A MONSEIGNEUR CONRAD TARTARINI, ÉVEQUE DE FORLI
Prière de s'intéresser à la restitution des biens ecclésiastiques du pays de Gex.
Chambéry, 20 août 1601.
Illustrissimo et Reverendissimo Signor Padron
colendissimo,
Già clie le varie nécessita di questa diocaesi mi daranno spesso occasione di ricorrere ail' authorità di V. S. Illma et Rma, mi è parso che io potevo et dovevo dar principio da questa, che è segnalata et importantissima.
Il paese di Gex, occupato sin adesso da'Genevrini, è capitato, per gl'articoli délia pace*, nelle mani del Ré di * Vide supra, p. 56. Francia, a nome del quale il Barone di Lux ne pigliô fa poco il possesso, con far dichiaratione che l'intentione di detto Ré era di restituirvi l'essercitio délia fede catholica
Illustrissime, Révérendissime et très honoré Seigneur, Puisque les divers besoins de ce diocèse me donneront souvent occasion de recourir à l'autorité de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, il m'a semblé que je pouvais et devais commencer par celui-ci, qui est remarquable et très important.
Le pays de Gex , occupé jusqu'à présent par les Genevois, est tombé, par les articles du traité de paix, entre les mains du roi de France, au nom de qui le baron de Lux en a pris possession depuis peu, en déclarant que l'intention du roi était d'y rétablir l'exercice de la foi catholique au moyen de Y Intérim de la même manière qu'il se
( 1 ) Il est très probable que cette lettre, datée du même jour que la précédente, avait été également envoyée à M>r Riccardi pour être remise au prélat qui devait lui succéder en qualité de nonce auprès du duc de Savoie. Ce Prélat, dont notre Saint paraît ignorer encore le nom, était Conrad Tartarini ou Tartarino, natif de Città di Castello (Ombrie), qui occupait le siège épiscopal de Forli depuis le 18 octobre 1599. Il n'arriva à Turin que le 28 septembre 1601. Son zèle, son activité, l'ardeur qu'il déploya pour la conversion des hérétiques faisait concevoir les meilleures espérances quand la mort l'enleva le 14 février 1602.
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col mezzo dell' Intérim a forma di quello che si fa in Francia. Ma perché detto Intérim fa che si rendano le chiese et béni ecclesiastici alli Catholici, li Genevrini, li quali in quel balliagio occupano moite terre, décime et altri béni di Monsignor Vescovo di Geneva, del suo Capitolo et altre chiese, protestorono che quel Intérim non glie dovesse pregiudicare. Per questo, detto Barone di Lux mandô dal Ré per haver risolutione di questo dubbio, al quale poi Monsignor Vescovo scrisse dal canto suo, et anco ail' IHmo signor Nuncio di Francia sopra questo negocio. Et perché se quella restitutione si fa sarà uno di (sic) grandi colpi che habbino sentito quelli haeretici sin adesso, mi è parso convenevole di dar raguaglio di questa occasione a V. S. Illma et Rma, acciô che anco lei adopri il suo santo zelo in promovere questa impresa con raccommandarla alla Santa Sede ; che per questo Monsignor Vescovo di Geneva scrive air Illmo signor Cardinal Aldobrandino la lettera qui alligata, laquale per magior sicurezza ho indrissato per via di V. S. Illma et Rma, alla quale basciando humilissimamente le reverendissime mani, priegho dal Signor Iddio buon principio, meglior
pratique en France. Mais parce que ledit Intérim exige que les églises et les biens ecclésiastiques soient rendus aux Catholiques, les Genevois, qui détiennent en ce bailliage un grand nombre de terres, décimes et autres revenus de M-r l'Evêque de Genève, de son Chapitre et de plusieurs églises, ont protesté que l'Intérim ne devait leur préjudicier en rien. C'est pourquoi, le baron de Lux manda au roi pour avoir la solution de cette difficulté ; Monseigneur lui écrivit ensuite de son côté au sujet de cette affaire, ainsi qu'à M. le Nonce de France.
Or, parce que si cette restitution a lieu, ce sera l'un des plus grands coups qu'aient reçus jusqu'ici ces hérétiques, il m'a semblé convenable d'informer de toutes ces choses Votre Seigneurie, afin qu'Elle aussi emploie son saint zèle à favoriser cette entreprise en la recommandant au Saint-Siège. M»1* l'Evêque de Genève écrit à cet effet la lettre ci-jointe à l'Illustrissime Cardinal Aldobrandino, laquelle, pour plus grande sûreté, je lui adresse par votre entremise.
C'est en baisant très humblement les mains vénérées de Votre Seigneurie que je lui souhaite de Dieu notre Seigneur, avec tout vrai
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progresso et ottimo fine délia sua tanto importante nunciatura, insieme con ogni suo vero contento. Di V. S. Illma et Rma,
Divotissimo servitore,
Franc0 De Sales, Praevosto di Geneva.
Da Chiambri, alli 20 di Agosto 1601.
AU' Illmo et Rmo Sigr mio Padron colendissimo,
Monsigr il Nuntio Apostolico appresso S. A. S.
Turino.
Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives Vaticanes. Voir le fac-similé placé en tête de ce volume.
contentement, un bon commencement, un meilleur progrès et une excellente fin de son importante nonciature.
De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime,
Le très dévoué serviteur, François de Sales,
Prévôt de Genève.
De Chambéry, le 20 août 1601.
A mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,
Msr le Nonce Apostolique auprès de Son Altesse Sérénissime. — Turin.
AU DUC DE SAVOIE, CHARLES-EMMANUEL Ier (minute)
Obstination de quelques hérétiques de Thonon. Mesures à prendre pour en triompher.
Thonon, commencement d'octobre 1601.
Monseigneur,
la) Apres que Monsieur l'Evesque de Genève a eu establi les églises en tout ce balliage, horsmis en deux
(a) ("Laissé en ceste ville par Monsr l'Evesque de Genève après quil a eu estably les églises.. J
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ou trois lieux, et entr'autres en ceste ville (0, faute de moyens convenables, il m'a layssé icy pour quelques jours pour essayer d'attirer ce peu qui reste d'huguenotz hors du fort de leur obstination (b). J'y ay employé tout mon cœur, et espère que Dieu en aura touché quelques uns par les motif z quil luy a pieu m'inspirer (c). Néanmoins je n'ay encor peu tirer d'eux pleyne resolution, et en ay trouvé des autres qui sont si avant en leur opiniastreté que mesme ilz refusent leurs aureilles a la sainte parole, et ne veulent se prester a aucune rayson ; gens ignorans et qui d'ailleurs sont de nulle considération. Si que, après avoir fait ce qui a esté de ma capacité et ayant veu que tant de doctes Pères Jésuites et autres praedicateurs y ont employé toute leur industrie, je me suys venu rendre aux officiers que Vostre Altesse a ordinairement en ce lieu et a tous ceux que j'y ay veu et peu rencontrer, entr'autres a monsieur le marquis de Lulin, pour aprendre d'eux si de nostre costé il demeuroit quelque diligence a faire.
Et tous concourent a cest'opinion, quil n'y a plus aucun moyen de reste pour en chevir, sinon que Vostre Altesse, par un edit paysible, commande que tous ses sujetz ayent a faire profession de la foy catholique, et en prester le serment dans deux moys es mains de ceux qui seront députés, ou de vuider ses estatz, avec permission de vendre leurs biens. Plusieurs, par ce moyen, éviteront le bannissement du Paradis pour ne point encourir celuy de leur patrie ; les autres, qui seront fort peu en nombre, sont de telle qualité que Vostre Altesse gaignera beaucoup en les perdant, gens desquelz l'affection est des-ja pervertie et qui suyvent le huguenotisme plus tost commun parti que comme une religion. Le saint effect de l'edit que je propose rendra tous-jours plus admirable a tous les vrays
(b) de lent- obstination — Tet les conduire a vouloir estre instruitz.J
(c) m inspirer — Vde leur proposer. J
( 1 ) La mention faite de la réorganisation des paroisses du Chablais, achevée en septembre 1601, détermine la date de cette lettre»
Catholiques la religion et grandeur de courage de Vostre Altesse, et la douceur d'iceluy forcera tous ses adversaires d'en reconnoistre la clémence, mesme après tant de soin qu'ell'a eu de faire proposer les instructions a ce peuple, duquel maintenant ell'est maistresse sans dependence d'aucun traitté ni condition, ne le tenant que de Dieu.
Vostre Altesse me permettra de luy dire ce mot avec le zèle que je dois au service de sa gloire. Chacun sçait qu'elle désire extrêmement de voir ses païs netz du mal de l'heresie, personne n'ignore l'ardeur de son zèle en cest endroit; si elle ne le fait pas, le pouvant si aysement faire, plusieurs croiront que le désir de ne (d) mescontenter pas les huguenotz qui sont en son voysinage en soit l'occasion. Et toutefois (e) on estime qu'il ny aura aucun mescontentement pour ce regard ; et quant il y seroit, quil ne devroit entrer en aucune considération auprès de Vostre Altesse, qui n'a que faire d'incommoder ses saintes intentions pour gratifier des gens qui, en cas pareil, (f) ne voudroyent en rien s'accommoder au gré de Vostre Altesse.
Monseigneur, je ne puis pas sonder plus avant que cela, et ne sçai sil y a chose au pardela de ceste mienne considération qui puisse ou empêcher ou retarder l'edit que je souhaitte ; en quoy je me sousmetz purement a son meilleur jugement. Mais puisque les grans princes ont soin de toutes les pièces de leurs estatz, il est raysonnable que chacune leur contribue les advis qui semblent estre pour leur service ; ce que je fay avec toute franchise a l'endroit de Vostre Altesse, pour la singulière debonaireté que Dieu luy a donnée, et de laquelle je me prometz le bonheur d'estre tousjours avoué, Monseigneur, Son très humble et très obéissant serviteur et sujet.
Revu "sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.
(d) de ne — Tdeplaire pas aux...j
(e) Et toutefois — ppersonne ne juge que ce mescontentement doive... J (f ) pareil, — fmesprisent tous les désirs des Catholiques... ne cèdent point
aux désirs.. .J
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AU BARON DE LUX (0 Msr de Granier est prêt à évangéliser le pays de Gex.
[Octobre 1 60 1 .] Monsieur,
Puisqu'il vous a pieu me dispenser d'aller en personne auprès de vous pour vous donner l'advis que vous desires avoir de moy avant que de vous acheminer a Gex, je vous diray simplement sur ce papier que Monsieur l'Evesque se tient tout prest avec la petite trouppe pour arborer la Croix et en publier les mystères par tout ou vous luy en marqueres les lieux et occasions ; il attendra seulement l'assignation du jour que vous luy donneres pour vous rencontrer sur le chemin (2). Je prendray le plus d'instruction que je pourray des particularités requises pour ce tant signalé commencement d'une œuvre de laquelle la gloire estant toute a Dieu, comme a sa source, doit néanmoins verser beaucoup d'honneur sur vous, qui estes le principal instrument duquel il s'est voulu servir.
Je le prieray toute ma vie pour vostre félicité, et confesseray que je dois estre, comme je vous supplie de croire que je seray tousjours, Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur,
Franc5 de Sales, Praevost de l'Eglise de Genève.
( 1 ) Edme de Malain, baron de Lux et de Montbard, chevalier d'honneur de la reine, lieutenant du roi en Bourgogne (22 novembre 1596) et chevalier de ses Ordres. On verra dans la suite de la correspondance de saint François de Sales combien souvent il eut à traiter avec ce seigneur pour les intérêts de la religion dans le pays de Gex, qui dépendait du gouvernement de Bourgogne. Le baron de Lux fut tué par le chevalier de Guise (5 janvier 1613).
(a) Voir à la fin du volume la lettre adressée par M.sr de Granier au baron de Lux, en date du 8 octobre i6or.
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