‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 14 sur 102 · POTTIER · texte numérisé non relu

POTTIER

( 1 ) Le prieuré de Saint-Victor, de l'Ordre de Cluny, avait été rasé en 1534, ainsi que tout le faubourg de Genève auquel il avait donne son nom. Les hérétiques s'emparèrent de la plus grande partie des biens de ce monastère qui étaient considérables. Le surplus, situé sur les terres du duc de Savoie, fut acquis aux Chevaliers des Saints Maurice et Lazare.

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modo che si haverebbe da tenere in recuperarle. Et per quanto ho potuto scuoprire, il Re vorrebbe in ogni modo haver qualche buon colore per levare dette intrate a quella città, senza offendere li cantoni haeretici de1 Sguizzeri et la Regina d1 Inglaterra (0 li quali fanno molta instanza in favore de' Genevrini ; et il che egli vorrebbe, è di esserne sollecitato in nome délia Santa Sede, alla quale non haverebbe [da] ricusare tanto giusta petitione. Per questo, inanzi di ritornarmene in Savoya, mi è parso bene di dar raguaglio di tal nécessita a V. S. Illma et Rma, con supplicarla humilissimamente di adoprar in questa occasione il santo zelo che a beneficio di santa Chiesa Iddio gY ha inspirato. Mi pare che sarebbe molto bene che V. S. Illma [scrivesse] lettere al signor Vescovo di Geneva, approbando che ricerchi tal cosa, et insieme, al signor Nuntio di Francia (2), ordinando che habbia da trattare caldamente appresso quella Maestà ; chè in questo modo la cosa riuscirebbe molto bene et non saria

Genevois, ainsi que des moyens à prendre pour les recouvrer. Autant que j'ai pu le découvrir, le roi voudrait de toute façon avoir quelque bon prétexte pour enlever lesdits revenus à cette ville, sans offenser les cantons hérétiques des Suisses et la reine d'Angleterre ( * ) qui font beaucoup d'instances en faveur des Genevois; et ce qu'il désire c'est d'en être pressé au nom du Saint-Siège, auquel il n'y aurait pas lieu de refuser une si juste requête.

C'est pourquoi, avant de m'en retourner en Savoie, il m'a semblé utile de donner connaissance de cette particularité à Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, la suppliant très humblement d'exercer en cette occasion le saint zèle que Dieu lui a inspiré pour le bien de la sainte Eglise. Il me semble qu'il serait très bon que Votre Seigneurie écrivît une lettre à M=r TEvêque de Genève, encourageant les poursuites qu'il fait à ce sujet, et en même temps une autre à M. le Nonce de France (2) pour lui ordonner d'en traiter énergiquement avec Sa Majesté. De cette manière, la négociation réussirait très bien ; et ce ne serait pas un petit préjudice pour les Genevois,

( 1 ) La fameuse Elisabeth, fille de Henri VIII et d'Anne Boleyn, qui régna sur l'Angleterre de 1558 à 1603»

(2) Innocent del BufalOj évêque de Camerino.

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poca incommodità a' Genevrini, che restarebbono poverissimi, ne poco splendore alla religione catholica, et sarebbe aprire pian piano la strada per ridurre la stessa città di Geneva a qualche maggior bene.

Il che tutto, doppo il Signore Iddio, non habbiamo da sperare senon dalla Santità et bontà di Nostro Signore et dal zelo di V. S. Illma et Rma, alla quale bascio humilissimamente le mani.

Da Lyone di Francia, alli 10 di Novembre 1601.

Revu sur le texte inséré dans le Ier Procès de Canonisation.

qui demeureraient très pauvres, ni peu de lustre à la religion catholique ; ce serait aussi ouvrir peu à peu la voie pour amener à quelque plus grand bien la ville même de Genève.

Pour toutes ces choses nous n'avons, après Dieu, rien à espérer sinon de la Sainteté et bonté de notre Saint-Père et du zèle de Votre Seigneurie, à qui je baise très humblement les mains.

De Lyon en France, le 10 novembre 1601.

A M. CLAUDE DE QUOEXÎ1)

Bonnes intentions du roi de France en faveur des Catholiques. — Formalités à remplir pour en obtenir la mise à exécution.

Lyon, 10 novembre 1601 (a).

Monsieur,

Nous voici a Lion pour apprendre de monsieur le baron de Lux, lieutenant au gouvernement de Bourgoi-

( 1 ) Claude de Quoex, docteur es droits civil et canonique, avocat fiscal de Genevois, se trouvait alors à Rome en qualité d'agent général de la duchesse de Nemours. Il devint premier collatéral au Conseil de Genevois, conseiller du duc de Nemours, puis du duc de Savoie, et « auditeur de camp deçà les monts. » C'était, au témoignage d'Antoine Favre, l'un des « hommes remarquables par leur piété et leur science » dont la petite ville d'Annecy s'honorait alors, et qui devinrent les premiers membres de l'Académie Florimontane. Il mourut en septembre 1625, à l'âge de 56 ans.

( 2 ) La date de cette lettre est déterminée par celle de la précédente.

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gne et de Bresse, Verromey et Gex, ce que nous avons a faire pour le restablissement de la religion catholique au balliage de Gex, suivant la lettre que le Roy de France en a escritte a Monseigneur le Rme Evesque, de laquelle je vous envoyé copie. Et au progrès des discours que j'ay eu avec luy, j'ay treuvé que le Roy et ses gens sont fort disposés a nous rendre nos biens, c'est a dire les biens de nostre Chapitre qui sont riere Gex, mais il desireroit d'en estre recherché et pressé par Sa Sainteté. L'importance sera d'obtenir de nostre Saint Père quil y mette de la ferveur et face que son Nonce qui est en France empoigne vivement ceste sollicitation.

Or, pour ce faire, il eut esté requis d'en toucher un mot a Sa Sainteté mesme ; mays parce que cela appartient ou a Monseigneur le Rme ou a nostre Chapitre, je n'ay pas osé le faire, mais escris seulement au Cardinal Aldobrandin sur ce sujet simplement; mesmement par ce qu'iceluy ayant conclud la paix, demeslera mieux l'affaire avec le Roy, avec lequel, a ce que j'entens, il a quelque secrète intelligence pour ces affaires de religion. Mays ce n'est que peu de chose d'une lettre, car elle n'a point de réplique. Je vous prieray donq de raccompagner ou monsieur Reydet(0, en la donnant, d'une déclaration un peu ample de la nécessité que nous avons de l'assistence du Saint Siège, du dommage que cela fera a l'heresie et du grand honneur qui en réussira a la sainte Eglise.

Outre cela, il y a un point encor plus important, qui est quil seroit expédient que Monseigneur le Cardinal escrivit une lettre a Monseigneur de Genève, par laquelle il luy donnast courage de demander la restitution de ses biens qui sont a Gex, et un'autre au Nonce, affin quil l'assistast en ceste demande. Vous demanderes pourquoy

(1) Jean Reydet, dont la famille d'origine savoisienne paraît avoir été très liée avec les de Quoex, se trouvait à Rome depuis plusieurs années. En 1591, il sollicite de l'Evêque de Genève des lettres dimissoriales pour recevoir la tonsure. On rencontre plus tard sa signature parmi celles des employés de la daterie romaine, et enfin il se constitue agent de plusieurs de ses compatriotes, entre autres de Thomas Pobel, évèque de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

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il faut procurer ces formalités. Je dis que je n'en sçaurois rendre autre cause sinon que j'ay descouvert manifestement quil faut tenir ce chemin. Néanmoins, encor ay je apprins que c'est par ce [que] les cantons huguenotz et la Reyne d'Angleterre s'entremettent pour ceux de Genève, qui sont les possesseurs ou usurpateurs desdits biens, et le Roy voudroit avoir un juste praetexte pour les esconduire. Or, plus apparent n'en peut il avoir que d'estre sollicité par le Saint Siège.

Saches au reste que nous sommes fort en affaires pour ce respect, monsieur Rogex (0 et moy, et des fondemens que nous voyons ne pouvons conclure sinon que si nous sommes aydés de ceux qui peuvent et doivent le faire, non seulement cela se fera, mais de plus grandes choses. De vostre part nous nous promettons toute faveur, et de nostre monsieur Reydet.

Au reste, tout se porte bien en nostre païs. Et n'estant ceste pour autre, je la finiray, me disant,

Monsieur, Vostre humble et plus affectionné serviteur, Franc8 De Sales.

( i ) Le chanoine Philibert Roget. Voir le tome précédent, note (2), p. 249.

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