‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 257 sur 273 · XLI. Pour la veille de Noël · texte numérisé non relu

XLI. Pour la veille de Noël

profond de l'Incarnation de nostre Sauveur! Mais tout ce que nous en pouvons entendre et comprendre par le discours n'est rien, et pouvons bien dire à ce propos ce que disoit un sage qui lisoit un livre très haut et obscur d'un ancien philosophe (je ne me souviens pas de son nom*); il advoua franchement : Ce livre est si docte * Vide supra, P. 40. et difficile que je n'y entens presque rien ; le peu que je comprens est extrêmement beau, mais je crois que ce que je n'entens pas l'est plus encores. Il eut rayson de parler ainsy. Nous nous pourrons bien servir de ces paroles considérant le mystère de l'Incarnation, et dire : Ce mystère est si haut et si profond que nous n'y entendons rien ; tout ce que nous en sçavons et connoissons est extrêmement beau, mais nous croyons que ce que nous ne comprenons pas l'est encores davantage. En fin nous le sçaurons un jour là haut, où nous célébrerons avec un contentement incomparable cette grande feste de Noël, c'est à dire de l'Incarnation ; là nous verrons clairement tout ce qui s'est passé en ce mystère, et bénirons sans fin Celuy qui estant si haut s'est tant abaissé pour nous exalter *. Dieu nous en fasse la grâce. Ainsy * Cf. Philip., 11,6,7;

. ., . .t Heb., 11, 9.

soit-il, amen, ainsy soit-il.

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