‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 10 sur 102 · CXXXVIII · texte numérisé non relu

CXXXVIII

A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

Constance des Catholiques de Thonon et de Ternier opprimés par les Genevois. Prière de solliciter les prébendes d'Abondance promises à M. Nouvellet.

Annecy, 18 mars 1601.

Illustrissimo et Reverendissimo Signore Padron

colendissimo,

Andando costi il signor di Viletta mio zio, maestro di casa di Sua Altezza, mi è parso di dover rompere questo lungho et violento silentio con far humilissima riverentia a V. S. Illma et Rma per mezzo di queste righe, colle quali

Illustrissime, Révérendissime et très honoré Seigneur,

Mon oncle, M. de Villette, maître d'hôtel de Son Altesse, se rendant

auprès de vous, il m'a semblé devoir rompre un silence forcément

prolongé, en offrant par ces lignes mes très humbles hommages à

Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime. Je lui donnerai en

58 Lettres de saint François de Sales

ancora glie darô questa consolatione, assicurandola che se bene in Tonone et Ternier, di donde io venni solamente la Domenica di Quinquagesima, si è patito assai sotto il governo del signor di Monglat (0, huguenotto, et per le varie insidie de' Genevrini liquali, massime in Ternier, han usate tirannie et vituperii da non dirsi circa le cose sacre, tuttavia, con tutto ciô, fra quel gran numéro de convertiti non se ne trovaranno quattro che siano ricaduti, et questi infimi di qualità. Anzi si è conosciuto che quella loro santa mutatione era opus dexterœ Ps. lxxvi, 11, Excelsi*, poichè le feste di Natale fecero un fervore, per antiperastasi, del tutto insolito. Resta mô che horamai si eseguisca il Brève di Sua Santità circa r applications delli béni ecclesiastici ail' uso de' pastori et curati, senza intrico delli benedetti signori Cavaglieri (2). Il signor di Viletta supplicarà V. S. Illma di usare la

même temps une consolation : celle de lui apprendre que si bien à Thonon et à Ternier, d'où je revins seulement le Dimanche de la Quinquagésime, on a beaucoup souffert sous le gouvernement de M. de Montglat (1), huguenot, et par les diverses embûches des Genevois (à Ternier surtout ils ont exercé une tyrannie, et commis à l'égard des choses sacrées des indignités qui ne se peuvent dire), néanmoins, malgré tout cela, parmi un si grand nombre de convertis il ne s'en trouvera pas quatre qui soient retombés, et encore sont-ils de basse condition. Ainsi l'on a reconnu que leur saint changement était l'œuvre de la droite du Très-Haut, puisque, par antipéristase, ils célébrèrent les fêtes de Noël avec un entrain tout à fait inusité. Reste donc à mettre désormais à exécution le Bref de Sa Sainteté relatif à l'application des biens ecclésiastiques à l'usage des pasteurs et des curés, sans intrigues de ces bénis Chevaliers (a).

( 1 ) Robert de Harlay, baron de Montglat, premier maître d'hôtel du roi, par la démission de son frère Nicolas, seigneur de Sancy, était le troisième fils de Robert de Harlay et de Jacqueline de Morvillers. Lors de l'invasion de la Savoie par Henri IV, il gouverna momentanément le Chablais en qualité de lieutenant de M. de Sancy (voir ci-devant, note (i), p. 53). Le baron de Montglat mourut le 13 juillet 1607, «avec soupçon de poison, » si l'on en croit le journal de l'Estoile. Il avait épousé Françoise de Longuejoue, gouvernante des enfants de France.

(2 ) En regard de cette phrase, Clément VIII a écrit dans la marge de l'Autographe la note suivante : « Non ci ricordiamo in che termini stiano questi negotii. Nous ne nous souvenons pas de ce qui a été convenu pour ces affaires. »

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carità sua solita in far havere le preebende promesse dal signor Abbate di Abondanza al signor Noveletto, non già per questo anno passato, poichè il signor di Sanci ha pigliato tutta l' intrada di quella badia , ma per l' anno seguente. Et di questo supplico anch' io V. S. Illma et R'na, basciandogli humilissimamente le sacratissime mani, et pregando Iddio che ci faccia godere molti anni li frutti délia sua protettione.

Da Annessi, douve io resto per le prediche quadragesimali, alli 18 di Marzo 1601.

Di V. S. Illma et Rma,

Humilissimo et devotissimo servitore, Franc0 de Sales, Prsevosto di Geneva.

Monsignor R,no Vescovo mi ha dato in carico di basciar humilmente le mani a V. S. Illma et Rma a nome suo.

Airillmo et Rmo Sigr et Padron mio colendissimo, Monsigr l'Arcivescoùo di Bari, Nuntio Apostolico appresso S. A. S.

Turino.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives Vaticanes.

M. de Villette suppliera Votre Seigneurie d'user de sa charité accoutumée pour obtenir à M. Nouvellet les prébendes promises par l'Abbé d'Abondance, non pour cette année passée, puisque M. de Sancy a saisi tout le revenu de cette abbaye, mais pour l'a*nnée prochaine. Je vous en supplie aussi moi-même, baisant très humblement vos mains sacrées, et priant Dieu de nous faire jouir longues années des fruits de votre protection.

D'Annecy, où je demeure pour les prédications du Carême, le 18 mars 1601.

De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime,

Le très humble et très dévoué serviteur, François de Sales,

Prévôt de Genève.

Mfcrr notre Révérendissime Evêque m'a chargé de baiser en son nom les mains de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime.

6o Lettres de saint François de Sales

A M. ANTOINE D'AVULLY

Le Saint rend compte de son intervention auprès du duc de Nemours pour le règlement d'une affaire d'intérêt.

Annecy, 9 avril 1 60 1 (1).

Monsieur,

Vostre homme arriva hier tout a propos pour treuver Monseigneur de Nemours encor en ceste ville. Je viens tout maintenant d'auprès de luy, et luy ay représenté ce que vous aves désiré, a quoy il s'est rendu fort aysé ; et ne pouvant employer beaucoup de tems a la considération de l'affaire pour tant d'affaires que la soudaineté de son despart luy a apportés, il a commandé sur le champ et en ma présence a monsieur le président Floccard (2) de le despecher au plus tost que faire se pourra. A quoy ledit sieur Président a respondu qu'il le feroit infalliblement; et despuys je l'ay repris, et le Procureur patrimonial (3) encores, lesquelz conformément m'ont dit que sil vous playsoit d'en venir par termes de justice, la chose ne pouvoit pas se terminer du tout si tost, et qu'en ce cas il sera requis de voir ledit Procureur patrimonial répliquer a vos responces. Mays sil vous plait d'en venir

( 1 ) Le bas de l'Autographe étant déchiré, le millésime a disparu; néanmoins on peut, indépendamment de la preuve matérielle fournie par l'écriture, le conjecturer presque à coup sûr. Saint François de Sales se trouve à Annecy le 9 avril, et en une année où cette date est antérieure aux solennités pascales; double circonstance qui durant tout le temps de sa prévôté ne se rencontre qu'en 1601. Et, à partir de sa consécration épiscopale, le Saint ne signe plus son nom patronymique, ou du moins, il ajoute à sa signature : E. de Genève, si ce n'est dans des billets familiers qui ne portent quelquefois qu'une simple initiale.

(2) Louis Floccard était déjà président de la Chambre des Comptes du Genevois en 1590, et il fut, paraît-il, maintenu dans cette charge jusqu'à sa mort, arrivée en 1602.

(}) Probablement Claude Maehet*

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a l'amiable et prendre un des premiers jours après Pasques, vous séries bien tost expédié. Ceste seconde voye me semble plus sortable. Ce pendant, sur cecy je vous prieray de me donner advis du choix que vous feres, et je le feray sçavoir audit sieur Procureur du domeyne. Monsieur le Président m'a dit que si franchement et résolument vous vous contentés de rendre a Monsieur ce quil vous a baillé en eschange et reprendre le Turchet ( * ), la chose sera du tout hors de difficulté et de dilation.

Monsieur, excusés moy si je vous escris ainsy a baston rompu, car j'ay la teste tant rompue et d'ennuy et d'affaires que je ne pense guère aux paroles. Je vous salue de tout mon cœur, et madame d'Avully, et vous prie de [croire] que je seray tous-jours fort affectionnement,

Monsieur, Vostre humble et très affectionné serviteur,

Françs De Sales.

A Neci, le g avril [1601].

Je n'ay pas parlé des 150 escus baillés au conte de Tournon (2^ par ce que je n'entendois pas bien l'affaire.

Monsieur d'Avulli.

Revu sur l'Autographe conservé à Dôle, Ecole libre de Notre-Dame du Mont-Roland.

( 1 ) La seigneurie du Turchet (commune de Menthonnex-en-Bornes) avait été cédée à Anne d'Esté, duchesse de Nemours, par le baron d'Hermance, en échange de la baronnie de Saint-Jeoire (1586), puis vendue le 9 septembre 1596 à Jean-Baptiste du Tour par Henri, duc de Nemours.

(2) Prosper-Marc de Maillard.

62 Lf.ttres de saint François de Sales

A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

Regret d'apprendre le rappel du Nonce. — Nouvelles conversions en Chablais. — Mauvais vouloir de ceux qui devraient les favoriser. — Succès de la mission entreprise dans le bailliage de Gaillard. — Espoir de ramener à la vraie foi le pays de Gex. — Demande de quelques faveurs. — Travaux apostoliques de l'Archevêque de Vienne et de l'Evèque de Genève.

Sales, 28 juin 1 60 1 .

Illustrissimo et Reverendissimo Signor Padron

colendissimo,

Ho sentito con incredibile dispiacere che V. S. Illma et Rma stava per dar fine alla sua fruttuosa nunciatura ; et per questo devo prima ringratiarla, si come io faccio humilissimamente, delli infiniti favori che mi a (sic) fatti per gratia sua, a consolatione mia et aiuto di questa provincia, délia quale Ella è non solo segnalato benfattore, ma padre amarevolissimo (sic). Io la supplico poi che si degni continuar la gratia sua verso di me douvunque li meriti suoi la portino, et di creder che non haverà giamai servitore più dedicato alla sua ubedientia di quello Cf. Luc», xvii, 10. che io sono, se bene inutile*.

Non lasciarô tuttavia di dar raguaglio a V. S. Illma et

Illustrissime, Révérendissime et très honoré Seigneur, J'ai appris avec un déplaisir incroyable que Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime est sur le point de terminer sa fructueuse nonciature. C'est pourquoi je dois vous remercier d'abord, comme je le fais très humblement, des faveurs infinies dont, par votre bonté, vous m'avez comblé pour ma consolation et pour le bien de cette province, de laquelle vous êtes non seulement le bienfaiteur signalé, mais aussi le père très aimant. Je vous supplie ensuite de daigner me continuer vos bonnes grâces partout où vos mérites vous porteront, et de croire que jamais vous n'aurez un serviteur qui soit plus que moi dédié à votre obéissance, quoique je sois inutile.

Toutefois, je ne laisserai pas de donner à Votre Seigneurie des

Année 1601 6)

Rma délie cose nostre intorno a Geneva. Io son stato in Tonone et nel balliaggio di Chiablais questo mese, per visitare tutte le chiese et sapere in che stato si ritruovavano et che modo vi sarebbe de dotarle, si corne m' era stato commesso da Monsignor Vescovo ; et ho ritruovato che quanto ail' anime, non obstante la guerra, il numéro era cresciuto da Natale in qua, se bene, perché il luogotenente del governatore dato dal Ré di Francia, mentre vi stette , era hugonotto in grado supremo , alquante pecorelle si erano smarrite, poche in quantità et nulle di qualità. Le feste di Pentecoste io predicai in Tonone, dove li nuovi Catholici, in gran numéro, fecero la Communione [con molto(x)] frutto.

Ma quanto al modo di dotar le chiese, v' è grandissima difficoltà [per le] ragioni che sin adesso vi son state, cioè : Omîtes quœrunt quœ sua sunt*, sino al signor Prse- * Philip., h, 21. vosto del Gran San Bernardo (2), il quale, sotto certe

nouvelles de nos affaires aux environs de Genève. J'ai été ce mois-ci à Thonon et dans le bailliage de Chablais pour visiter toutes les églises, savoir en quel état elles se trouvent et par quel moyen on pourrait les doter, comme il m'avait été enjoint par M-r notre Evêque. Pour ce qui concerne les âmes, j'ai trouvé que, malgré la guerre, le nombre des convertis s'est accru depuis Noël, bien que sous la domination du lieutenant du gouverneur donné par le roi de France, lequel pendant qu'il était là était huguenot au suprême degré, quelques brebis se fussent d'abord égarées ; mais elles sont peu en quantité et nulles en qualité. Aux fêtes de Pentecôte j'ai prêché à Thonon, où les nouveaux Catholiques ont fait en grand nombre la Communion avec beaucoup de fruit.

Mais quant au moyen de doter les églises, la difficulté est très grande pour les mêmes raisons qui ont existé jusqu'ici : c'est-à-dire Tous cherchent leurs intérêts, jusqu'à M. le Prévôt du Grand-Saint- Bernard (2) qui, sous certaines prétentions de nominations qu'il

( 1 ) La rupture du cachet a occasionné dans l'Autographe une déchirure qui a fait disparaître les mots que nous suppléons entre crochets d'après le sens et l'espace qu'ils occupaient dans l'original.

(2) André Tillier ou de Tillier, natif d'Aoste, chanoine régulier de Saint- Ours, avait été élu prévôt du Grand-Saint-Bernard en 1587. Il mourut en 1611.

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praetentioni di nominationi che hebbe avanti l'heresia, viene ad inquietare Y opra dove puô, et non essendo mai comparso nel tempo délia fatica, vuole adesso pigliar li Cf. il Cor., vu, 5. beneficii : si che, forts timorés, intus pugnce *. Quanto poi alli signori Cavaglieri, non si ha da dire altro senon che li loro agenti ancora essi stanno a voler contrastar, si che non ciè mai fine in questo negotio ; et nientedimeno sarebbe necessario che vi si ponesse fine per dar principio a questo altro.

Dùoi Padri délia missione et dùoi altri curati del Chiablais vicini del balliaggio di Gagiiardo, sentendo che Sua Altezza era in possesso di detto balliaggio et che vi era un cappitano molto catholico (O, andorono da lui, offerendosi di dar principio alla predicatione evangelica et essercitio catholico , il quale non era stato in quel [luogo] perché li Genevrini, a nome del Ré di Francia, sino all'hora 1' avevano occupato. Et havendo esso cappitano mostrato zelo et desiderio di tanto bene con promettere ogni aiuto a detti Padri, le feste di Pentecoste

avait avant l'invasion de l'hérésie, traverse cette œuvre partout où il peut, et lui, qui n'a jamais paru au temps du labeur, veut maintenant s'emparer des bénéfices ; de sorte que, craintes au dehors, combats au dedans. Quant à MM. les Chevaliers, l'on n'en peut dire autre chose sinon que leurs agents persistent eux aussi à vouloir contester, si bien qu'on ne voit pas la fin de cette affaire; et cependant il serait nécessaire de la terminer pour donner commencement à celle que voici.

Deux Pères de la mission et deux autres curés du Chablais, proches du bailliage de Gaillard, apprenant que Son Altesse était maîtresse de ce bailliage et qu'il s'y trouvait un capitaine très catholique (0, allèrent s'offrir à lui pour commencer la prédication évangélique et l'exercice du culte, lequel n'existait pas en ce lieu parce que les Genevois l'avaient jusqu'alors occupé au nom du roi de France. Le capitaine témoigna beaucoup de zèle et de désir d'un si grand bien, en promettant tout appui aux Pères. Aux fêtes de Pentecôte on donna

( 1 ) Le capitaine Vitto de Basterga, d'origine corse, aussi valeureux guerrier que fervent catholique.

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si diede principio in quel balliaggio (distante da Geneva

mezza legha, cioè due millia) con tanto favore del Spirito

Santo, che andandovi io il Mercordi délia istessa setti-

mana, ritrovai più di cento case catholiche in due par-

rochie, et quasi tutte molto ben praeparate a simil bene,

senza che vi sia travenuta ne forza, ne artificio altro che

la semplice parola. È vero che per esser dette- balliaggio

non molto discosto delli novi Catholici di Chiablais da

una banda, et dalli vecchi di questa nostra banda del

Genevois, erano mezzo instrutti délia santa religione.

Ecco adunque una nuova fatica a Monsignor Vescovo in

mandar operarii in quella vigna * et procurarli le pro- * Matt., xx, i,

visioni necessarie.

Succédera poi, per quanto si dice, una molto maggior fatica nel balliaggio di Gex col l' Intérim , il quale dal Re di Francia si introdurrà ; dove bisognarà anco provedere de pastori, essendo adesso detto balliaggio tutto hugonotto et occupato da' Genevrini, li quali restaranno molto interessati dal Y Intérim se saranno costretti di restituée li béni ecclesiastici, si corne io credo che debbano

commencement [à cette œuvre] dans ce bailliage (distant d'une demi-lieue de Genève, c'est-à-dire deux milles), et cela avec tant de secours du Saint-Esprit que, m'y étant rendu le mercredi de la même semaine, j'y trouvai, en deux paroisses, plus de cent familles catholiques. Presque toutes les autres sont fort disposées au même bonheur, sans que soient intervenus ni force ni artifice autre que la simple parole. Il est vrai que ce bailliage n'étant pas très éloigné des nouveaux Catholiques du Chablais d'un côté, et des anciens de notre côté du Genevois, les habitants étaient déjà à moitié instruits de la sainte religion. Voilà donc que M-r notre Evêque aura de nouvelles fatigues pour envoyer des ouvriers en cette vigne, et leur procurer les provisions nécessaires.

A ce que l'on dit, de bien plus grands travaux surviendront dans le bailliage de Gex avec Y Intérim que le roi de France doit y introduire. Là aussi il faudra pourvoir de pasteurs, car ce bailliage est maintenant entièrement huguenot et occupé par les Genevois, qui demeureront bien compromis par l'Intérim s'ils sont contraints de restituer les biens ecclésiastiques. Je crois qu'ils doivent l'être, malgré

Lettres II s

66 Lettres de saint François de Sales

esser, non ostante la clausula délia pace che ognuno debba ritornare nelle possessioni nelle quali era inanzi la guerra ; perché no stimo che la Santa Sede, facendo la pace, habbia inteso che li ugonotti guardino li béni délia Chiesa, delli quali sonno sacrilegi et non possessori.

Questo è il stato délie cose nostre ; dove io supplicarô instantissimamente V. S. Illma che si degni continuare sua solita sollecitudine verso di esse, [e] in particolare si degni raccommandarle strettamente aU'illustrissimo successore. [E] perché io soglio sempre pregar V. S. Illma per qualche mia particolare consolatione, la supplicarô che si degni ricordare délie praebende procurate per il signor Nouveletto, veterano nella militia ecclesiastica, délie quale (sic) il signor di Viletta glie darà più distinto raguaglio.

Di più, habbiamo in questa diocaesi una damigella laquale essendo molto giovane fece voto di castità ; et essendo molto divota, nientedimeno non vuol entrar in Religione, et nel mondo si ritruova in gran difficoltà neir osservare detto voto. Per questo, dalli Padri Giesuiti

cette clause du traité de paix, que chacun doit rentrer dans les domaines qu'il possédait avant la guerre ; car je ne pense pas que le Saint-Siège en faisant la paix ait entendu que les huguenots gardassent les biens de l'Eglise, dont ils sont usurpateurs et non possesseurs.

Tel est l'état de nos affaires, auxquelles je supplierai très instamment Votre Seigneurie Illustrissime de daigner continuer sa sollicitude accoutumée, et surtout de les recommander vivement à son illustrissime successeur. Et parce que j'ai l'habitude de vous présenter toujours quelque requête pour ma consolation particulière, je vous demanderai de vouloir bien vous rappeler des prébendes obtenues pour M. Nouvellet, vétéran de la milice ecclésiastique, dont M. de Villette vous parlera plus amplement.

De plus, nous avons en ce diocèse une demoiselle laquelle, étant fort jeune, fit vœu de chasteté ; quoiqu'elle soit très pieuse, elle ne veut pas néanmoins entrer en Religion, et dans le monde elle rencontre de grandes difficultés pour l'observation de ce vœu. C'est pourquoi les Pères Jésuites ont jugé qu'il serait à propos de l'en faire

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si giudicô a proposito che ne sia dispensata acciô possa esser maritata. Onde supplice- V. S. Ill'na che si degni darci la facoltà di dispensar in questo caso, et havermi per iscusato se io con tanta libertà ardisco ricorrere da lei, chè la sua infinita bontà ne è causa.

Supplico ultimamente V. S. Illma che si degni permettermi che od in Roma, overo in Bari, io possa aile volte scrivere a lei et darglie rilatione délie cose nostre, délie quale (sic) io stimo che Ella haverà sempre gratissima memoria, ricordandosi délie fatiche che in servitio d'Iddio vi a (sic) adoperate. Et io sempre priegharô il Signor Iddio che la conservi et le dia quella lunghissima vita che ad utile délia Chiesa è necessaria ; et basciandoli le sacre mani, le faccio humilissima riverentia. Di V. S. Illma et Rma,

Divotissimo servitore,

Franc0 De Sales, Praevosto di Geneva.

In Sales, alli 28 Giugnio 1601.

Monsignor Arcivescovo di Vienna sta in Tonone molto

relever afin qu'elle puisse se marier. Je supplie donc Votre Seigneurie de vouloir bien nous donner le pouvoir de lui accorder la dispense requise, et de me pardonner si j'ose recourir à Elle avec tant de liberté, car son infinie bonté seule en est cause.

Je vous demande en dernier lieu de me permettre de vous écrire quelquefois soit à Rome, soit à Bari, et de vous renseigner sur nos affaires, dont je crois que Votre Seigneurie gardera toujours un agréable souvenir, se rappelant les travaux qu'Elle leur a consacrés pour le service de Dieu. Pour moi, je prierai toujours le Seigneur de vous conserver et de vous accorder une très longue vie, telle qu'elle est nécessaire pour le bien de l'Eglise. En baisant vos mains sacrées, je vous fais très humble révérence.

De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Le très dévoué serviteur,

François de Sales,

Prévôt de Genève. A Sales, le 28 juin 1601 .

M3'r l'Archevêque de Vienne est à Thonon en très bonne santé ; il

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sano et molto fruttuoso a quelli popoli, dandosi tutto alla consolatione délia conversione di quell' anime. Monsignor di Geneva va questa settimana prossima in Gagliardo a visitar quella nuova vigna.

AU' Illmo et Revermo Sigr Padron mio colendissimo, Monsigre Arcivescovo di Bari, Nuntio Apostolico appresso S. A. Serma.

Turino.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives Vaticanes.

opère beaucoup de fruit parmi ces populations, se donnant tout entier à la consolation de la conversion de ces âmes. Msr de Genève ira la semaine prochaine au pays de Gaillard pour visiter cette nouvelle vigne.

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