‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 13 sur 102 · AU CARDINAL PIERRE ALDOBRANDINO (O · texte numérisé non relu

AU CARDINAL PIERRE ALDOBRANDINO (O

(minute inédite)

Henri IV demande l'évangélisation du pays de Gex. — Son désir de restituer au clergé les biens ecclésiastiques usurpés par les Genevois. — Démarches à faire pour obtenir cette restitution.

Lyon, 10 novembre 1601.

Illustrissime» et Reverendissimo Signore mio

colendissimo,

Il Re Christianissimo scrisse il 17 Ottobre al signor Vescovo di Geneval2) che egli havesse da mandare nel

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Le roi très chrétien a écrit le 17 octobre à M°r l'Evêque de Genève (2) d'envoyer au bailliage de Gex, récemment soumis à sa

(1) Pierre Aldobrandino, né à Rome en 1571, avait été, à l'âge de vingtdeux ans, eréé cardinal par son oncle le Pape Clément VIII, qui lui donna une part considérable au gouvernement de l'Eglise. En 1598, le jeune Cardinal prit possession au nom du Saint-Siège du duché de Ferrare, et, deux ans plus tard, se rendit en France pour négocier la paix de Lyon. Paul V le nomma à l'archevêché de Ravenne. Il mourut à Rome le 10 février 1621.

(2 ) Les éditeurs de 1626 ont publié la lettre de Henri IV datée du 17 octobre 1601 sous l'adresse : « A Monseigneur François de Sales, Evesque de Genève, » sans réfléchir que ce titre était alors porté par Claude de Granier. Hérissant remarqua la bévue, et crut la réparer en changeant la date de la lettre et en l'accompagnant de la note suivante : « L'année est fautive dans mon exemplaire qui date cette lettre de 1601, car tout ce qui a rapport à l'affaire de Gex fait foi qu'elle se passa en 1602. » La vérité est au contraire, et tout s'accorde à le prouver, que les affaires de Gex commencèrent à se traiter l'année précédente, et que la lettre en question a été adressée par Henri IV à Msr de Granier le 17 octobre 1601. En voici la teneur : « Très-cher et bien-aymé,

« Ayant permis à nos subjects du Bailliage de Gex le restablissement de la Religion Catholique en l'estenduè' d'iceluy aux lieux où il y aura nombre de Catholiques, et ayant sur ce mandé nostre volonté au sieur de Lux pour la faire observer, nous avons voulu par mesine moyen vous faire entendre la resolutiou qu'avons prinse sur ce, à fin qu'en ce qui dépend de vostre charge vous envoyez audict Bailliage le nombre de Pasteurs et gens d'Eglise que

Lettres II 6

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balliagio di Gex, nuovamente ridotto a quella corona, pastori et curati competenti per restituirvi l'essercitio délia santa fede catholica, secondo la forma del decreto di Intérim fatto per il restante délia Francia. Et perché detto signor Re domandava il numéro taie quale verrebbe significato dal signor Barone di Lux, luoghotenente nel governo di Borgogna, Bressa et altri paesi nuovamente uniti al regno, io sono venuto qui per sapere più particolarmente corne haverebbe da passar questo negotio ; il che non è ancora conchiuso.

Et fra le altre cose, si è toccato délie intrate del Vescovo et Capitolo di Geneva, et di quelle di San Vittore (0, occupate dalli citadini di essa Geneva, et del

couronne, des pasteurs et des curés capables pour y rétablir l'exercice de la sainte foi catholique, selon la teneur du décret de Y Intérim fait pour le reste de la France. Et parce que le roi demandait que, quant au nombre, on s'en tînt exactement à celui qui serait marqué par M. le baron de Lux, lieutenant dans le gouvernement de Bourgogne, Bresse et autres pays récemment réunis au royaume, je suis venu ici pour apprendre plus particulièrement comment cette affaire doit se traiter; ce qui n'est pas encore résolu.

Entre autres choses, on a parlé des revenus de l'Evêque et du Chapitre de Genève et de ceux de Saint-Victor (i), usurpés par les

vous mandera ledit sieur de Lux, lesquels vous luy addresserez après les avoir admonestez de leur devoir, tant pour leur vie, laquelle doit estre exemplaire pour servir d'instruction, que pour se comporter en toutes leurs actions sans aucun scandale, faire profession de paix et de charité, sans entrer en dispute et en querelle avec aucuns ; nous asseurans que ne faudrez de leur donner ceste instruction et leur commander de la suivre, comme nous voulons croire qu'ils feront quand vous les aurez choisis capables de servir esdites charges, ainsi que nous nous asseurons que vous ferez avec la mesme religion, intégrité et conscience qu'avez accoustumé de faire paroistre en toutes autres actions dépendantes de vostre charge, dont nous vous prions d'affection, et Nostre Seigneur, très-cher et bien-aymé, vous avoir en sa saincte garde. De Fontaine-bleau, le dix-septiesme Octobre 1601. »

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