‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 98 sur 273 · XX. Pour la fête de sainte Anne · texte numérisé non relu

XX. Pour la fête de sainte Anne

comme à laisser faire en nous et de nous tout ce que l'on voudra ; et non seulement à Nostre Seigneur, mais aussi à nos Supérieurs, nous rendant maniables, souples et humbles comme des petits en fans, car nostre grandeur gist en nostre petitesse et nostre exaltation en nostre humiliation.

La troisiesme considération qui vous doit estre de grande consolation, c'est l'honneur que vous avez de venir faire vos offrandes sous la protection de la glorieuse mère de la très sainte Mère de Dieu, laquelle, comme une mère perle, demeura emmi la mer de ce monde sans recevoir aucune goutte d'eau salée *, je veux *Piin.,Hîst.nat.,l. dire, sans estre aucunement abreuvée des vains playsirs (vide întrod. a la terrestres, ains vescut tousiours très saintement en la Ylf de^°!ei.,tom'}\1

J hujtis Edit., p. 6.)

prattique de toutes sortes de vertus. Ne doutez point qu'elle ne vous prenne en sa protection si vous venez faire vos offrandes avec humilité et simplicité de cœur, puisque ce sont les vertus qui ont le plus relui en elle durant le cours de sa vie, jointes à celle de suivre fidellement les attraits et les inspirations célestes. Ce sont ces vertus qui luy firent sans doute mériter d'estre, après sa très sacrée Fille, avantagée de plus de grâces que nulle autre femme, et en particulier d'appartenir de si près à l'humanité très sainte de nostre doux Sauveur et Maistre

Skum. III

SERMON POUR LA FETE DE L'ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE

15 août 16 1 8 (r)

La sainte Eglise célèbre aujourd'huy la feste du glorieux trespas ou endormissement de la très sainte Vierge et de son Assomption. Plusieurs ont nommé cette feste de divers noms : les uns l'appellent l'Assomption, les autres le couronnement de Nostre Dame et les autres sa réception au Ciel. Il y a des milliers de considérations à faire sur ce sujet ; mais je me restreins et n'en diray que deux, à sçavoir mon, comment cette sacrée Vierge receut Nostre Seigneur et Maistre lorsqu'il descendit du Ciel en terre, et comment son divin Fils la receut lors qu'elle quitta la terre pour aller au Ciel.

L'Evangile que nous avons dit aujourd'huy à la sainte * Lucœ, x, 38-42. Messe* nous fournit assez de matières pour l'une et l'autre des propositions. Cet Evangile traitte de ce que Nostre Seigneur passant par un village nommé Bethanie, entra en une maison qui estoit à une femme nommée Marthe, laquelle avoit une sœur nommée Marie Magdeleine. Marthe s'embesoignoit et s'empressoit pour apprester à disner à Nostre Seigneur, et Marie

(1) L'allusion faite ci-après (p. 182) aux « grossiers et simples auditeurs » prouve que ce sermon a été prononcé devant un auditoire nombreux et mélangé ; par conséquent il est postérieur à la consécration de l'église qui eut lieu le 30 septembre 1617. D'autre part, bien que la rédaction ne soit pas des plus soignées, on ne peut s'empêcher d'y reconnaître la touche de la Mère Claude-Agnès de La Roche; cette dernière ayant quitté Annecy en juillet 1620, et Tannée précédente le Saint se trouvant à Paris, il est de toute probabilité que ce sermon a été prêché en 1618.

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