AUX SYNDICS D'ANNECY
Réponse à leur lettre de félicitation.
Thorens, 11 novembre 1602.
Messieurs,
Je voudrois voir en moy autant de sujet de la joye que vous prenes en (a) ma promotion comme j'en voy en l'amitié que vous me portes ; j'aurois beaucoup moins
(a) [Les variantes qui suivent sont tirées de la minute publiée pour la première fois dans l'édition de 1629. Dans cette édition et dans les suivantes, cette lettre est adressée aux « Chanoines de Nessy » ou « aux Chanoines de Saint-Pierre de Genève ! »]
que vous — aves de
( 1 ) Les syndics d'Annecy étaient alors « noble et spectable seigneur Pierre de Crans, advocat au Sénat, noble seigneur Jean-Baptiste du Four, maistre Estienne Delespine, honorable homme François Fenolliet. »
On trouve dans le Registre des Délibérations municipales (vol. XXIX), à la date du 16 novembre 1602, l'insertion suivante : « En l'absence du seigneur Dufour et du seigneur Fenolliet, scindics, les seigneurs de Crans et Delespine despescherent homme exprès avec une lettre de la ville pour se congratuler
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d'appréhension de la pesanteur du devoir auquel je suys meshuy engagé (b). Je me confie néanmoins en la bonté de Dieu, qu'elle (c) me donnera la grâce de sa sainte assistance pour vous rendre le service que je désire et auquel ma naissance et mon éducation m'invite. Sil vous plaist me faire (d) ce bien de l'en supplier avec moy, vous aures tous-jours tant plus de rayson de le vous promettre, et moy de l'espérer comme l'un des plus grans contentemens que j'aye jamais souhaitté.
Permettes moy ce pendant que je vous salue des icy, attendant que bien tost j'aye le bonheur de me(e) voir en vostre ville, a laquelle je désire toute bénédiction du Ciel (f), et de laquelle je suis entièrement comme de vous,
Messieurs,
Serviteur bien humble en Jésus Christ, Franc5 De Sales, esleu Evesque de Genève.
A Thorens, le 11 novembre 1602.
A Messieurs Messieurs les Scindics d'Annessy.
Revu sur le texte inséré dans le Registre des Délibérations municipales d'Annecy.
(h) je — me voy porté.
(c) de Dieu — (laquelle ne nous défaut jamais es choses nécessaires) qu'il
(d) m invite. — Si vous me faites
(e) vous
(f ) je^desire — la paix et consolation du Saint Esprit
avec Illme et Rme S^r François de Sales, Evesque de Genève; dont se treuvant ledit seigneur Dufour a moitié chemin, auroit porté ladite lettre, dont il a faict responce telle que si (sic) après, se glorifiant estrangement de ce qu'il est faict Evesque de sa ville, estimant aultant d'honneur de se nommer bourgeois d'icelle que Evesque; dequoy pour le sacre et entrée proche a faire, il est requis faire quelque chose par la ville. »