‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 29 sur 273 · SERMON POUR LE QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME · texte numérisé non relu

SERMON POUR LE QUATRIÈME DIMANCHE DE CARÊME

29 mars 161 5

Nous avons maintenant à parler de la cause efficiente de l'oraison ; il nous faut donques sçavoir qui peut et qui doit prier. La question seroit bien tost résolue si nous disions que tous les hommes peuvent prier et que tous le doivent faire, mais à fin de mieux satisfaire les esprits nous traitterons cette matière plus au long.

Premièrement, il faut que nous sçachions que Dieu ne peut point prier, puisque la prière est une demande qui se fait par grâce et qu'elle exige de nous une connoissance que nous avons besoin de quelque chose, car l'on n'a pas accoustumé de demander ce qu'on possède desja. Or, Dieu ne peut rien demander par grâce, ains tout par authorité ; de plus, il ne peut avoir besoin de rien, d'autant qu'il possède toutes choses : c'est donques tout asseuré que Dieu ne peut ni ne doit prier. Et cela soit dit quant à Dieu.

Plusieurs des anciens Pères*, et mesme saint Grégoire * Cf. Suarez, In

IIIam Partem S.

Nazianzene *, enseignent que Nostre Seigneur Jésus Thom., qu. xxij

Christ ne peut non plus prier (entant que Dieu il est PoPà^xxx s xiv

tout évident , puisqu'il est un mesme Dieu avec son

Père; nous en avons desja parlé). Ils fondent leur opinion

sur ce que ce divin Sauveur dit à ses Disciples* : *Joan.,xvi, 16, 26.

Je m'en vay à mon Père, mais je ne dis pas que je

prier ay ; et ils adjoustent : S'il ne dit pas qu'il va

prier, pourquoy le dirons-nous, nous autres ? L'autre

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