AU MAIRE ET AUX ÉGHEVINS DE DIJON (O
Réponse à l'invitation qui lui est faite d'aller prêcher le Carême à Dijon.
Annecy, 22 août 1603.
Messieurs,
Ce m'est un'extreme faveur que vous ayes désiré de m'avoir en vostre ville pour le service de vos âmes, et ne puis penser comme ce bon heur m'est arrivé que vous
( 1) Le maire de Dijon était « Jean de Frazans, seigneur d'Orain, docteur en droit, avocat au Parlement, échevin et garde des Evangiles, élu vicomte majeur le ao juin 1603. » Le 23 juin de cette même année avait eu lieu l'élection-
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sachies mon nom et que je suis au monde. Cela m'estonne d'autant plus que je me voy esloigné de le mériter, n'ayant rien en moy qui puisse respondre a l'opinion que vous aves de moy qu'une fort entière affection a l'accroissement de la gloire de Dieu et a ceux qui la désirent, entre lesquelz sachant que vous tenes des premiers rangs, je vous supplie de croire que vous ne me sçauries faire voir aucun'occasion de vous rendre service que je ne m'y porte de tout mon cœur. En cette volonté, je m'essayeray de vaincre toutes les difficultés qui me pourroyent destourner de me rendre auprès de vous au tems que vous m'aves marqué en vostre lettre.
Mais vous me permettres, s'il vous plait, de vous dire que si vous aviés aggreable que ce fut seulement pour le Caresme, je n'aurois a vaincre nulle difficulté, car je n'en rencontrerois pas une. Ce sera pour l'Advent que j'auray beaucoup a débattre pour m'eschapper des grandes incommodités qui se présentent contre l'extrême désir que j'ay de vous contenter; et néanmoins, plus tost que de vous donner aucun sujet de croire que je veuille user d'aucune exception a vos volontés, je vous asseure des maintenant que si vous mesme ne me donnés le pouvoir de demeurer icy l'Advent, je n'y demeureray non plus que le Caresme, mays forceray tous les empeschemens pour me treuver en tous deux les tems en vostre ville. J'attendray donques de vous, par ce porteur, la déclaration de vostre volonté, a laquelle, toutes considérations laissées, je me rangeray entièrement.
des échevins, et six de ceux qui devaient sortir de charge furent retenus par le maire pour assurer une administration plus régulière. C'était Bénigne Chisseret, bourgeois, Guillaume Berbisey, lieutenant particulier au bailliage de Dijon, Robert Caillin, procureur à la Chambre des Comptes, Gobin Derequeleyne, conseiller provincial de l'artillerie en Bourgogne, Claude Mouchât, avocat à la cour, Bénigne Perruchon, bourgeois. Quatorze nouveaux échevins furent élus en 1603, et de plus, leur étaient adjoints des conseillers ecclésiastiques, qui assistaient aux délibérations de la Chambre de ville : Jules Milletot, Albert Dubois, grand-prieur de Saint-Etienne, Jean Millière, prieur d'Epoisses, chanoine de la Sainte-Chapelle, Laurent Davignon, curé de Saint-Philibert, Pierre Vautherin, chanoine de Saint-Denis de Vergy et chapelain de Saint-Jean. (Archives municipales de Dijon, Registre des Délibérations de la Chambre de Ville.)
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Dieu vous veuille donner, Messieurs, le comble de ses grâces, et a moy autant de pouvoir quil m'a donné d'affection de me faire connoistre
Vostre serviteur plus humble en Jésus Christ, François, Evesque de Genève.
A Neci, 22 aoust 1603.
A Messieurs Messieurs les Viconte majeur et Eschevins de la ville de Dijon.
Revu sur l'Autographe conservé aux Archives municipales de Dijon.
A M. JACQUES EXCOFFIER, CURÉ DE CHEVÊNOZ (O
Ordre de biner. — Encouragement à se rendre plus capable de ses fonctions.
Thonon, 21 septembre 1603.
Monsieur le Curé, Jay entendu que vous ne voulies continuer de dire deux Messes suyvant la permission que je vous en avo}^s donné, qui me fait vous dire que jusques a ce que je vous enlevé le pouvoir vous ne cessies de servir Vincie comme vous aves de coustume. Je vous advertis aussy que prenies peyne a vous rendre plus cappable pour exercer telle charge, a quoy vous estes tenu. M'assurant donques que vous ne manqueres a bien rendre vostre devoir, je demeure, Monsieur le Curé,
Vostre plus affectionné en Jesuschrist,
Franc8, E. de Genève.
A Thonon, le 21 septembre 1603.
A Monsieur Monsr le Curé de Chevenoz.
Revu sur l'original appartenant à M. l'avocat Coppier, à Chambéry.
( 1 ) Le destinataire de cette lettre, dont la signature seule est autographe, était curé de Chevenoz, et de son annexe, Vinzier, dès le ai novembre 1601,
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A M. LOUIS BONIER (0
Prière de lui envoyer le bilan des comptes de la Sainte-Maison.
Annecy, 23 octobre 1603.
Monsieur, Voicy une lettre qui m'arrive de Monseigneur le Nonce de Turin, qui me conjure de luy envoyer « un picolo bilancio delli conti che sonno stati veduti in Tonone circa le cose délia Santa Casa , perché gioverà molto appresso Sua Santità per ottenere moite gratieH. » Sil ne tient qu'a cela, il me semble, Monsieur, que je les doy envoyer ; mais je ne puis si je ne lay, ni lavoir que par vostre moyen, que j'implore a cet effect, et vous supplie de m'aymer tous-jours et croire que, priant Dieu pour vostre santé, je demeure toute ma vie,
Monsieur,
Vostre serviteur plus humble,
Franc5, E. de Genève.
A Neci, xxiii octobre 1603.
A Monsieur
Monsieur Bonier, Conseiller de S. A. et son Advocat Patrimonial en Savoye. A Chamberi.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. J. Pearson, à Londres.
O « un petit bilan des comptes qui ont été revisés à Thonon touchant les affaires de la Sainte-Maison, parce qu'il sera très utile auprès de Sa Sainteté pour en obtenir beaucoup de faveurs. »
( 1 ) « Noble et spectable Louis Bonier, avocat patrimonial (1586) et conseiller de Son Altesse » (1608), acheta de Mgr Berliet, archevêque de Tarentaise, la seigneurie de Bonport (inféodation par patentes du 11 mars 1635). Sa femme, Anne Carra, est veuve quand elle figure en qualité de marraine le 9 juin 1613. (Note du comte de Mareschal.)
224 Lettres de saint François de Sales
A MONSEIGNEUR CHARLES BROGLIA, ARCHEVEQUE DE TURIN (r)
Affaires d'intérêt concernant la Sainte-Maison.
Annecy, 7 novembre 1603.
Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,
Non dubito punto che dal P. Cherubino haverà inteso V. S. Illma et Rma con quanta diligentia si sonno fatti i conti délia Santa Casa di Tonone per quello che di qua dei monti si è trovato. Resterebbe di far anco quelli délie cose di là delli monti. Per il che mi ha preghato il Consiglio di detta Casa di supplicar a nome suo V. S. Illma et Rma che, corne capo principalissimo délie cose di essa et Primicerio, si degni far render li conti al signor
Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,
Je ne doute point que Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime n'ait appris par le P. Chérubin avec quel soin ont été faits les comptes de la Sainte-Maison de Thonon pour ce qui a été trouvé au deçà des monts. Reste à dresser ceux qui concernent les affaires d'au delà des monts. C'est pourquoi le Conseil de ladite Maison m'a demandé de supplier en son nom Votre Seigneurie de vouloir bien, en qualité de premier supérieur et de Primicier de cette institution, faire
( 1 ) Charles Broglia, né à Chieri, de l'illustre famille des Santena, avait été appelé en 1592 à succéder sur le siège archiépiscopal de Turin au Cardinal Jérôme délia Rovere. Le duc de Savoie l'avait en grande estime; lorsqu'il devait s'éloigner de la capitale, c'est à l'Archevêque de Turin qu'il confiait la surveillance de ses quatre fils, et ceux-ci témoignaient autant de soumission et de déférence au Prélat qu'au prince lui-même. Les sollicitudes que lui donnait l'administration de son diocèse n'empêchaient pas Msr Broglia de s'occuper activement d'assurer la prospérité de l'Eglise en Chablais; non seulement il accepta le titre de Primicier de la Sainte-Maison, mais il prit vivement à cœur les intérêts de cette institution dont les débuts furent si traversés. (Archives Vaticanes, Borghese, série III, 97, d.) M*5r Broglia mourut aussi saintement qu'il avait vécu, le 22 février 1617.
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Gabaleone (0, et commandarglie di dar prima dodeci ducatoni al signor de Prissy (2), che glie sonno da detta Casa legitimamente dovuti, si corne ne testificarà detto P. Cherubino. Et sopra tutto mi diede carico detto Consiglio di ringratiare humilmente V. S. Illma et Rma délia molta carità et sollecitudine paterna che délie cose délia Casa Ella sin adesso ha ha,vuta, et pregharla che si degni continuare : che è quanto ho da scriverglie in questa occasione.
Et per -fine, glie pregho dal Signor Iddio ogni vero contento.
Di V. S. Illma et Rma,
Humilissimo servitore,
Franc0, Vescovo di Geneva.
In Annessi, alli 7 di Novembre 1603.
rendre compte à M. Gabaleone (0 et lui donner ordre de payer d'abord à M. de Prissy (2) douze ducatons qui lui sont justement dus par cette Maison, ainsi que pourra l'attester le P. Chérubin. Le Conseil m'a surtout chargé de remercier très humblement Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime de la grande charité et de la paternelle sollicitude qu'Elle a témoignées jusqu'ici pour les affaires de cette Maison, la priant de vouloir bien continuer. C'est tout ce que j'ai à vous écrire dans la circonstance présente.
En finissant, je vous souhaite du Seigneur notre Dieu tout vrai contentement.
De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Le très humble serviteur,
François, Evêque de Genève.
Annecy, le 7 novembre 1603.
( 1 ) Jean-Baptiste Gabaleone, seigneur d'Andeseno et Baldichieri, conseiller d'Etat et général des Postes, remplit des ambassades importantes en Suisse et en Angleterre; il était alors surintendant général des finances, et comme tel devait fournir les subsides alloués par le duc de Savoie à la Sainte-Maison.
(2) Le nom de M. de Pressy ou de Prissy était porté à cette époque par Claude-François Pobel.
Lettres II
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