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DE LA DOCTRINE SAINT-SIMONIENNE 338 à l'intelligence; l'industrie, à la force. L'organisation politique a donc pour objet le règlement de l’activité MoraLe, scientifique et industrielle ; la hiérarchie sociale ne peut être que la réalisation vivante de ce règlement.
L'amour, avons-nous dit, c’est la vie dans son UNITÉ : l’intelligence, la force, ne sont que des modes de sa manifestation. Toute connaissance, toute action, ou, si l’on veut, toute {héorie, toute pratique, émanent de laAmour et reviennent à lui : il en est à la fois la source, et le LIEN, et la tin. Les hommes en qui l’amour est dominant, c'est-à-dire, en définitive, chez lesquels la vie est à l’état normal, sont donc naturellement les chefs de la société, et comme l’amour embrasse à la fois le fini et l'infini, que c'est toujours Dieu qu il cherche et que dans l'avenir ce sera toujours Du qu'il trouvera, il s'ensuit que les chefs de la société ne peuvent être que les dépositaires de la RELIGION, que les PRÈTRES. — La mission du PRÈTRE est de rappeler sans cesse aux hommes leur destination, de la leur faire aimer, de leur inspirer les efforts par lesquels ils peuvent l’atteindre, de coordonner ces efforts, de les rapporter à leur fin. L'amour a donc pour expression générale la MORALE, c'est-à-dire du
point de vue où nous venons de nous placer, la RELIGION, qui, Considérée dans les institutions sociales auxquelles elles donnent naissance, embrasse en son entier le système politique.
Sur la même ligne, et comme des émanations simultanées de l'Amour, apparaissent l’intelligence et la force, représentées par la science et l’industrie. ;
Le but de la scrence est de pénétrer de plus en plus dans la connaissance des phénomènes que présentent l'existence universelle et l'existence humaine, de découvrir les /ois qui les régissent, autrement de constater l'ordre dans lequel ils se produisent; et comme tout est Dreu, que tout phénomène par conséquent ne peut être qu'une manifestation de la Divinité, il s’ensuit que la science, dans tout ce qu'elle comprend, n’est que la connaissance de Dreu, et qu’en ce sens elle peut être proprement appelée THéo- LOGIE.
L'objet de l’industrie est l'exploitation du globe, c'est-à-dire de l'appropriation de ses produits aux besoins de l’homme, et comme, en accomplissant cette tâche, elle modifie le globe, le transforme, change graduellement les conditions de son existence, il en résulte que par elle
l'homme participe, en dehors de lui-même en quelque sorte, aux manifestations successives de la Divinité, et continue ainsi l’œuvre de la création. — De ce point de vue l’industrie devient CULTE.
La RELIGION ou la moRALE, la THÉOLOGIE ou la science, le cuzre ou l’industrie, tels sont les trois grands aspects de l’activité sociale de l'avenir. Les PrRèTRES, les savants, les industriels, voilà la SOCIÉTÉ.
De même que le PRÈTRE représente l’UNITÉ DE LA VIE, il représente aussi l’UNITÉ SOCIALE ET POLITIQUE. — Le savant el l'industriel sont égaux à ses yeux, car tous deux reçoivent immédiatement de lui leur mission et leur inspiration. La science et l'industrie ont l’une et l’autre une hiérarchie qui leur est propre; mais chacune de ces hiérarchies remonte directement au PRÊTRE; C'est par lui qu'elle est constituée, et c'est en lui seul qu'est sa sANcrioN. — Le PRÊTRE est donc le LIEN de tous les hommes ; mais c'est encore lui qui rattache le Ani à l’INrINI, l’homme à Dreu ; qui met l’ordre social en harmonie avec l’ordre universel, et qui, s'il est permis de s’exprimer ainsi, lie la hiérarchie humaine à la hiérarchie divine.