‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 204 sur 273 · XXXV. Pour une Vêture · texte numérisé non relu

XXXV. Pour une Vêture

signifie et monstre ce qu'elles ont à faire pour parvenir à la perfection et union avec sa divine Majesté. Or, pour y parvenir il faut ajuster nostre volonté à la sienne. Vous voyez que quand on veut joindre deux pièces de bois Ton y apporte la règle, ensuite on retranche ce qui est superflu, puis on les ajuste ; et ainsy des pierres que l'on taille pour mettre en quelque édifice, et lors on dit : Voyla qui est bien ajusté. Nostre règle n'est autre que la volonté de Dieu, à laquelle nous devons ajuster la nostre en la renonçant et mortifiant. On ne le fait pas sans peine, mais certes les roses ne se trouvent pas sans espines, et nous ne devons pas craindre de nous piquer pour cueillir ces belles roses parmi les difficultés, car puis après, elles s'espanouiront et jetteront une odeur qui nous resjouira tout le cœur. En fin, si nous travaillons fidellement pendant cette vie en entendant et gardant la parole de Dieu, comme nous avons dit, nous serons bienheureux non seulement en icelle, mais beaucoup plus en l'autre, où nous conduisent le Père et le Fils et le Saint Esprit. Amen, ainsy soit-il.

SERMON POUR LA FÊTE DE LA TOUSSAINT Ier novembre 1620 (l)

Cette feste est pleine d'un grand nombre de matières propres à monstrer sa grandeur et solemnité, et les prédicateurs s'esgayent parmi la variété et l'affluence des sujets dont on peut traitter à ce jour. Les uns parlent de la gloire des Saints et de leur félicité, les autres, autant utilement que louablement, discourent de leurs vertus et sainteté par laquelle ils ont acquis cette félicité. D'autres expliquent cet admirable sermon de la montagne auquel Nostre Seigneur prononça les huit beati- Matt., v, i-ii. tudes *. Mais pour moy, je veux en ce discours me conformer et suivre au moins mal qu'il me sera possible l'intention de la sainte Eglise, en vous entretenant de l'un des articles de nostre foy, à sçavoir de la communion des Saints.

Cette communion se peut comprendre et expliquer en diverses façons, comme nous voyons en la Sainte Escriture; mais nous vous monstrerons qu'elle se doit sur tout entendre de deux sortes d'amours lesquels se déclarent beaucoup mieux quand on parle de ce qui concerne Nostre Seigneur que non pas les créatures. Le premier est l'amour de complaisance et le second l'amour de

( 1 ) Il n'est pas possible de préciser d'une manière certaine la date de ce sermon et du suivant ; ce qui est sûr c'est qu'on y reconnaît le style de la Mère Marie-Marguerite Michel, et que, par conséquent, ils appartiennent à l'une des dernières années de la vie de saint François de Sales. Mais comme en 1620, le Saint s'est occupé beaucoup plus assidûment de ses Filles de la Visitation, il est fort à présumer que les deux sermons remontent à cette même année.

Page 1