AU PÈRE JUVÉNAL ANG1NA, DE LA CONGRÉGATION DE L'ORATOIRE
(inédite)
Remerciements pour l'intérêt qu'il porte au Chablais. — Tribulations qui ont fondu sur cette province. — Espoir d'uue prochaine paix. — Les poursuites entreprises au sujet de la coadjutorerie de Genève restent stationnaires.
Sales, 3 février 1601.
Molto Reverendo Padre et Signor mio Padron
colendissimo,
Ho sentito una grandissima consolatione dalla lettera che Vostra Paternità molto Rda si degnô inviarmi per il
Très Révérend Père et mon très honoré Seigneur, J'ai éprouvé une très grande consolation de la lettre que Votre très Révérende Paternité a daigné m'adresser par M. Philippe de
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signor Philippo de Quoex, et ciô per più ragioni ; ma particolarmente perché da quella ho conosciuto che non solo di me, ma di tutta questa provincia tiene singolare memoria et sollecitudine, laquale non puô esser senon molto giovevole, si corne sin adesso è stata, et massime in questi tempi tanto calamitosi nelli quali sedet quasi vidua et oppressa amaritudine, nec est qui consoletur eam ex omnibus caris ejus *. * Xhren., 1, i, 4, *«
Non si puô [dire] quanti travagli di spirito habbiam sentito in veder pericolar questa povera barchetta, già pur troppo rovinata fra tanta peste di guerra ; et tuttavia, laudato sia Iddio che ne fra gV antichi Catholici, ne fra li nùovamente ridotti, non si è fatto altro movimento che di maggior ardore et fervore. Li nostri sacerdoti stabiliti nelle nuove chiese hanno patito incredibilmente, ma con una constantia tanto grande che è gran consolatione il ricordarsene. Li ministri di Geneva non hanno punto mancato di voler occupar le chiese ; ma Monsignor Rmo Vescovo essendosene lamentato appresso il Re di Francia, egli commando che non havessero da
Quoex, et cela pour plusieurs raisons ; mais particulièrement parce que j'ai compris par son contenu que non seulement vous me conservez un spécial souvenir, mais aussi que vous avez pour toute cette province une singulière sollicitude. Cette sollicitude ne peut lui être que très avantageuse, ainsi qu'elle l'a été jusqu'à présent, surtout en ces temps si calamiteux, durant lesquels elle est devenue comme une veuve accablée d'amertume, et de tous ceux qui lui étaient chers il n'en est pas un seul qui la console.
On ne saurait dire quelles ont été nos angoisses en voyant le péril que courait cette pauvre nacelle, déjà ruinée, hélas ! par une telle peste de guerre. Toutefois, Dieu soit loué de ce que ni parmi les anciens Catholiques, ni parmi les nouveaux convertis il n'y a eu d'autre mouvement que celui d'une plus grande ardeur et ferveur. Nos ecclésiastiques installés dans les nouvelles églises ont incroyablement souffert, mais avec tant de constance que c'est une grande consolation de s'en ressouvenir. Les ministres de Genève n'ont pas manqué de vouloir occuper les églises ; mais M-r notre Révérendissime Evêque s'en étant plaint au roi de France, celui-ci leur ordonna
56 Lettres de saint François de Sai.es
far simili dissegni. È vero che non è stato senza fatighe che le cose si sonno cosi conservate.
La speranza délia vicina pace ci rallegra tutti (O ; ma se non succedesse per peccati nostri, in quel caso haveressimo bisogno di grande aiuto délia Santa Sede appresso il Ré, per non havere da esser mal trattati da quelli de Geneva. Per conto mio, io son risoluto da star saldo sino al fine con quel poco di vigore che sua divina Maestà mi ha dato, massime se Vostra Paternità molto Rda continuarà di farme partecipe délie sue orationi , insieme con P. Giovan Mathaeo suo fratello, si corne io la supplico divotissimamente.
Et basciandoli le sacrate mani, resto seternamente,
Di Vostra Paternità molto Rda,
Humilissimo servitore, Franc0 De Sales,
Praevosto di Geneva.
Da Sales, casa paterna, alli 3 di Febraro 1601.
de renoncer à de semblables desseins. Ce n'est pas sans peine, il est vrai, que les choses se sont ainsi maintenues.
L'espoir d'une prochaine paix nous réjouit tous(0; mais si à cause de nos péchés elle ne se concluait pas, nous aurions grand besoin de l'appui du Saint-Siège auprès du roi, afin de n'être pas maltraités par les Genevois. Pour mon compte, je suis résolu de demeurer ferme jusqu'à la fin, selon le peu de vigueur que sa divine Majesté m'a donnée, surtout si Votre très Révérende Paternité, ainsi que le P. Jean-Matthieu, son frère, continue à me faire part de ses prières, comme je l'en supplie très humblement.
C'est en baisant vos mains sacrées que je demeure éternellement, De Votre très Révérende Paternité,
Le très humble serviteur, François de Sales,
Prévôt de Genève.
De Sales, ma maison paternelle, le 3 février 1601.
( 1 ) Le Saint ignorait encore que le traité de paix avait été signé à Lyon le 17 janvien
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Non lasciarô di darle avviso che la cosa délia coadjutoria non ha pigliato ne successo, ne progresso veruno doppo T essame ; onde se mi favorirà délie sue lettere, io la supplico di non darme quel titolo del quale io sono indegno.
Al molto Rd0 Padre et Sigr mio in Christo colendissimo, Il R. P. Giovenale, Theologo délia Congregatione dell' Oratorio.
Roma.
Revu sur l'Autographe conservé à Milan, Archives du prince Trivulzio.
Je ne veux pas manquer de vous avertir que l'affaire de la coadjutorerie n'a eu aucun succès ni avancement depuis l'examen ; c'est pourquoi, si vous me favorisez de vos lettres, je vous supplie de ne pas me donner un titre qui ne me convient pas.
Au très Révérend Père et mon très vénéré Seigneur en Jésus-Christ, Le R. P. Juvénal, Théologien de la Congrégation de l'Oratoire. — Rome.