V-VIII
SERMON POUR LA VEILLE DE NOËL 24 décembre 1620(0
Nous faisons aujourd'huy la feste de l'attente de l'enfantement de la glorieuse Vierge, c'est à dire nous attendons la venue et naissance de nostre cher Sauveur et Maistre. Or, mon dessein est de vous faire un petit catéchisme auquel je vous veux parler de l'Incarnation, car cecy n'est pas une prédication ni une exhortation. Tous sont obligés, selon saint Thomas *, d'entendre les mystères de la foy et de sçavoir ce qu'ils doivent croire ; non pas comme les théologiens pour en disputer, o non, je ne dis pas cela, mais en la façon qui convient aux simples fidèles. Plusieurs s'efforcent de les prescher et bien faire saisir, mais il y en a peu qui les croyent et les entendent bien. De là vient que lors qu'on considère ces mystères l'on fait souvent des erreurs ; car, comme pouvons-nous méditer ce que nous ne connoissons pas ? C'est pour cela qu'en ces maysons l'on enseigne le catéchisme aux novices *, à ce qu'elles sçachent ce qu'elles * Cf. Coutumier et
. . , 11 j • -1 » 11 Directoire pour les
doivent croire et comme elles doivent entendre ce qu elles Religieuses de la, méditent. Je ne parleray pas doctement en ce lieu du Vtsli-> art- VI> VIiImystère de l'Incarnation, ains tout simplement à fin que l'on me puisse facilement comprendre. Pour ce faire, je diviseray mon discours en trois points : au premier nous verrons qui a fait le mystère de l'Incarnation ; au second,
( 1 ) D'après la rédaction, ce sermon doit remonter à la dernière période de la vie de saint François de Sales, et comme en 1620 le saint Evêque a prêché TAvent à ses Religieuses, il est vraisemblable que cette allocution fait partie de la même station,