XXXIII. Pour la fête de saint Augustin
Augustin. Je vous repeteray ce qu'un prédicateur disoit un jour à ses auditeurs, les entretenant du trespas d'un grand Saint : Je finiray, concluoit-il, de peur qu'en vous parlant de la mort d'un tel (et il le nomma), je ne vous fasse mourir, voyant l'attention avec laquelle vous avez ouy ce que j'en ay touché. Et moy, mes chères Sœurs, vous ayant dit quelque chose de ce grand saint Augustin, et me trouvant à la fin de cette mienne exhortation sur sa mort et parfaite abnégation, je paracheveray, non point de peur que vous mouriez d'une semblable mort, mais bien de crainte de vous ennuyer par un trop longdiscours ; car a}rans esté une partie du jour attentives à chanter l'Office divin, vous voudrez après cette prédication que vous avez entendue avec attention, faire quelque chose de ce que nous avons dit de ce glorieux Père, lequel vous admirerez et imiterez. Pour vous laisser suivre vostre Office, je finiray donques en vous disant : Que Celuy qui a béni ce glorieux Saint vous bénisse, que Celuy qui l'a sanctifié vous sanctifie, et que Celuy qui l'a glorifié vous glorifie là haut, par tous les siècles des siècles. Amen.
SERMON DE VÊTURE ET DE PROFESSION POUR LA FÊTE DE SAINT NICOLAS DE TOLENTIN
io septembre 1620 ( J )
C'est une vérité qui a tant et tant de fois esté dite par la Sainte Escriture et par les anciens Pères, que la perfection chrestienne n'est autre chose qu'une abnégation du monde, de la chair et de la propre volonté, qu'il semble qu'elle n'aye plus besoin d'estre répétée. Ce Instit., 1. IV, c. grand Père de la vie spirituelle, Cassian *, parlant de cette perfection, dit que la base et le fondement d'icelle n'est qu'une parfaite abnégation de toutes les volontés *Ep.ccxx,adBonif., humaines. Et saint Augustin *, traittant de ceux qui se LV c°.Tx.a 3US ' consacrent à Dieu pour tendre à cette perfection, escrit : Ces gens icy que sont-ils, sinon une assemblée de personnes qui vont en la milice, à la guerre et au combat contre le monde, la chair et soy mesme ?
(1) Vèture de Sœur Bernarde-Marguerite Valeray et Profession de Sœur Marie-Etiennette Devillers. (Pour la première, voir X Année Sainte, tome VI, p. 410.)
Bien que la date de ce sermon soit fournie par les Manuscrits mêmes, Téditeur de 1643, ^e premier qui Tait publié, a cru pouvoir, vu le sujet qui y est traité, n'avoir nul égard à cette date et le donner comme ayant été prononcé pour la Nativité de Nostre Dame. Et afin de n'être pas contredit par le texte même, il modifie hardiment les phrases qui l'auraient gêné. Par exemple, celle qui se lit ci-après, page 342, lignes 5-8, est ainsi rendue par lui : « La divine Providence ayant permis que vous ayez demandé... d'estre « reçeuës à la saincte Profession en cette grande feste. » Et la leçon originale reproduite ci-après (p. 344, 11. 12, 13) est ainsi dénaturée par l'éditeur en question : « Et le glorieux sainct Nicolas de Tolentin, la feste duquel se trouve « dans l'octave de la feste que nous célébrons aujourd'huy. » De plus, quelques passages ayant trait à saint Nicolas de Tolentin (voir le dernier alinéa de la p. 349, et les deux derniers de la p. 354) ont été supprimés.