‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 6 sur 102 · LX.s6.a · texte numérisé non relu

LX.s6.a

ma, comme dico, con amoroso et non con amaro rissentimento ; là dove io dissi quel tanto che da V. P. haveva sentito, et si quietô nelle honorevoli parole nelle quali si era comminciato il ragionamento.

Fra tanto li signori Cavaglieri di San Lazaro, sapendo ch' io portavo il Brève di Sua Santità col quale si dà authorità a Monsignor di Geneva di applicare le loro entrate che hanno nelle parrochie convertite, alla sustentatione de'curati, pastori et preedicatori, mi fan citare Lucae, xvi, 2. per render ragione délia mia villicatione * et son stato costretto di fermarmi qui sin tanto che Sua Altezza mi ha spedito ; onde spero di partire quanto prima, si per uscir fuori de questi pericoli, che in vero sonno da stimare, si anco per ritornar ail' opéra. Et di tutti li successi segnalati darô sempre conto a V. P. molto Rda, et anco di me medesimo, corne di cosa assolutamente sua. Si spera che Sua Altezza debba andar in Francia dove

tel prince, non cependant sans un affectueux ressentiment au sujet de l'évêché refusé,

« Et l'injure faite à sa beauté méprisée... demeure; » mais, comme je dis, ce fut un ressentiment affectueux et non point amer; alors je lui fis connaître ce que j'en avais appris de vous, et l'entretien se termina dans les mêmes termes honorables avec lesquels il avait été commencé.

Cependant MM. les Chevaliers de Saint-Lazare sachant que j'étais porteur du Bref de Sa Sainteté qui confère à M=p de Genève l'autorité d'appliquer à la subsistance des curés, des pasteurs et des prédicateurs les revenus qu'ils ont sur les paroisses converties, me font citer pour rendre raison de mon administration. J'ai donc été contraint de m'arrêter ici jusqu'à ce que Son Altesse me congédie; néanmoins j'espère partir au plus tôt, soit pour sortir de ces périls, qui vraiment sont à considérer, soit aussi pour retourner à l'œuvre. Je rendrai compte à Votre Paternité de tous les événements remarquables, et aussi de moi-même, comme d'une chose absolument sienne.

On espère que Son Altesse ira en France, où elle est ardemment

è aspettata con gran desiderio dal Rè, il quale a (sic)

commesso al Prencipe di Conti (O et Conte di Soys-

sons(2) che lo debbano incontrare nelli confini et con-

durlo dove si ritrovarà Sua Maestà, con tutti quelli

honori che a lei si sogliono fare, si corne la Prencipessa

di Conti (3) scrisse per latore espresso ad un suo nego-

ciatore U) che ha in questa corte. Di Turino si puol

dire : Quomodo fada est sola *, poichè ognuno fuge, *Thren., 1, r.

dal Prencipe in poi, che tuttavia dispone di uscire anco

luy (sic). In Savoya è grandissimo contagio, nella città

di Geneva et in certi luoghi vicini a Monmelliano ; il

restante è libero afatto.

désirée par le roi, qui a chargé le prince de Conti ( 0 et le comte de Soissons (2) d'aller à sa rencontre jusqu'aux frontières, et de le conduire ensuite là où se trouvera Sa Majesté, avec tous les honneurs que l'on a coutume de lui rendre à elle-même ; c'est ce que la princesse de Conti (3) écrivit par un exprès à son chargé d'affaires (4) en cette cour de Savoie. De Turin on peut dire : Comment est-elle devenue déserte? puisque chacun fuit, si ce n'est le prince qui se dispose néanmoins à sortir lui aussi. La contagion est très grande en Savoie, à Genève et dans les environs de Montmélian ; le reste est tout à fait libre.

(1) François de Bourbon, prince de Conti, souverain de Chateauregnault, chevalier des Ordres du roi, gouverneur d'Auvergne, de Paris (1595), puis du Dauphiné, était né à la Ferté-sous-Jouarre le 19 août 1558. Il suivit la carrière des armes et mourut le 3 août 1614.

(2) Charles de Bourbon, comte de Soissons et de Dreux, pair et grand maître de France, seigneur de Chastel-Chinon, etc., chevalier du Saint-Esprit, frère consanguin du précédent, était né à Nogent-le-Rotrou, le 3 novembre 1566. Pendant les guerres de la Ligue, il suivit le parti de Henri IV, commanda la cavalerie au siège de Paris (1590), servit aux sièges de Chartres (1591) et de Rouen (1592). Le comte de Soissons fut mis à la tête des troupes du roi pendant la guerre ds Savoie (1600), et fut nommé, Tannée suivante, gouverneur du Dauphiné. Il mourut le Ier novembre 1612.

(3) Jeanne de Coë'me, dame de Bonnestable et de Lucé, veuve de Louis, seigneur de Montafia, en Piémont, avait épousé le 17 décembre 1581 François de Bourbon. Elle mourut le 26 décembre i6or.

( 4 ) Probablement « Pierre Poggio, seigneur de Saix en Faucigny, » qui négociait alors au nom de la princesse de Conti et de sa fille, Anne de Montafia, la vente des terres de Montafia et de Tigliole à la couronne de Savoie. Il est qualifié « agens et generalis negociator Illustrissimarum Dominarum de Montafia. » (Turin, Archives de TArchevêché et Archives de l'Etat.)

12 Lettres de saint François de Sales

Questo per adesso mi occorre, essendo distratto per le sollecitationi ch'io fô délie cose nostre ecclesiastiche. Et in tanto bascio a V. P. le mani sacrate, prieghandola di tener memoria di me nelle sue orationi, si corne io, per debito mio, priegho continuamente il Signor nostro che a bénéficie- de molti la conservi.

Di V. P. molto Rda,

Divotissimo et humilissimo servitore, Franc0 De Sales, Praevosto di Geneva.

Di Turino, alli 17 Maïo 99.

Bascio le mani alli Rd0 P. Giovan Mattheo, suo fratello, et ambidue li Rdi PP. Thomasi ( 0 et al R. P. Anthonio ( 2) ;

C'est tout ce que j'ai à vous communiquer pour le moment, distrait comme je le suis par les poursuites que je fais pour nos affaires ecclésiastiques. En attendant je baise les mains sacrées de Votre Paternité, en la priant de se souvenir de moi dans ses prières, comme pour acquitter ma dette de reconnaissance, je prie continuellement Notre- Seigneur qu'il la conserve pour le bien d'un grand nombre. De Votre très Révérende Paternité,

Le très dévoué et très humble serviteur, François de Sales,

Prévôt de Genève.

De Turin, le 17 mai 1599.

Je baise les mains au R. P. Jean-Matthieu, votre frère, aux deux RR. PP. Thomasi 1) etauR. P. Antoine (2), et si l'occasion se présente

( 1 ) Ces « deux Pères Thomas » devaient être Thomas Bozio et Thomas Galletti. Le premier, natif de Gubbio (Ombrie), était entré à l'Oratoire vers 1570. On lui doit plusieurs ouvrages, entre autres : De Ecclesice signis, De Ruinis Gentium et Regnorum, De antiquo et novo Ilaliœ statu, etc., ces deux derniers contre Machiavel. Thomas Bozio composait une Vie du bienheureux Ancina quand la mort le surprit le 9 décembre 1610.

Thomas Galletti avait été l'un des compagnons de Tarugi dans la fondation de TOratoire de Naples. Dans la suite, il quitta la Congrégation.

(2) Antoine Gallonio, l'un des plus chers disciples de saint Philippe de Néri, fut le premier à écrire la Vie de ce Saint. Il composa encore divers autres ouvrages, notamment un traité fort curieux sur les supplices infligés aux Martyrs, Le1 P. Gallonio mourut err 1605/

Année 1599 13

et occorrendo di tenerme nella memoria di Monsignor l' Illustrissimo Cardinale vostro (O 1' haverô per summo favore.

Al Molto Rdo Padre et Sigr mio in Christo colendissimo, Il P. Giuvenale Ancina, Theologo délia Congregatione dell' Oratorio. Roma.

Revu sur l'Autographe conservé au Pensionnat de Sainte-Ursule, à Parme.

ce serait pour moi une grande faveur de me rappeler au souvenir de M*r votre Illustrissime Cardinal ( 1 }.

A mon très Révérend Père et très honoré Seigneur en Jésus-Christ, Le P. Juvénal Ancina, Théologien de la Congrégation de l'Oratoire. Rome.

( 1 ) Le Cardinal César Baronius.

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