‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 51 sur 102 · CCXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXVIII

A M. JEAN-FRANÇOIS DE BLONAY (l)

Prochain pèlerinage à Saint-Claude.

Invitation à transmettre à l'Abbé d'Abondance.

Annecy, 18 août 1604.

Monsieur, Je me res-jouis fort des bonnes nouvelles de monsieur d'Abondance et de l'establissement des Feùillans (2). Il me treuvera en toutes occasions son fort affectionné serviteur ; mais voicy un inconvénient. Je partiray irremissiblement le 23 de ce mois pour aller a Saint Claude rendre un viel vœu que j'y ay et que ma mère a fait pour moy en une de mes maladies ; le 24 j'y seray, le 25 j'y arresteray, et ne pense pas estre icy que le 27 au soir. Je deliberois de revenir a Sales, mais je change fort volontier d'advis et me treuveray icy le 27, pour y donner une chambre a monsieur d'Abondance selon nostre petitesse. Je vous prie de l'y semondre en mon nom, mais bien vivement ; et sil arrive devant moy, monsieur Deage le recevra et vous aussi. Je suis, Monsieur, Vostre confrère plus affectionné et bien humble,

Franc5, E. de Genève.

XVIII aoust 1604.

Monsieur le Vicaire (3) respond au reste. Je differerois

( 1 ) Jean-François, fils de Claude de Blonay et de Louise de Livron (cf. ci-dessus, note ( 1 ), p. 124), avait dès sa jeunesse été l'objet d'une prédilection spéciale de la part de saint François de Sales. C'est d'après ses conseils qu'il fut envoyé à l'Université d'Avignon et entra dans l'état ecclésiastique ; c'est de sa main qu'il reçut tous les Ordres (sous-diaconat : 29 septembre 1603; diaconat: 18 décembre 1604 ; prêtrise : 18 février 1606); c'est d'après les avis du Saint qu'il régla toute sa vie. M. de Blonay devint prieur commendataire de Saint-Paul en Chablais. Il mourut à Chambéry le 22 septembre 1642.

(2) Voir la lettre au Pape en date du 27 octobre de cette même année.

(3) Jean Favre, frère du célèbre président Antoine Favre, avait été d'abord chantre de l'église Notre-Dame de Bourg (cf. le tome précédent, note ( 1 ), p. 132),

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bien mon voyage, mais j'ay des autres assignations qui ne me laissent libre que ce tems-la pour le faire.

A Monsieur Monsieur de Blonnay, Prieur de S1 Paul.

Revu sur l'Autographe conservé au château de Marin (Chablais), Archives de Blonay.

puis chanoine et officiai de Saint-Pierre de Genève. Nommé vicaire capitulaire au décès de Mer de Granier, il fut maintenu par saint François de Sales dans la charge de vicaire général jusqu'à sa mort, arrivée à Chambéry le 5 septembre 1615. Le chanoine Favre posséda plusieurs bénéfices, entre autres la commende du prieuré d'Allondes dans le diocèse de Tarentaise.

A MONSEIGNEUR ANDRÉ FREMYOT, ARCHEVEQUE DE BOURGES ( l )

Obligation pour un Evêque de prêcher son peuple. — Des trois conditions nécessaires au prédicateur. — Fin qu'il doit se proposer : instruire et émouvoir. — Objet de la prédication : l'Ecriture Sainte expliquée selon les quatre sens dont elle est susceptible ; la doctrine des Pères et des Docteurs, les exemples des Saints ; interpréter le « grand livre » de la création. — Eviter les citations mythologiques. — Des comparaisons et des allégories. — Disposition des matières ; différentes méthodes à adopter selon la diversité des genres : sermons sur les mystères et les vertus, homélies, panégyriques. — La forme : du style et de l'action. — Pressante exhortation à prêcher ; rien n'est impossible à l'amour.

Sales, 5 octobre 1604.

Monseigneur,

Il n'est rien d'impossible a l'amour ; je ne suis qu'un chetif et malotru prédicateur, et il me fait entreprendre de vous dire mon advis de la vraye façon de prescher. Je ne sçai si c'est l'amour que vous me portes qui tire cette iXT 0 „

^ ^ ^ *Num.,xx, 8; Ps.

eau de la pierre *, ou si c'est celuy que je vous porte lxxvh, 16.

( 1 ) Ce Prélat, qui eut le bonheur d'être l'ami d'un Saint et le frère d'une Sainte (cf. ci-dessus, note ( 1 ), p. 263), était né à Dijon le 26 août 1573. Le président Frémyot son père lui donna pour précepteur Claude Robert, premier auteur de la Gallia Christiana, et l'envoya étudier la jurisprudence à Padoue sous le célèbre Pancirole. Tandis que les traditions de sa famille l'attiraient vers la carrière parlementaire, les dignités ecclésiastiques venaient au devant de

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qui fait sortir des roses de l'espine. Permettes-moy ce mot d'amour, car je parle a la chrestienne, et ne treuvés pas estrange que je vous promette des eaux et des roses ; car ce sont des epithetes qui conviennent a toute doctrine catholique, pour mal ageancee qu'elle soit. Je vay commencer : Dieu y veuille mettre sa bonne main.

Advis sur la vraye Pour parler avec ordre, je considère la prédication en ™£™ere e Pres~ ses qUattre causes : l'efficiente, la finale, la matérielle et la formelle ; c'est a dire, qui doit prescher, pour quelle fin l'on doit prescher, que c'est que l'on doit prescher et la façon avec laquelle on doit prescher. Qui doit prescher. Nul ne doit prescher qu'il n'aye trois conditions : une bonne vie, une bonne doctrine, une légitime mission.

Je ne dis rien de la mission ou vocation; seulement je remarque que les Evesques ont non seulement la mission,

lui. D'abord Abbé commendataire de Saint-Etienne de Dijon, et plus tard prieur de Nantua, André Frémyot, conseiller dès 1599 au Parlement de Bourgogne, entra dans les Ordres. Il n'était que sous-diacre lorsque, sur la présentation du cardinal d'Ossat, Clément VIII le préconisa archevêque de Bourges (16 juin 1603). Sacré à Paris le 6 décembre, il différa la célébration de sa première messe jusqu'au Jeudi-Saint de l'année suivante, et fut assisté à l'autel par l'Evêque de Genève. A partir de cette époque s'établit entre les deux Prélats l'étroite amitié qui nous a valu cette magnifique lettre sur la prédication, véritable chef-d'œuvre du genre (1).

Msr Frémyot favorisa l'établissement de plusieurs Communautés religieuses dans son diocèse : Capucins, Augustins, Minimes (1615), Carmélites (1617) et enfin Religieuses de la Visitation (1618). On lui doit un traité De Notis Ecclesiœ (1610), dédié à Henri IV, et divers écrits de moindre importance. Des causes politiques l'ayant obligé à résigner son archevêché (1621), il obtint en compensation les abbayes de Breteuil et de Ferrières, ainsi que le prieuré de Nogent-le-Rotrou. Quelques années plus tard (1626) il remplit une ambassade auprès d'Urbain VIII, qui l'appelait « l'ornement des églises de France. » Ce même Pontife le nomma Commissaire apostolique pour le Procès de Béatification de saint François de Sales. Après avoir passé de longues années dans la pratique de toutes les bonnes œuvres et répandu d'immenses largesses dans le sein des pauvres, M.er Frémyot mourut à Paris le 13 mai 1641, et fut inhumé dans l'église du Ier Monastère de la Visitation.

(1) On s'est longtemps demandé si cette Lettre, dont l'Autographe est actuellement introuvable, a été rédigée en français ou en latin. Aucun doute sérieux ne nous parait possible elle a certainement été écrite en français, car les délicates nuances du style de notre Saint que l'on retrouve ici trahissent manifestement un texte original. (Cf. tome 1er de cette Edition, note (2), p. lix.)

Selon toute vraisemblance, c'est aux premiers éditeurs qu'il faut attribuer l'espèce d'analyse introduite dans le texte. Nous la reproduisons sous forme de notes marginales, mais en caractères italiques afin de la distinguer des autres indications.

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mais ilz en ont les sources ministérielles, et les autres prédicateurs n'en ont que les ruysseaux. C'est leur première et grande charge ; on le leur dit en les consacrant *. * Pontificale Rom. Hz reçoivent a cet effect une grâce spéciale en la consécration, laquelle ilz doivent rendre fructueuse. Saint Paul * en cette qualité s'escrie : Malheur a moy si je * I Cor., ix, 16. iïevangeli^e. Le Concile de Trente * : « C'est, » dit il, *Ubi supra, p. 193. a le principal devoir de l'Evesque que de prescher. » Cette considération nous doit donner courage, car Dieu en cet exercice nous assiste spécialement ; et c'est merveille combien la prédication des Evesques a un grand pouvoir au prix de celle des autres prédicateurs. Pour abondans que soyent les ruysseaux, on se plaist de boire a la source.

Quant a la doctrine, il faut qu'elle soit suffisante, et n'est pas requis qu'elle soit excellente. Saint François n'estoit pas docte, et néanmoins grand et bon prédicateur, et en nostre aage, le bienheureux Cardinal Borromee n'avoit de science que bien fort médiocrement : toutefois il faisoit merveilles. J'en sçai cent exemples. Un grand homme de lettres (et c'est Erasme) a dit que le meilleur moyen d'apprendre et de devenir sçavant c'est d'enseigner ; en preschant on devient prescheur. Je veux seulement dire ce mot : le prédicateur sçait tous-jours asses quand il ne veut pas paroistre de sçavoir plus que ce qu'il sçait. Ne sçaurions-nous bien parler du mystère de la Trinité ? n'en disons rien . Ne sommes nous pas asses versés pour expliquer Vin principio de saint Jan ? laissons-le la ; il ne manque pas d'autres matières plus utiles. Il n'est pas question qu'on fasse tout.

Quant a la bonne vie, elle est requise en la façon que dit saint Paul de l'Evesque, et non plus ; de façon qu'il n'est pas besoin que nous soyons meilleurs pour estre prédicateurs que pour estre Evesques. C'est donq des-ja autant de fait : Oportet, dit saint Paul*, Episcopum *ITim.,m,3. esse irreprehensibilem (a).

Mays je remarque que non seulement il faut que

(a) Il faut que l'Evêque soit irrépréhensible.

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l'Evesque et prédicateur ne soit pas vicieux de péché mortel, mays de plus qu'il esvite certains péchés venielz, voire mesme certaines actions qui ne sont pas péché.

*De Consid., l. Il, Saint Bernard, nostre Docteur, dit ce mot* : « Nugse secularium sunt blasphemiee clericorum (b). » Un séculier peut jouer, aller a la chasse, sortir de nuict pour aller aux conversations, et tout cela n'est point reprehensible, et, fait par récréation, n'est nullement péché. Mais en un Evesque, en un prédicateur, si ces actions ne sont assaysonnees de cent mille circonstances qui malaysement se peuvent rencontrer, ce sont scandales et grans scandales. On dit : Hz ont bon tems, ilz s'en donnent a cœur joye. Allés après cela prescher la mortification ; on se mocquera du prescheur. Je ne dis pas qu'on ne puisse jouer a quelque jeu bien honneste une fois ou deux le moys par récréation ; mais que ce soit avec une grande circonspection. La chasse, elle est interdite du tout. J'en dis de mesme des despenses superflues en festins, en habitz, en livres ; es séculiers ce sont superfluités, es Evesques ce sont des

*DeMorib.,etOf- grans péchés. Saint Bernard* nous instruit disant : Cla-

fic. Episc, c. il, §7. .

* Matt., xv, 23. mant pauperes post nos * : « Nostrum est quod » expenditis, « nobis crudeliter eripitur quidquid inaniter expenditur (c). » Comme reprendrons nous les superfluités du monde si nous faysons paroistre les nostres ? iTim.,m, 2; Tit., Saint Paul dit* : Oportet Episcopum esse hospitalem (d). L'hospitalité ne consiste pas a faire des festins, mais a recevoir volontier les personnes a table, telle que les Evesques la doivent avoir et que le Concile de Trente

*Sess.xxv,deRef., détermine* : Oportet mensam Episcoporum esse frugalem(e). J'excepte certaines occasions que la prudence et charité sçavent bien discerner.

(b) « Les mêmes choses qui chez les séculiers ne sont que bagatelles deviennent blasphèmes chez des clercs. »

(c) Les pauvres crient après nous : « Ce que vous prodiguez nous appartient ; toutes vos dépenses inutiles sont un vol cruel que vous nous faites. »

(d ) Il faut que VEvcque soit hospitalier.

(e) Il faut que la table des Evêques soit frugale.

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Au demeurant, on ne doit jamais prescher sans avoir célébré la Messe ou la vouloir célébrer. Il n'est pas croyable, dit saint Chrysostome *, combien la bouche qui * Homilia xlvi (ah a receu le Saint Sacrement est horrible aux démons. Et XLV'm Joan-> s 3il est vray ; il semble qu'on puisse dire après saint Paul * : * Il Cor., un, 3. An experimentum quceritis ejus qui loquitur in me Christus({) ? On a beaucoup plus d'asseurance, d'ardeur et de lumière. Quamdiu sum in mundo, dit le Sauveur*, lux sum mundi(ë). Chose certaine, que Nostre *joan.,ix, 5. Seigneur estant en nous réellement , il nous donne clairté, car il est la lumière*. Aussi, les disciples d'Em- *ibid.,j, 9; xn, 46. maùs ayans communié, eurent les yeux ouvert^*. * Luc<e, uit., 31.

Mais au fin moins faut il estre confessé, suyvant ce que Dieu dit, au rapport de David * : Peccatori autem dixit * Ps. xux, 16. Deus : Ouare tu enarras justitias meas et assumis testamentum meum per os tuum (h) ? Et saint Paul * : * 1 Cor., ix, uit. Castigo corpus meum et in servitutem redigo, ne cum aliis prœdicaverim ipse reprobus efficiar (*). Mays c'est trop sur ce point.

La fin est la maistresse cause de toutes choses ; c'est De la fin du Preelle qui esmeut l'agent a l'action, car tout agent agit et lcaUurpour la fin et selon la fin. C'est elle qui donne mesure a la matière et a la forme : selon le dessein qu'on a de bastir une grande ou une petite mayson, on prépare la matière, on dispose l'ouvrage.

Quelle donques est la fin du prédicateur en l'action de prescher ? Sa fin et son intention doit estre de faire ce que Nostre Seigneur est venu pour faire en ce monde ; et voicy ce qu'il en dit luy mesme * : Ego veni ut vitam * Joan., x, 10. habeant, et abundantius habeantd ). La fin donques du

(f ) Est-ce que vous vouleç éprouver le Christ qui parle en moi?

(g) Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.

( h ) Mais Dieu a dit au pêcheur : Pourquoi oses-tu annoncer mes préceptes et parler au nom de ma loi?

(i) Je châtie mon corps et je le réduis en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres je ne sois moi-même réprouvé.

( j ) Je suis venu afin qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient plus abondamment.

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prédicateur est que les pécheurs mortz en l'iniquité vivent a la justice, et que les justes qui ont la vie spirituelle Vayent encores plus abondamment, se perfectionnai

* Cap. i, io. de plus en plus, et, comme il fut dit a Hieremie *, ut

evellas et destruas les vices et les péchés, et œdifices et plantes (k) les vertuz et perfections. Quand donques le prédicateur est en chaire, il doit dire en son cœur : Ego veni ut isti vitam habeant, et abundantius habeant.

Or, pour chevir de cette prétention et dessein, il faut qu'il face deux choses : c'est enseigner et esmouvoir. Enseigner les vertuz et les vices : les vertuz pour les faire aymer, affectionner et prattiquer ; les vices pour les faire détester, combattre et fuir. C'est, tout en somme, donner de la lumière a l'entendement et de la chaleur a la volonté. C'est pourquoy Dieu envoya aux Apostres, le jour de la Pentecoste, qui fut le jour de leur consécration episcopale, ayans des-ja eu la sacerdotale le jour de la

NLucae, xxn, i9. Cène *, des langues de feu **; affin qu'ilz sceussent que la langue de l'Evesque doit esclaircir l'entendement des

*Cf.s.Bern.,Serm. auditeurs et eschauffer leurs volontés*.

n in Pent., §§ 7, 8. . , ,. , . . n

Je sçai que plusieurs disent que, pour le troisiesme, le prédicateur doit délecter ; mays quant a moy, je distingue, et dis qu'il y a une délectation qui suit la doctrine et le mouvement. Car qui est cette ame tant insensible qui ne reçoive un extrême playsir d'apprendre bien et saintement le chemin du Ciel, qui ne ressente une consolation extrême de l'amour de Dieu ? Et pour cette délectation, elle doit estre procurée; mais elle n'est pas distincte de l'enseigner et esmouvoir, c'en est une dépendance. Il y a une autre sorte de délectation qui ne dépend pas de l'enseigner et esmouvoir, mays qui fait son cas a part et bien souvent empesche l'enseigner et l'esmouvoir. C'est un certain chatouillement d'oreilles, qui provient d'une certaine élégance séculière, mondaine et prophane, de certaines curiosités, ageancemens de traitz, de parolles, de

(k) Afin que tu arraches et que tu détruises... et que tu édifies et que tu plantes.

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motz, bref, qui dépend entièrement de l'artifice : et quant a celle cy, je nie fort et ferme qu'un prédicateur y doive penser ; il la faut laisser aux orateurs du monde, aux charlatans et courtisans qui s'y amusent. Hz ne preschent pas Jésus Christ crucifié *, mais ilz se preschent eux * 1 Cor., 1, 23, n, 2. mesmes. Non sectamur lenocinia rhetorum, sed veritates piscatorum*(i). IS^aSÊ;

Saint Paul * déteste les auditeurs prurientes auri- *àl» *7; s- Au8->

r Serin, lxxxvii, c.x.

bus (m), et par conséquent les prédicateurs qui leur veulent * n xim., iv, 3. complaire. Cela est un pedantisme. Au sortir du sermon je ne voudrois point qu'on dist : O qu'il est grand orateur ! o qu'il a une belle mémoire ! o qu'il est sçavant ! o qu'il dit bien ! Mais je voudrois que l'on dist : O que la pénitence est belle ! o qu'elle est nécessaire ! Mon Dieu, que vous estes bon, juste ! et semblable chose ; ou que l'auditeur, ayant le cœur saysi, ne peust tesmoigner de la suffisance du prédicateur que par l'amendement de sa vie. Ut vitam habeant, et abundantius habeant*. * vide supra, p. 303.

Saint Paul dit en un mot a son Timothee * : Prœdica Ce que U -Prédicateur doit prescher.

verbum(n). Il faut prescher la parole de Dieu. Prce- *iiEp.

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