdire selon sa capacité, pour être récompensé selon ses œuvres.
La révélation, prise au point de vue de l’INFINI, ou de Dieu dans l’universalité de l’existence, apprend à l'existence que sa destination est de croître en AMOUR, en zn{elligence, en force.
Prise au point de vue du fini, ou de Dreu en l'homme, elle lui apprend que c'est dans une direction pacifique, collectivement avec ses semblables, et par une combinaison d'efforts harmoniques, qu'il doit se développer dans cette is direction.
De cette double vue, ressort pour l'avenir l’indication de trois ordres distincs de travaux : la MORALE, qui correspond à l'Amour; la science,