‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 30 sur 273 · partie des Pères tiennent que Nostre Seigneur prie*, * Cf. Suarez, ubi · texte numérisé non relu

partie des Pères tiennent que Nostre Seigneur prie*, * Cf. Suarez, ubi

parce que son bien-a}rmé a escrit, en parlant de son 'Up '

Maistre, que nous avons un Advocat auprès du Père*. * 1 Joan., «, 1.

52 Sermons recueillis

Néanmoins les uns et les autres ne se contrarient pas, bien qu'il le semble, en la diversité de leurs opinions ; car il est certain que Nostre Seigneur Jésus Christ ne doit point prier, mais peut, par justice, demander à son Père ce qu'il veut. Aussi voit-on que les advocats n'ont pas accoustumé de demander par grâce, ains selon la justice, les droits desquels ils traittent. Le Sauveur ne demande pas sans bonnes enseignes, car il monstre ses playes à son Père quand il veut en obtenir quelque chose. Pourtant, c'est une vérité toute asseurée que si bien Nostre Seigneur demande ce qu'il veut par justice, il ne laisse pas, entant qu'homme, de s'humilier devant son Père, luy parlant avec une si grande révérence et faisant de plus profonds actes d'humilité que jamais créature n'a sceu ni n'a peu faire ; si que sa demande se peut appeller prière.

Nous trouvons en quelques endroits de l'Escriture que

* Rom., vin, 26, 27. le Saint Esprit a prié et qu'il a fait oraison*. Cela ne

se doit pas entendre qu'il ait prié, car il ne le peut, estant esgal au Père et au Fils ; mais cela veut dire qu'il a inspiré l'homme à faire une telle prière.

Les Anges prient, et cela nous est monstre en plusieurs

* Tob., xii, 12 ; endroits de la Sainte Escriture *. Mais pour les hommes poc, vm, 3, 4. ^. sQnt au Qel nous n'en avons pas tant de tesmoi-

gnages, parce que devant que Nostre Seigneur fust mort, ressuscité et monté au Ciel il n'y avoit point d'hommes en Paradis ; ils estoyent tous au sein d'Abraham. C'est pourtant une chose toute claire que les Saints et les hommes qui sont en Paradis prient, puisque les Anges avec lesquels ils sont prient.

Voyons maintenant si tous les hommes peuvent prier. Je dis qu'ouy, et que pas un ne se peut excuser de le faire, non pas mesme les hérétiques. Aussi y eut-il *Cf.Act.,x,4,3o,3i. une fois un payen * qui fit une oraison si excellente qu'elle mérita d'estre présentée devant le throsne de la divine Majesté ; et Dieu luy octroya la grâce de luy bailler le moyen d'estre instruit en la foy, et despuis fut un grand Saint emmy les Chrestiens. Il est vray que les grans pécheurs ont beaucoup de difficulté à faire

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