‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 7 sur 102 · AU CHEVALIER JOSEPH DE RUFFIA · texte numérisé non relu

AU CHEVALIER JOSEPH DE RUFFIA

Invitation à se rendre en Chablais.

Turin, 21 mai 1599.

Molto Illustre Signore,

Il signor Praesidente di Rochetta è in Savoia, et io vi sarô presto, volendo Iddio. Restarà che anco V. S. molto Illustre non tardi a venire per spedire quel tanto

Très Illustre Seigneur, M. le président de Rochette est en Savoie, et moi-même j'y serai bientôt, s'il plaît à Dieu. Il reste que Votre très Illustre Seigneurie, de son côté, ne tarde pas à s'y rendre, afin de terminer ce qui concerne

( 1) Joseph Cambiano, seigneur de Ruffîa, Lisio, Perlo et Malpotremo, était fils aîné de Jean-Baptiste, conseiller et majordome du duc de Savoie, et de

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che tocca al servitio d' Iddio et délie anime in quelli balliagii di Thonone et Ternier, già che, per quanto vedo, V. S. molto Illustre è nominata per esser praesente all'essecutione del Brève délia Sede Apostolica.

Supplico adunque V. S. che si degni considerare che tanto è in questa occurrentia la ritardatione dell' opra quanto la destruttione, poichè essendo gl'operatori senza provisione, non possono star cosi se non brevissimo tempo. Onde è ubligatissima in conscientia di non tardare a venire, poichè dalla sua venuta dipende il negotio et senza lei non si puô far altro. Si ricordi che questo è servitio d1 Iddio, nel quale la negligentia è maledittione*; Jerem.,xLvm, 10. et mi perdoni se io con questa libertà l'invito a venire senza indugio, perché cosi mi sento ubligato di fare, et stimo di trattare con un signore tanto giuditioso, che conoscerà bene la nécessita che preme. Et per tanto ardisco di replicare che , lasciate da banda tutte le

le service de Dieu et des âmes dans ces bailliages de Thonon et Ternier, puisque je vois que Votre très Illustre Seigneurie a été nommée pour assister à l'exécution du Bref du Siège Apostolique.

Je supplie donc Votre Seigneurie de daigner considérer que, dans cette conjoncture, le retard de l'œuvre équivaut à sa ruine ; car les ouvriers se trouvant sans provision, ne peuvent demeurer ainsi que fort peu de temps. Il en résulte que Votre Seigneurie est absolument obligée en conscience de venir sans retard, puisque de son arrivée dépend le succès de l'entreprise, et que, sans Elle, on ne peut rien. Veuillez vous rappeler qu'il s'agit ici du service de Dieu, dans lequel toute négligence attire la malédiction, et me pardonnez si avec tant de liberté je vous invite à venir sans délai, car je me sens obligé d'agir ainsi. D'ailleurs, j'estime traiter avec un personnage si judicieux qu'il reconnaîtra facilement l'urgence de la nécessité. C'est pourquoi je m'enhardis à répéter que, laissant de côté toute

Lucrèce de Saluées de la Manta. On le trouve mentionné en 1573 comme grand prieur et receveur général de l'Ordre des Saints Maurice et Lazare dans les bailliages du Piémont. Une patente de 1595 lui donne le titre de Grand Croix du même Ordre. Le chevalier Ruffia fut général d'artillerie (5 octobre 1580) et chargé par son souverain de négociations importantes. 11 composa des Mémoires publiés sous le titre d'Historico discorso (Historien batrice monumenta. Scriptores, t. I).

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considerationi, o di contaggii o di altri impedimenti, V. S. è ubligatissima di venire quanto prima dove io vado aspettarla, con animo di restare, et là et dovunque io mi ritrovarô giamai,

Di V. S. molto Illustre, Affettionatissimo et humilissimo servitore nel Signore,

Franc0 De Sales, Prsevosto di Geneva.

Torino, dove io glie pregho dal Signore la félicita seterna. Alli 21 Maio, 99.

Al Molto Illre Sigre mio osservandissimo, Il Sigr di Ruffia, Gran Priore délia Religion delli Su Mauritio et Lazaro in Piemonte, Consegliere di Stato et Générale délia artiglieria di S. A. S.

Ruffia.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de la Grande Maîtrise des Saints Maurice et Lazare.

considération, soit d'épidémie contagieuse, soit d'autres empêchements, Votre Seigneurie est absolument obligée de se rendre au plus tôt où je vais l'attendre moi-même, avec la volonté de demeurer à jamais, là et partout où je me trouverai, De Votre très Illustre Seigneurie, Le très affectionné et très humble serviteur dans le Seigneur,

François de Sales,

Prévôt de Genève.

Turin, d'où je vous souhaite du Seigneur le bonheur éternel* Le 21 mai 1599.

A mon Illustrissime et très honoré Seigneur, M. de Ruffia, Grand Prieur de l'Ordre des Saints Maurice et Lazare en Piémont,

conseiller d'Etat et général de l'artillerie de Son Altesse Séréni9sime.

Ruffia.

i6 Lettres de saint François de Sales

A M. ANTOINE d'aVULLY Réclamation d'une somme due à M. de Boisy.

Sales, 25 juillet 1599.

Obliges moy, je vous supplie, de tant, outre tant de devoirs que je vous auray toute ma vie, que de me faire sçavoir si mon père se pourra promettre quelque pa}rement ou du tout ou d'une partie de la somme qu'il a sur l'hoirie de feu monsieur le baron d'Hermence (T) en ceste nécessité qu'il en a maintenant. Ceste sollicitation m'est imposée pour la contribution du soin que je dois aux affaires de mon père, et ne m'en pourroit arriver de plus ennuyeuse. Elle le seroit toutefois encor plus si je n'estois tout seur que vous voudres bien vous représenter la justice du désir que peut avoir un créancier de se servir du sien en son besoin, et un fllz, de servir a la raysonnable volonté de son père.

Monsieur, je prie Dieu de tout mon cœur pour vostre prospérité, et vous supplie croire que vous ne sçauries donner crédit vers vous a l'intercession d'homme du monde qui soit plus entièrement et fermement, Monsieur,

Vostre très humble [serviteur], Franc3 De Sales, Praevost de Genève.

A Sales, ou tous vous saluent humblement, et madame vostre partie avec toute vostre famille; le 25 julliet 99.

A Monsieur Monsieur d'Avully.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mlle Vuy , à Carotlge (canton de Genève).

( 1 ) M. d1Avully, l'un des héritiers de son beau-frère le baron d'Hermance, avait à sa charge le devoir d'acquitter une partie des dettes dont était grevée cette succession.

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A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICGARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

Retard que les Chevaliers des Saints Maurice et Lazare apportent à l'exécution du Bref apostolique. — Activité des Genevois pour entraver les conversions. — Persévérance des convertis; grâces qu'ils reçoivent de Dieu. — Demande de diverses faveurs.

Chambéry, 24 août 1599.

Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,

Fra moite ragioni per lequali la difficoltà dei passi ci è dannosa, a me particolarmente par di gran nocumento che per questo siamo privi délia consolatione délie lettre di V. S. Ill,na et Rma, et anco di potergliene inviare cosi facilmente dal canto nostro corne dovressimo et desideriamo.

Potendo adesso scrivere per ritrovarme qui in Chiamberi, dirô a V. S. Illma et Rrna che le cose délia conversione in Chiablais et al tri balliaggi, si corne non vanno in dietro, cosi non vanno ne anco molto inanzi, perché il progresso dipende delli servitii et essercitii catholici, liquali non si ponno fare con quella decentia et splendore

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Parmi les nombreuses raisons pour lesquelles la difficulté des passages nous est préjudiciable, il me semble que la plus importante est que nous sommes privés de la consolation de recevoir des lettres de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime et que, de notre côté, nous ne pouvons lui en expédier aussi facilement que nous le devrions et désirerions.

Me trouvant maintenant à Chambéry, je puis écrire à Votre Seigneurie, et lui dire que si bien les affaires de la conversion du Chablais et des autres bailliages ne reculent pas, de môme aussi n'avan- Cent-elles pas beaucoup ; car le progrès dépend des offices et des exercices du culte catholique qui, faute d'argent et d'autres moyens

Lettres II -»

18 Lettres de saint François de Salf.s

che converria in questi principii, per mancamento de denari et altri mezzi necessarii ; poichè ne anco li sacerdoti stabiliti in quelle parti hanno le provisioni necessarie alla necessaria sustentatione, si che se Monsignor Rmo Vescovo non li havesse incantati con varie lusinghe et belle parole, non cie ne saria restata la mezza parte. Il che avviene perché Sua Altezza Serenissima havendo deputati il signor primo Présidente di questo Senatol1) et il signor cavaglier di Ruffia, per assistenti di Monsignor Vescovo neir assignatione da farsi délie portioni necessarie alli curati sopra li beneficii delli balliagii, secondo 1' ordine délia Santa Sede, detto Cavagliere, il quai doveva venire subito quando io partii di Turino, non è mai comparso. Et non si puô negare che in ciô non vi sia colpa, o di estrema negligentia, o di affettata ritardatione per mantenere l' indebita possessione de' Cavaglieri circa quelli beneficii, delli quali se ben si va cavando parte dell' entrata per l'essercitio catholico, la cosa tuttavia si fa con tanta incommodità che non riesce. Et dell'altro canto, non mancano li Genevrini et altri

nécessaires, ne peuvent se faire avec la décence et l'éclat qui seraient convenables dans ces commencements. Et même les ecclésiastiques établis de ces côtés n'ont pas les provisions strictement requises à leur entretien ; de sorte que si Mffr notre Révérendissime Evêque ne les avait charmés par des caresses et de belles paroles, il n'en serait pas resté la moitié. La cause de ceci est que Son Altesse Sérénissime ayant député M. le premier Président du Sénat (0 et M. le chevalier de Ruffia pour assister à la répartition que Msr l'Evêque doit faire, selon l'ordre du Saint-Siège, des parts nécessaires aux curés, prises sur les bénéfices des bailliages, le susdit chevalier, qui, lorsque je partis de Turin, devait venir immédiatement, n'a jamais paru. Et l'on ne peut nier qu'il ne soit coupable en cela, ou d'une extrême négligence, ou d'un retard affecté pour maintenir l'injuste possession des Chevaliers relativement à ces bénéfices ; bien que l'on retire une partie du revenu pour l'exercice du culte catholique, cela se fait cependant avec tant de difficulté que la chose ne peut réussir. D'autre part, les Genevois et d'autres ennemis des environs ne

(i) Charles de Rochette. Voir ci-devant, Lettre cxxiv, p. 13.

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nemici vicini di opporsi al progresso délia santa negotiatione con spargere diverse minaccie et rumori di guerra, con spargere anco libri et scritti, et mandare secretamente spioni et corruttori délie anime fra quelli popoli ; et in ogni modo la loro diligentia nel maie riprende la negligentia delli Catholici nel bene. Et tuttavïa è verissimo che delli convertiti nessuno ha mai fatto segno di voltarsi adietro, et sempre si vanno fortificando nella fede et convertendosi alcuni delli ostinati che erano rimasti neirhaeresial1). Et è cosa chiara che il Signor Iddio ricerca da noi grandissima diligentia et zelo nell'adoprarsi in questa impresa, poichè egli va etiamdio facendo in quelle bande certe gratie che si ponno chiamar piccoli, anzi grandi miracoli, si comme, havendone più particolar certezza, ne darô raguaglio a V. S. IHm\

Aspetto con gran desiderio Testentione délia facoltà di assolvere gY hseretici extra sacr ciment alem confessionem, perché cie n' è nécessita, et anco avviso délia risolutione che si sarà pigliata Sua Santità circa la

manquent pas de s'opposer au progrès de la sainte négociation en répandant des menaces et des bruits de guerre. Ils répandent aussi des livres et des écrits, et envoient secrètement parmi ces populations des espions et des corrupteurs d'âmes ; et en toute façon, leur diligence pour le mal condamne la négligence des Catholiques pour le bien. Cependant il est très vrai que parmi les convertis aucun n'a jamais fait mine de regarder en arrière ; toujours ils se fortifient dans la foi, tandis qu'il s'en convertit d'autres qui étaient des plus obstinés dans l'hérésie l1). 11 est évident que Dieu demande de nous une très grande diligence et un grand zèle à nous employer à cette entreprise, car il accorde dans ces pays certaines grâces que l'on pourrait appeler de petits, ou plutôt de grands miracles, comme j'en donnerai connaissance à Votre Seigneurie Illustrissime lorsque j'en serai plus sûrement informé.

J'attends avec un grand désir l'extension en dehors de la confession sacramentelle de la faculté qui m'est concédée d'absoudre les hérétiques, car cela est nécessaire. J'attends aussi l'annonce de la décision que Sa Sainteté aura prise relativement à la mission des

(1) Parmi ces nouveaux convertis les plus marquants étaient l'avocat Claude de Prez et son fils Antoine, Maurice de Brotty et les deux frères Joly.

ma

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