‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 42 sur 102 · Chapitre cathedral et de son Vicaire. Et bien que la · texte numérisé non relu

Chapitre cathedral et de son Vicaire. Et bien que la

Sainte Chapelle et Sainte Geneviève soyent des églises

exemptes, si est ce qu'elles n'iroyent pas a costé de la

cathédrale si elles n'avoyent des privilèges spéciaux du

Saint Siège a cest effect ; ce que tesmoigne le docteur

Chassanee en son Cathalogue*, disant que les Rois de *Pars iv, consi !e-

France ont obtenu cela par privilège spécial, que leur

chapelle estant prés de leur personne, (f) sont esga-

lees (sic) avec toutes cathédrales. Mais le Chapitre de

Nostre Dame n'a jamais eu aucun privilège de cette

sorte

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

(f) de leur personne, — |~va de pair...J

(1) D. Bartkolomœi Chassancei Burgundii, apud Aquas Sextias in Sen.itu decuriœ prcefectus, Catalogus Gloriœ Mundi, in 12 libros divisus, humanœ sortis summam artificiose complectens, sed iia auctus... ut omnes hactenus œditiones longe superet. Lugduni, apud Ant. Vincentium in Veronica, mdxlvi. La première édition (1529) est dédiée au chaHcelier du Prat.

AUTRE MINUTE DE LA MÊME LETTRE (inédite)

Monseigneur,

Je remercie très humblement Vostre Excellence du soin qu'ell'a eu de respondre a la supplication que je luy fis, pour avoir son congé de terminer par le droit et les constitutions de l'Eglise- le différent de precedence qui est entre le Chapitre de Saint Pierre et celuy de Nostre Dame en cette ville. Je luy représente maintenant la

214 Lettres de saint François de Sales

mesme supplication, et qu'il luy playse de se faire dire les raysons (a) qui m'ostent le pouvoir d'employer l'expédient que monsieur le président Favre m'a proposé. (b) J'en ay fait un memoyre que j'ay addressé a monsieur de la Bretonniere (O.

Vostre Excellence me face la grâce de prendre la peyne de les considérer, et je suis asseuré qu'elle me commandera de passer outre a l'exécution de l'intention de l'Eglise, et a Messieurs de Nostre Dame de n'y apporter plus aucune difficulté. Mais sur tout je supplie très humblement Vostre Excellence de leur défendre l'usage de son nom pour se défendre en si mauvaise cause, et contre moy, Monseigneur, qui [suis] si jaloux du respect (c) que je dois a tout ce qui luy appartient, quil ne sera jamais besoin de m'en resouvenir. Mais je me resouviens aussi, Monseigneur, que vous estes si entier en la pieté, que vous ne voudres jamais (d) en rien authoriser ceux qui voudront rompre les ordonnances de l'Eglise, sous le voyle et prétexte d'estre advoùés vos chapelains. J'espère au contraire

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

(a) de se faire — ("rapporter... reciterj les raysons [-que j'ay, pour lesquelles je ne puis nullement employer. ..J

(b) nia proposé. — TA cett'intentionj

(c) et contre — Tune créature... un homme J qui est si jaloux du respect pquil vous doit, Monseig1", que sil y avoit apparence de droit... sil falloit violer le droit, ne le violeroit...J

(d) Monseigneur, — Tque le prince qui le porte est si Catholique. ..J entier en fsa pieté, quil ne voudroit...J la pieté, que vous ne voudres jamais rompre Tordre de l'Eglise et les ordonnances du S' Siège, pour authoriser...

(i) Charles Chaliveau de la Bretonniere, intendant du duc de Nemours, fut abbé commendataire de Saint-Evroul en Normandie de 1615 à 1625, année de sa mort.

Antoine des Hayes, secrétaire des commandements du duc de Nemours, portait aussi le titre de seigneur de la Bretonniere.

Année 1603 215

A M. CHARLES d'aLBIGNY Prière de s'intéresser à un créancier de la Sainte-Maison de Thonon.

Annecy, 2 août 1603 (1).

Monsieur,

Je me suis fort peu meslé des affaires de la Mayson de Thonon jusques a praesent ; néanmoins, ayant icy un créancier d'icelle, homme de mérite et qui est en extrême nécessité, je me suis des-ja essayé de le faire payer par autre voye, selon les moyens que le Père Chérubin m'avoit proposés. Mais n'estans réussis et voyant la nécessité de ce créancier croistre tous les jours, je me suis enquis sil y auroit aucun autre moyen pour faire ce payement ; et on m'a dit que Son Altesse avoit ordonné certaine pension annuelle a ladite Mayson, delaquelle on pourroit bien prendre la somme requise, qui n'est que de 80 escus, et particulièrement sil vous playsoit d'en dire un mot de faveur. C'est pourquoy, Monsieur, je vous en supplie humblement, et de me pardonner si je suis si prompt a vous importuner, puisque c'est pour un œuvre charitable et le soulagement des affligés, comm'est ce créancier.

Je prie Dieu cependant pour vostre santé, que je souhaitte longue et heureuse, comme doit, Monsieur,

Vostre serviteur plus humble,

Françs, Evesque de Genève.

A Monsieur

Monsieur d'Albigni, Chevallier de l'Ordre de S. A. et son Lieutenant gênerai deçà les montz.

Revu sur l'Autographe appartenant au marquis Bonaventure Chigi-Zondadari,

à Sienne.

(1) Cette lettre n'est pas datée; mais comme sur le verso une main étrangère a écrit : « Receu le 3e aoust 1603, » et que d'Albigny se trouvait alors à Chambéry, il est probable qu'elle a été expédiée la veille.

216 Lettres de saint François de Sales

A M. CLAUDE DE CIIARMOISY ( 0

Mme de Beaulieu demandée en mariage par M. de Sainte-Claire: avantages que présenterait cette alliance. — Elle désire à ce sujet l'avis de M. deCharmoisy.

Annecy, 6 août 1603.

Monsieur mon Cosin,

Despuis vostre despart, madame de Beaulieu (2) a esté demandée en mariage par monsieur de Sainte Clere(3), qui est gentilhomme, fort homme de bien et d'honneur, grand Catholique et craignant Dieu, qui sont des qualités pour lesquelles ell'a fort gousté l'offre de ses affections. Mais se resouvenant que feu monsieur de la Barge (4), son frère, l'avoit laissée en ce pais principalement en

( i ) Claude, fils de Charles Vidomne de Chaumont, seigneur de Charmoisy, Marclaz et Villy (voir le tome précédent, note ( i ), p. 57), et de Françoise de Bellegarde, était parent et ami intime de saint François de Sales. Très considéré à la cour des ducs de Nemours et de Savoie, il fut créé par le premier de ces princes, gentilhomme ordinaire de sa chambre, grand gruyer en Genevois, Faucigny et Beaufort (22 mars 1601) et nommé par le duc de Savoie conseiller d'Etat, gentilhomme de sa chambre, grand maître de l'artillerie (1617), ambassadeur aux Ligues Suisses, etc. M. de Charmoisy, qui avait toujours été fidèle à ses princes dans la prospérité comme dans la disgrâce, mourut à Chambéry le 28 octobre 1618.

(2} Madeleine de la Barge, veuve de Michel de Combelles, seigneur de Chabannes. Le Saint s'intéressait spécialement à cette dame que, d'après Charles-Auguste de Sales, il avait « délivrée de la vexation des diables. » Il n'est pas possible d'indiquer la date de son mariage avec M. de Sainte-Claire.

(3 ) Jacques Orlandin ou Orlandini, seigneur de Sainte-Claire et Vesancy au pays de Gex, et écuyer, qui appartenait à une famille originaire de Florence, avait abjuré le protestantisme l'année précédente au Jubilé de Thonon. Il épousa effectivement Madeleine de la Barge, devint bailli de Gex (patentes du 24 juin 1626) et mourut vers 1631.

(4) Louis, seigneur de la Barge, baron de Meymont et de la Pérouse, destiné par sa famille à l'état ecclésiastique, avait pris rang parmi les chanoines comtes de Lyon; à la mort de ses frères aînés il rentra dans le monde, devint écuyer du roi, et fut pendant quelque temps son lieutenant en Vivarais. (Généalogie de la famille de la Barge de Certeau.) On trouve inscrits sur le Registre delà Confrérie de Notre-Dame de Compassion de Thonon, en juin 1602, « hault et puissant seigneur Loys de la Barge, et dame Françoise de Sainteran, sa femme. »

la confiance quil avoit de vostre amitié et que vous en auries soin, dequoi aussi ell'a ressenti beaucoup d'effectz, elle n'a pas voulu passer outre a prendre la dernière resolution en ce sujet sans vous en donner advis et prendre vostre congé.

C'est pourquoi ell'envoye monsieur Sapientis (O, auquel j'ay donné ce mot pour vous tesmoigner qu'après avoir sceu ce dessein, et l'avoir considéré et recommandé a Dieu avec le soin que j'eusse fait pour une propre fille de ma mère, j'ay estimé qu'il estoit fort bon et sortable, et ne m'est demeuré aucune difficulté pour retenir mon jugement, que le devoir qu'ell'a d'attendre le vostre, lequel je pense ne pouvoir pas estre beaucoup dissemblable au mien.

Au demeurant, hier vostre brave Henri (2) me fit lhonneur de me venir faire mille caresses céans et me donner les signes de l'héréditaire bienveùillance quil me portera a l'advenir, comme estant filz de père et mère a qui je suis inviolablement,

Monsieur mon Cosin,

Cosin et serviteur plus humble,

Franc8, Evesque de Genève.

Monsieur Le Grand (3) est a Belley et me tient en suspens, par l'incertitude de son arrivée en ce diocaese, si j'auray la commodité d'aller a Thonon pour la mi aoust.

A Neci, VI aoust 1603.

A Monsieur Monsieur de Charmoysi.

Revu sur l'Autographe appartenant à M"e Vuy, à Carouge (canton de Genève).

( 1) Plusieurs familles Sapientis ou Sage étaient fixées en Savoie. On trouve notamment à cette époque, Urbain Sage, religieux du Saint-Sépulcre d'Annecy, et le notaire Humbert Sage, plus tard déposant au Procès de Béatification de notre Saint.

(2) Henri de Charmoisy, alors âgé d'environ deux ans.

(3) Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, grand écuyer de France, lieutenant-général en Bourgogne, dont il sera souvent question dans la suite de cette correspondance.

218 Lettres de saint François de Sales

A M. CHARLES D'ALBIGNY (inédite)

Il implore la continuation de sa protection pour la Sainte-Maison de Thonon.

Annecy, 22 août 1603.

Monsieur,

Le R. Père Chérubin, praesent porteur, m'a dit et fait entendre combien de zèle Dieu vous a donné a l'advancement des affaires de la Sainte Maison de Thonon et le bon commencement que vous y aves fait donner. C'est cela, Monsieur, qui me fait espérer d'en voir bien tost tout d'une main un heureux accomplissement, pour lequel ledit P. Chérubin allant a Chamberi, je vous supplie, Monsieur, de continuer vostre faveur a ce saint œuvre affin que la conclusion s'en puisse prendre au plus tost, a faute delaquelle je voy l'establissement de l'église de Thonon demeurer en suspens.

Je ne crains nullement de vous estre importun pour des semblables occasions qui tendent a la gloire de Dieu, delaquelle il vous a donné tant de jalousie et de sainte ambition. Je le prie quil vous comble de ses grâces et suis,

Monsieur,

Vostre serviteur très humble,

Franc., Evesque de Genève.

A Neci, 22 aoust 1603.

Monsieur d'Albigni, Chevallier de l'Ordre de S. A. et son Lieutenant gênerai deçà les montz. A Chamberi.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Bologne.

Année 1603 219

A M. ANTOINE DE LA TORTE (inédite)

Recommandation en faveur d'un homme qui désirait affermer la terre de Duingt. — Plusieurs affaires d'intérêt seraient à terminer. — Encore un mot sur le payement de Thorens.

Annecy, 22 août 1603.

Monsieur,

Cet honneste homme est bourgeois de cette ville, et reconneu de tous pour fort homme de bien. Il désire de prendre a ferme de Madame la terre de Duin, et je suis obligé de vous tesmoigner que ne pense pas que Madame puisse mieux remettre la susdite ferme qu'es mains d'un homme de ceste sorte. C'est pourquoy, si je suis creu, vous ne le laisseres pas revenir sans traitter avec luy, et mesme pour les prises des années passées, desquelles il désire avoir honneste prix en payant argent content. Si Madame eut fait response a la lettre de monsieur le marquis de Lulin par laquelle il luy demandoit la susdite terre a achepter, je penserois qu'elle la voulut vendre*; mais ne l'ayant pas fait, j'estime qu'elle la veut * Conferatur Epist. garder, et en ce cas elle ne sçauroit mieux faire pour ce particulier que d'employer ce porteur.

Vous aures sceu comme le seigneur Dom Amedeo de Savoye a remporté gain de cause contre Son Excellence pour Contiens, non obstant tout l'essay que je fis en mon voyage de Piémont de faire retarder 1 issue du procès, dont ledit seigneur Dom Amé m'a sceu fort mauvais gré. Il seroit bon de donner ordre une fois pour toutes a tous ces affaires de deçà, et mesme a celuy que Madame a avec les enfans de feu monsieur le chancelier Millet (O,

(1) Louis Milliet, baron de Faverges et de Challes, premier président au Sénat de Savoie, grand chancelier, né à Chambéry le 26 juin 1527, mort à Moncalieri le 12 février 1599. Il fut « le réformateur de la justice et des

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dequoy ayant escrit plus d'une fois, je m'estonne de n'en avoir nulle response.

Madame pourra treuver estrange le retardement de son payement de Thorens ; mais il n'est pas croyable combien nous avons eu de difficultés jusques a présent pour ces troubles des guerres, qui ne font que de finir. Croyés, je vous supplie, que je n'ay nul souci du monde que pour ce particulier, et que je ne laisse passer aucune occasion sans m'en empresser. J'attens response, et priant Dieu qu'il vous comble de ses grâces, je suis toute ma vie, Monsieur,

Vostre serviteur très affectionné,

Franc5, Evesque de Genève.

22 aoust.

A Monsieur

Monsieur de la Porte, Surintendant de la mayson de Madame la Duchessse de Mercœur.

Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat.

finances, un des plus grands hommes de son siècle et de notre pays, et l'un des plus habiles ministres qui aient jamais concouru à la prospérité de la dynastie savoyarde. »

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