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XXXVI. Pour la fête de la Toussaint

n'en estoit-il pas passionné comme un jeune homme

de sa maistresse qu'il aymeroit grandement ? Aussi

l'appelloit-il sa dame et estoit-il tousjours en attention

pour en ressentir les incommodités, prenant en icelles

tous ses délices. Or, comme les Saints sont tous entrés

au Ciel par la pauvreté d'esprit, par les larmes, par la

miséricorde, par la faim et la soif de la justice et

autres béatitudes, l'Eglise nous propose ces béatitudes au

jour de leur feste, nous invitant de les suivre et marcher

après leurs vestiges. Travaillez donques avec fidélité en

cette vie, mes chères Filles, et persévérez jusques à la

fin*, à ce que vous puissiez estre congregées et unies *Matt.,x, 22,xxiv,

avec les bienheureux Esprits en cette félicité, pour aymer

et jouir de Dieu à toute éternité. Amen.

SERMON POUR LA FETE DE LA PRÉSENTATION DE LA SAINTE VIERGE

21 novembre 1620

Inspice, etfac secundum exemplar quod tibi in monte monstratum est.

Regarde, et fais selon le modèle qui fa esté monstre sur la montagne.

Exod., xxv, ult.

*Exod.,xxv, seqq. En l'ancienne Loy*, la divine Majesté commanda à Moyse de faire l'Arche et de dresser le tabernacle selon les particularités desquelles il l'informa très minutieusement lors qu'il luy parla sur la montagne. Ce qui fut fait, mais d'une façon si admirable qu'il n'y avoit rien, jusques dans les moindres ageancemens, qui ne fust plein de grans misteres. Les anciens Pères, après avoir tout considéré, s'arrestent avec admiration sur la plus vile et abjecte partie de toutes ; car entre autres choses, Dieu avoit ordonné qu'on mist une cuve entre le tabernacle extérieur auquel demeuroit le peuple qui venoit pour offrir des sacrifices, et le tabernacle intérieur où demeuroyent les prestres de la Loy ; ou bien entre les deux autels, c'est à dire entre l'autel des holocaustes et celuy des parfums. Cette divine Majesté avoit donc * ibid., xxx, 18-20, commandé à Moyse* que l'on fist une cuve d'airain, prœced. hu^Edit" laquelle on rempliroit d'eau, à fin que les prestres de la Serm.CL. Lc-y s'y lavassent les pieds et les mains avant que

d'aller offrir les sacrifices ; et que pour l'embellissement d'icelle on l'entourast toute de miroûers tels qu'estoyent ceux des dames juifves. Or, nos anciens Pères ont fait un si grand nombre d'interprétations sur cette cuve et

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