SERMON POUR UNE VÊTURE
9 octobre 1618 (0 (Inédit)
Pensant à ce que je devois prendre pour la cérémonie que nous allons célébrer, qui est de recevoir nostre Sœur la Prétendante au Noviciat, j'ay trouvé que ces paroles des Epistres de saint Paul, escrivant aux Ephesiens et Colossiens, viennent fort à mon propos : Soye^ renouvelles en justice et vérité ; despouillez-vous du viel homme pour vous revestir du nouveau en Nostre *Ephes., iv, 22-24; Seigneur Jésus Christ*. Il dit : Despouillez-vous des Rom., xiii, '14! * habitudes du monde et des affections d'iceluy. C'est le souhait que l'Eglise fait aux bénédictions, en mettant le voile aux vierges, comme nous vous dirons tantost en vous le donnant, ma très chère fille : « Le Seigneur vous veuille despouiller du viel homme pour vous revestir * Coutumier et Di- du nouveau*. » Et cecy est comme un avant propos de
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Religieuses de la ce que je veux traitter.
Vtstt, art. rv. Plusieurs entrent en Religion par divers motifs. Les
uns par desespoir, ne sçachant plus que faire au monde ;
le monde ne voulant plus d'eux, ils s'en viennent en
( 1 ) Bien que ce sermon ne fasse allusion à aucune fête, ce qui ne permet pas d'en préciser la date d'une manière absolue, diverses circonstances se réunissent en faveur de celle que nous lui attribuons. Il s'adresse à une seule prétendante qui est de « bonne mayson ; » et la manière dont il est parlé des « habitudes tant suivies au monde » donne à penser que cette prétendante est déjà d'un certain âge : or, la Sœur Marie-Aimée de Sacconnex qui appartenait à l'une des plus anciennes familles de Savoie, était âgée de trente-six ans quand elle reçut le voile des mains de saint François de Sales le 9 octobre 1618. (Voir Y Année Sainte, tome VII, p. 572.)