‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 8 sur 102 · XXVII · texte numérisé non relu

XXVII

missione de' Padri Giesuiti, délia quale V. S. IH'na et R! toccava quando io giie basciai le mani appresso Chieri. Veramente, se nella risolutione délia pace si farà un sforzo in far splendidamente rilucere l' essercitio et dottrina catholica in questi paesi, son certo che videbimus

• Joan., xi, 40. gloriam Dei* et che in questo Giubilaeo forse si restituiranno le possession/ alli antichi padroni, secondo

Levit., xxv, 10,13; la Legge *, perche si vede chiaro che quel tanto di resistentia che li ministri Genevrini fanno, non nasce tanto d' animo o cuore che glie resti, quanto di rabbia et disperatione ; et se li premeremo un poco gagliardamente, saranno spediti, et il popolo loro, già stracco délie loro ciancie , facilmente darà orecchio alla verità. Intendo che il P. Cherubino fa buona sollecitatione appresso Sua Santità, et pare ch' Iddio habbia disposto il cuore del suo Vicario ad attendere a questa nécessita.

Monsignor di Geneva è in Tonone, ne ardisce di lasciarlo sin tanto che le cose siano stabilité et saldate ; ciè anco con lui il P. Bernardino Castorio, Jesuito(0. Io son

PP. Jésuites, dont Votre Seigneurie me parla quand je lui baisai les mains près de Chieri. Vraiment, si dans la conclusion de la paix on fait un effort pour faire resplendir l'exercice du culte et la doctrine catholique en ce pays, je suis sûr que nous verrons la gloire de Dieu et que peut-être, selon la Loi, les possessions seront, pendant ce Jubilé, restituées à leurs anciens maîtres ; car on voit clairement que toute la résistance faite par les ministres Genevois provient moins du courage ou de l'ardeur qui leur reste que de rage et de désespoir ; en sorte que si nous les pressons un peu énergiquement, c'en est fait d'eux, et leur peuple, déjà fatigué des sornettes qu'ils débitent, prêtera facilement l'oreille à la vérité. J'apprends que le P. Chérubin sollicite avec zèle Sa Sainteté, et il paraît que Dieu a disposé le cœur de son Vicaire à s'occuper de cette nécessité.

Mgr de Genève est à Thonon, et il n'ose en partir jusqu'à ce que les choses soient établies et solidement affermies ; le P. Bernardin Castorio Jésuite (O est aussi avec lui. Je suis venu ici pour le procès de

(1) Le P. Bernardin Castorio, né à Sienne en 1543, était entré dans la Compagnie de Jésus en 1559, et avait fait à Lyon la profession des quatre vœux le 5 août 1584. Il enseigna la philosophie et la rhétorique, fut recteur de Lyon, puis du Collège germanique à Rome, où il mourut le 15 mars 1634.

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venuto qui per la lite del benefitio di Bornando (* ), il quale essendomi stato concesso per gratia di V. S. Illma et Rm% vien occupato da altri senza titolo, et spero che fra poco me ne vederô liberato.

Non voglio perdere il possesso, quale sin adesso mi son conservato, di farglie sempre qualche richiesta. Ci sonno certi poveracci quali hanno havuto copula carnale et contratto sponsalitio ; et credendo di venir in matrimonio, si è scoperto che erano in terzo et quarto gradu consangninitatis , il che sin alhora non sapevano. Et perché parmi che V. S. Illma et Rma habbia facoltà di assolvere et dispensare per tali matrimonii, massime fra poveri,iosupplico V. S. Illma si degni usargli questa gratia. Li loro nomi sonno : Claudio Fenolando, da una parte, et Perneta Mermillioda dall'altra; quello, délia parrochia Thorentii, et questa, Rupis, di questa diocesi ambidue.

Mi perdoni V. S. Illma et Rma se io eccedo le regole di modestia in scriverglie con tante importunità , perché veramente non ho altro da chi ricorrere senon alla sua bontà, laquale ha usata meco tante volte ch' io non ne sô

la cure du Petit-Bornand (0, laquelle m'ayant été accordée par la faveur de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, est occupée par d'autres sans titre, et j'espère que dans peu je me verrai délivré de ces compétiteurs.

Je ne veux point perdre le droit que je me suis réservé jusqu'ici de vous faire toujours quelque demande. Il s'agit de pauvres gens qui ont ... échangé des promesses de mariage ; voulant ensuite en venir à l'exécution, on a découvert qu'ils étaient parents au troisième et quatrième degré, ce qu'ils n'avaient pas su jusqu'alors. Et parce qu'il me semble que Votre Seigneurie a le pouvoir d'absoudre et de dispenser pour tels mariages, surtout entre les pauvres, je la supplie de daigner leur faire cette grâce. Leurs noms sont Claude Fenoland, d'une part, et Pernette Mermillod de l'autre ; celui-là de la paroisse de Thorens, et celle-ci de La Roche, tous les deux de ce diocèse.

Que Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime me pardonne si j'outrepasse les règles de la discrétion en lui écrivant avec tant d'importunité, car je n'ai vraiment personne à qui recourir sinon

(1) Voir tome XI de cette Edition, note (1), p. 328.

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più fare difficoltà. Non lasciarô di domandarglie ancora avviso délia mente di Sua Santità circa la riformatione delli monasterii di Savoya, opra necessaria quanto possa essere.

Priegho poi il summo Iddio di conservar V. S. Illma a gloria del suo santo nome et utilità délia santa Chiesa, et facendoli humilissima riverentia con basciarli le sacrate mani, resto seternamente,

Di V. S. Illma et Rma,

Divotissimo et ubligatissimo servidore, Franc0 De Sales, Praevosto di Geneva.

In Chiambri, alli 24 Agosto 99.

Per esser li passi di Roma chiusi, supplico V. S. Illma di commandare che si invii il plico qui giunto.

Airillmo et Revermo Sigr Padron colendissimo, Monsigr TArcivescoùo di Bari, Nuntio Apostolico appresso S. A. Serenma. Vigliano.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives Vaticanes.

à sa bonté ; Elle me l'a témoignée tant de fois que je ne puis faire difficulté de la réclamer. Je ne laisserai pas de vous demander encore quelle est l'intention de Sa Sainteté touchant la réforme des monastères de Savoie, œuvre nécessaire autant qu'il se peut dire.

Je prie Dieu de conserver Votre Seigneurie pour la gloire de son saint nom et l'utilité de la sainte Eglise, et lui faisant très humble révérence en baisant ses mains sacrées, je demeure éternellement, De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime,

Le très dévoué et très obligé serviteur, François de Sales,

Prévôt de Genève.

A Chambéry, le 24 août 1599.

Les passages de Rome étant fermés, je supplie Votre Seigneurie Illustrissime de faire expédier le pli ci-joint.

A l'Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Monseigneur l'Archevêque de Bari, Nonce Apostolique auprès de Son Altesse Sérénissime. — Vigliano.

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AU MÊME

Réception de deux lettres du Nonce. — Eloge de M>r de Vienne. — Largesses du duc de Savoie; son projet d'établir un collège de Jésuites à Thonon. — Prochaine arrivée de ces Religieux. — Détails matériels.

Thonon, 23 septembre 1599.

Illustrissime* et Reverendissimo Signor mio colendissimo,

Hebbi due lettere da V. S. Illma et Rma, una per mano di Monsignor Rmo di Vienna, del 31 di Agosto, et l'altra per viadi Monsignor di Tarentasa (0, del 1 di Settembre. Et quanto alla prima, con ogni prontezza starô a servir detto Monsignor Rmo di Vienna dovunque mi voglia commandar ; et quanto ad informarlo del stato délie cose, io l'ho fatto sin adesso et farô tuttavia più con

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, J'ai reçu deux lettres de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime : l'une du 31 août, par MgT le Révérendissime de Vienne, et l'autre du Ier septembre, par l'entremise de M-r de Tarentaise (0. Quant à la première, je me mettrai avec toute diligence au service de Mgr de Vienne pour tout ce qu'il voudra me commander ; et quant à l'informer de l'état des choses, je l'ai fait jusqu'à présent et je le ferai toujours plus avec une entière fidélité ; mais c'est un Prélat

(1) Jean-François Berliet, seigneur de Chiloup et de La Roche, baron du Bourget, avait été, avant son entrée dans la cléricature, conseiller d'Etat de Son Altesse (1577) et premier président de la Chambre des Comptes de Savoie (1578). Ses souverains l'honorèrent toujours de leur confiance et le chargèrent de plusieurs missions très importantes soit en Piémont, soit auprès de la république de Berne. Il fut nommé archevêque de Tarentaise le 8 novembre 1598; mais ayant dû accompagner le duc Charles-Emmanuel à Paris et y demeurer en qualité d'ambassadeur, il ne se rendit dans son diocèse, dont il avait pris possession par procureur, que le 22 février 1601. M>rr Berliet fut un pasteur zélé et vigilant ; il se dévoua avec zèle aux intérêts de son peuple et mourut à Moûtiers le 2 janvier 1607.

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molta fedeltà ; ma è Prselato di tanto valore et prudentia, che volgendo 1' occhio d'ogni intorno, da se stesso scuopre et pénétra sin nelle midolle del negotio.

Sia laudato Iddio che queste occasioni occurrano nel pontificato di un Papa di tanto zelo, nella nunciatura di V. S. Illma, et che sia commesso un Prselato di tanto senno corne è Monsignor di Vienna (0, quale, per la molta esperienza délie manière nostre oltramontane, è singolarmente atto. Egli adunque glie manda la sua informatione (2), oltra alla quale non mi occorre altro se non che le cose vanno assai bene di qua et si sperano molto maggiori progressi, massime vedendo che Sua Beatitudine se le piglia a petto et ci vuol aiutare, cosa délia quale ciè grandissimo bisogno. Ne si potrà mai far tanto che meglio non fosse di fare più, per sradicar l' infelice

de tant de mérite et de prudence, que, jetant les yeux autour de lui, il découvre par lui-même et pénètre jusqu'aux moelles de l'affaire. Dieu soit loué de ce que ces événements se rencontrent sous le pontificat d'un Pape si zélé, pendant la nonciature de Votre Seigneurie, et que l'information soit confiée à un Prélat doué de tant de sagesse comme est Ms'r de Vienne (0, qui, par la grande expérience qu'il a de nos mœurs ultramontaines, en est singulièrement capable. 11 vous envoie donc son rapport (2), après lequel il ne me reste plus rien à dire, sinon que les choses vont assez bien ici, et que l'on espère de plus grands progrès à l'avenir, surtout en voyant que Sa Sainteté les prend à cœur et veut nous aider, ce dont nous avons un très grand besoin. On ne pourra jamais faire si bien qu'il ne soit mieux de faire

( i ) Vespasien Gribaldi, archevêque démissionnaire de Vienne en Dauphiné, avait été délégué par Clément VIII afin d'informer sur les mesures à prendre pour l'établissement de la Sainte-Maison. Ce Prélat, natif de Chieri en Piémont, était venu s'établir en France, où il fut pourvu de quatre abbayes avant d'être élevé sur le siège métropolitain de Vienne (1567). Cinq ans plus tard il résignait cet archevêché pour se retirer dans son pays natal, d'où nous le voyons revenir en Chablais. Il se fixa dans la petite ville d'Evian et se lia d'une étroite amitié avec l'Apôtre de la région. C'est des mains de M^ Gribaldi que saint François de Sales reçut la consécration épiscopale (8 décembre 1602)c'est à son dévouement qu'il confia plusieurs fois les intérêts de la Sainte- Maison. Msr Gribaldi mourut le 21 février 1623, à un âge très avancé.

( 2 ) Ce rapport a été inséré dans le tome VI des Mélanges d'archéologie et iV histoire, publiés par l'Ecole française de Rome, 1886.

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albero, il quale, stendendo in tante parti del Christianesimo le velenose foglie, sta perô quivi vicino radicato et piantato. Cosi fia a di nostri che si possa dire : Jam securis ad radicem posita est *. * Matt., m, 10.

Perché (sic) non comparendo il signor cavaglier Rufia, non si è potuto essequire il Brève di Sua Santità sin adesso ; per questo, et per altri importantissimi negotii, Mon signor Rmo Vescovo nostro si parti Domenica passata per andarsene alla volta di Annessi, credendo di passar quindi in Chiamberi per trattar con Sua Altezza Serenissima acciô si finisca horamai quello negotio fondamentale per questa opéra, et che li curati, huomini di pezzo (sic) che qui s'affaticano, non habbino più quelle incommodità et bisogni che sin adesso han patito. Ma incontrando^ per strada il signor Governatore di questa provincia (0 insieme con monsieur d'Avulli, liquali gli hanno dato nuova del dono di dodeci millia scudi dati da Sua Altezza per riscuotere il priorato di Sant' Hipolito di questa terra, con altri béni ecclesiastici per dotar il collegio già destinato de1 Reverendi Padri Giesuiti,

davantage encore pour déraciner l'arbre maudit, qui, étendant sur tant de parties du christianisme ses feuilles vénéneuses, est planté et enraciné tout près d'ici. Plaise à Dieu qu'on puisse dire en nos jours : Déjà la cognée est posée à la racine.

M. le chevalier Ruffia ne paraissant pas, le Bref de Sa Sainteté n'a pu être jusqu'ici mis en exécution. Pour cette raison et d'autres affaires très importantes, Msr notre Révérendissime Evêque prit Dimanche dernier la route d'Annecy, comptant passer de là à Chambéry, afin de traiter avec Son Altesse Sérénissime et terminer une bonne fois la négociation fondamentale de cette œuvre, en sorte que les curés, hommes de mérite qui se fatiguent ici, n'aient plus à souffrir les privations et les nécessités qu'ils ont endurées jusqu'à présent. Mais ayant rencontré en route M. le Gouverneur de cette province ( * ) avec M. d'Avully, il reçut l'annonce du don de douze mille écus fait par Son Altesse pour racheter le prieuré de Saint-Hippolyte de cette ville, ainsi que plusieurs autres biens ecclésiastiques, afin de renter

( 1 ) Pierre-Jérôme de Lambert.

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onde egli è ritornato per farne fare la cessione alli possessori et spedir il negotio ; il che havendo fatto molto bene, parte domani per la prima impresa, lasciandome qui, si per praedicar, già che non ciè altro predicatore, si anco per darglie raguaglio délie occurrentie et servire Monsignor di Vienna.

Scrivo al P. Provinciale de' Giesuiti (x) per affretar la venuta delli sei Padri che Sua Santità vuole mantenere a spese sue, et son certissimo che li haveremo al principio del mese futuro ; cosa di moltissima consolatione per li pastori et per il popolo. Onde fia bisogno che senza indugio si mandino li denari in Chiamberi al P. Rettore del collegio, chiamato P. Stephano Bartolone (2), il quai poi li mandarà qui senz' altro. Questo sarà di giovamento singolarissimo per dar principio al collegio disegnato da

le collège déjà destiné aux RR. PP. Jésuites. C'est pourquoi il est revenu ici pour faire exécuter cette cession aux propriétaires et terminer la négociation ; l'ayant heureusement achevée, il part demain pour effectuer son premier dessein, et me laisse ici soit afin de prêcher, puisqu'il n'y a pas d'autre prédicateur, soit pour l'informer de ce qui peut survenir, et servir M=r de Vienne.

J'écris au P. Provincial des Jésuites (0 pour hâter la venue des six Pères que Sa Sainteté veut entretenir à ses frais ; je suis sûr que nous les aurons au commencement du mois prochain, ce qui sera une grande consolation pour les pasteurs et pour le peuple. Il est donc nécessaire que l'on envoie sans retard l'argent à Chambéry, au P. Recteur du collège, appelé P. Etienne Bartoloni (2), qui l'enverra ensuite ici sans autre délai. Ce sera un singulier avantage pour

( i ) Le P. Jean Gentil, alors provincial de Lyon. Né à Dijon le 8 septembre 1551, il avait été l'un des premiers élèves du collège de Clermont à Paris (1564), d'où il ne tarda pas à passer au noviciat de Billom; il fut ensuite régenta Paris, fit son cours de théologie à Milan en compagnie du P. Coton, et le continua à Rome sous Suarez. Après l'émission de ses vœux solennels (5 août 1590), le P. Gentil dirigea à plusieurs reprises le collège de Dijon et fut neuf ans provincial de Lyon. Il mourut dans sa ville natale en odeur de sainteté le 13 septembre 1623.

(2) Etienne Bartoloni, né en 1555, était entré dans la Compagnie de Jésus à l'âge de vingt ans, et fit profession des quatre vœux le 5 mai 1602. Il enseigna la grammaire, la logique et la philosophie, fut recteur de Chambéry et de Billom, et mourut le 16 octobre 1612.

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Sua Altezza, sin tanto che sia perfettamente stabilito et di edifitii et d' altre commodità senza lequali non si puô dar cosi presto di mano ne aile lettioni, ne ad altri essercitii necessarii ; ma verra supplita intanto la defettuosità con questa opportunissima missione. È vero che il P. Bernardino Castorio, il quale havendo predicato qui un pezzo parti la settimana passata, et è pur ritornato con Monsignor Rmo et se ne parte anco domani insieme con Sua Signoria Rma, mi ha detto che non solo saria bisogno di haver li denari nello istesso tempo che giungeranno qui li Padri délia missione, ma sarebbe espediente che cie ne fosse prima per farglie il viatico dalli luoghi di donde partiranno sin qui.

Non scriverô per ancora a V. S. Illma circa le circostanze necessarie da sapersi per la supplica praesentata da me concernente le prsebende theologali, per non haver ne in carta, ne in memoria quante siano le badie et monasterii atti a supportar questa spesa ; ma essendo Monsignor Rmo in Annessi me ne mandarà essatta instruttione cavata dalli suoi libri di visita, et io subito ne darô distintissimo raguaglio a V. S. Illma et Rma, la quale io

ouvrir le collège projeté par Son Altesse, jusqu'à ce qu'il soit parfaitement pourvu de bâtiments et autres ressources, sans lesquelles on ne peut si tôt commencer les leçons et les autres exercices ; mais en attendant, la mission établie si à propos y suppléera. Le P. Bernardin Castorio, après avoir longtemps prêché ici, partit la semaine passée ; il est ensuite revenu avec M°r le Révérendissime et repart encore demain avec Sa Seigneurie. Ce Père m'a dit, il est vrai, que non seulement il faudrait avoir l'argent au moment de l'arrivée des Pères de la mission, mais qu'il serait bon d'en avoir d'avance pour fournir aux frais de voyage depuis le lieu de leur résidence jusqu'ici.

Je n'écrirai pas encore à Votre Seigneurie Illustrissime touchant les particularités nécessaires à connaître pour la supplique que j'ai présentée relativement aux prébendes théologales ; car je n'ai conservé ni dans mes papiers ni dans mes souvenirs le nombre des abbayes et des monastères capables de supporter cette dépense ; mais M-r le Révérendissime étant à Annecy m'en enverra l'indication exacte, tirée de ses livres de visite, et aussitôt j'en donnerai un compte-rendu détaillé

28 Lettres de saint François de Sales

supplico di perdonarme s' io glie scrivo cosi sconciatamente per esser distratto a moltissimi negotii.

Et prieghando Iddio Signor nostro che le dia la pienezza délie sue gratie per consolatione de molti, et in particolar di questa provincia, le bascio humilissimamente le reverendissime mani.

Di V. S. Illma et Rma,

Divotissimo servitore,

Franc0 De Sales, Praevosto di Geneva.

In Tonone, alli 23 di Settembre 99.

Supplico a V. S. Illma di perdonarmi s'io ardisco di inviare l' alligata a Roma per mezzo suo, non havendo altro modo per la difficoltà de'passi.

AU' Illmo et Revermo Sigr Padron mio colendissimo, Monsigr l'Arcivescovo di Bari,

Nuntio Apostolico appresso S. A. S.

Mondovi.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives Vaticanes.

à Votre Seigneurie, que je supplie de vouloir bien me pardonner si, étant distrait par une multitude d'affaires, je lui écris si mal.

C'est en priant Dieu notre Seigneur de vous accorder la plénitude de ses grâces pour la consolation de plusieurs, et en particulier pour celle de cette province, que je baise très humblement vos mains vénérées.

De Votre Seigneurie Illustrissime et Reverendissime,

Le très dévoué serviteur, François de Sales,

Prévôt de Genève.

A Thonon, le 23 septembre 1599.

Je supplie Votre Seigneurie Illustrissime de me pardonner si j'ose expédier à Rome par son entremise la lettre ci-jointe , n'ayant d'autre moyen à cause de la difficulté des passages.

Bonne harmonie qui règne entre' l'Archevêque de Vienne et TEvèque de Genève. — Espérances que fait concevoir le collège des Pères Jésuites.

Thonon, 26 septembre 1599.

Monseigneur,

Suyvant le commandement que monsieur d'Avulli m'a porté de la part de Vostre Altesse de maintenir Monseigneur le Rme Evesque de Genève en bonne intelligence avec Monsieur l'Archevesque Gribaldo, envoyé par nostre Saint Père, il m'a semblé que je devois l'asseurer qu'il ne s'est jamais rien passé entre eux qu'avec toute sorte de discrétion, amitié et fraternité. Et crois que Sa Sainteté n'aura que très bonne satisfaction du rapport qu'il aura de Testât de ces affaires ; mesmement après ce bon commencement donné pour le collège des PP. Jésuites, l'une des pièces fondamentales de tout ce saint édifice. Seulement seroit-il expédient de faire paroistre quelque peu d'acheminement pour l'héberge, puysque, comme j'ay apperceu, Sa Sainteté l'affectionne bien outre.

Je prieray a jamais pour la prospérité de Vostre Altesse, delaquelle je suis et dois estre, Monseigneur, Très humble et très obéissant serviteur et sujet,

François De Sales,

Prsevost de Genève.

A Thonon, 26 septembre 99.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

30 Lettres de saint François de Sales

A M. PHILIPPE DE QUOEX f1)

Lettre reçue de M. de Quoex. — Recommandation en faveur de trois jeunes gentilshommes.

Thonon, 13 octobre 1599.

Monsieur,

Si je vous remerciois au long par escrit de la souvenance que vous aves de moy, selon vostre lettre receùe par les mains de monsieur le Président mon frère, je meriterois que vous ne leussies pas ma lettre, car vous seres tant empressé a recevoir et caresser ces jeunes gentilshommes nouveaux venuz (2), que vous n'aures pas le loisir de parler avec ma lettre. Aussi bien vous diront ilz tout ce que je vous sçaurois escrire. Faites donq seulement selon vostre courtoisie a apprivoiser avec Rome

( 1) Philippe de Quoex, originaire de Talloires (connu sous le nom de M. de Sainte-Catherine , du vocable d'une chapelle dont il était recteur dès le 6 mars 1598), faisait alors ses études théologiques à Rome. Minoré le 11 février 1601, il fut promu au sacerdoce lors de la première ordination faite par saint François de Sales (21 décembre 1602). Une mutuelle estime et une profonde affection unirent dès lors le saint Evêque et le jeune prêtre. Celui-ci fut attaché d'abord à la Sainte-Maison de Thonon, puis nommé chanoine (8 janvier 161 5) et pénitencier de l'église cathédrale. « Il estoit, » au témoignage du P. de la Rivière, « homme grave, sérieux, modeste, humble, aumosnier... il estoit assidu aux fonctions de sa charge, addonné à la dévotion ou recueillement intérieur et à l'exercice de la présence de Dieu. Il voyoit ordinairement son bon Ange en forme visible et sensible, selon qu'on a sceu par la relation de nostre sacré Prélat. »

Le saint Evêque, dont il avait été le confesseur pendant plusieurs années, l'assista à sa dernière heure (24 janvier 1618), l'honora de ses regrets, et affirma, d'après une révélation spéciale, que le défunt était allé droit au Ciel sans passer par le Purgatoire.

(2) Ces gentilshommes étaient Louis de Sales, frère du Saint, René et Claude Favre,fils aînés du Président, que leur père venait de conduire à Rome pour y faire leurs études.

ces patriottes, et croyes, sil vous plait, mon frère quand il vous dira que je suis tout entièrement,

Monsieur,

Vostre très affectionné serviteur, Franc5 De Sales.

Thonon, le 13 octobre 99.

Al molto Rd0 Sigr mio osservandissimo, Il Sigre Philippo de Quoex.

Revu sur l'Autographe conservé à Chambéry, Archives du Sénat de Savoie.

A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

Rupture des communications entre Annecy et Chambéry. — Libéralités du duc de Savoie pour le Chablais. — Arrivée d'un Père Jésuite à Thonon, où cinq autres sont encore attendus. — Les intérêts de la mission activement poursuivis à Rome. — Aumône faite par le duc à une protestante convertie. — Prochain départ de Son Altesse pour la France.

Chambéry, 15 novembre 1599.

Illustrissimo et Reverendissimo Signore,

Venendo di Tonone in Chiamberi con speranza di far servitù a Monsignor Rmo di Geneva, son stato sforzato di fermarmi alquanto per strada per aspettar li memoriali, liquali erano necessarii per trattar varie cose in

Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Venant de Thonon à Chambéry dans l'espoir de me rendre utile à Msr de Genève, j'ai été contraint de m'arrêter quelque temps en chemin afin d'attendre les mémoires nécessaires pour traiter en cette

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questa corte (*), attinenti al servitio d' Iddio; poichè detto Monsignor non poteva venire, per esser Annessi, dove si truovava, bandito del commercio di Chiamberi et altri luoghi dove sarà la persona del Prencipe. Non perché in detto luogho di Annessi sia contaggio veruno, per gratia del Signore ; ma per solo rispetto délia persona ducale, il quai richiede che ne anco da luoghi dove sia stato contagio, quantumque purgatissimi, debbano venir gente, per un pezzo doppo la quarantena, nella corte. Essendo poi giunto qui son andato ritardando di giorno in giorno di mandarglie le lettere et cose qui alligate, sperando di poterie inviare per mezzo del signor figluolo del Barone di Chivron (2), il quale si credeva di partir ogn1 hora ; sin tanto che vedendo passar via il tempo, mi son risolto di non aspettar più, anzi dar più presto il plico aile mercè de' corrieri.

Ho ricevuto una lettera di V. S. Illina et Rma del xiiij0

cour(i) différentes choses touchant le service de Dieu ; car Monseigneur ne pouvait s'y rendre, vu qu'à Annecy, où il se trouvait, les communications sont interrompues avec Chambéry et avec tous les autres lieux où ira le prince. Non pas que la contagion soit à Annecy, par la grâce de Dieu ; mais le seul respect dû à la personne du prince exige que nul venant des lieux qui ont été infectés, encore qu'ils soient entièrement purifiés, ne se présente à la cour que longtemps après la quarantaine. Etant enfin arrivé ici, j'ai tardé de jour en jour à expédier les lettres et les pièces ci-incluses, espérant les envoyer par le fils du baron de Chevron (2) qui se croyait toujours sur le point de partir ; mais voyant passer le temps, j'ai résolu de ne plus attendre et de livrer plutôt le pli aux courriers. J'ai reçu en route une lettre de Votre Seigneurie Illustrissime et

( 1 ) Le duc de Savoie se trouvait alors avec sa cour de passage à Chambéry, d'où il partit le Ier décembre suivant accompagné d'une suite brillante. D'après Guichenon, il emmenait « un train de douze cents chevaux, suivi de son Conseil... sa Chapelle, sa Musique, son Ecuyerie. » Le but de son voyage était de régler avec le roi de France le différend qui existait entre eux au sujet du marquisat de Saluées.

(2) Le baron de Chevron (voir notre tome XI, note ( i ), p. 45) avait trois fils : Prosper, Bernard et Benoît-Théophile encore en bas âge. Il est ici question de l'un des deux aînés.

di Ottobre, essendo per strada, et un'altra del 2 di questo mese, insieme con altre due alligate per Monsignor Arcivescovo di Vienna, aile quali ho dato pronto et sicuro ricapito. Glie ne mando altre due da detto Monsig-nore, una délie quali è vecchia assai più di quel ch' io havrei desiderato, per Toccasione sopradetta, et insieme il piano dissegno di Tonone.

Per la prima di V. S. IH,,,a et Rma vedo quanta consolatione hebbe del donativo fatto da Sua Altezza, del quale una gran parte è già in rerum natura et realmente fatto, poichè Sua Altezza ha riscosso il priorato di Tonone, col mezzo di sette miglia scudi, per esser applicato al collegio. L' altra parte, quai consiste nel riscuotere un decanato, non si puô far realmente sin tanto che un gentilhuomo, il quale V haveva comperato, sia venuto di Parigi (0 ; il che si spera presto. Et se bene Sua Altezza va in Francia, io perô stimo che haverà altri negocii senza pensar a questo particolare ; ma credo bene che non ripassarà i monti senza farlo.

Il Padre Bartholone ha ricevuto li cento et otto scudi

Révérendissime du 14 octobre, et une autre du 2 de ce mois, ainsi que deux autres qui y étaient jointes, pour M-r l'Archevêque de Vienne auquel je me suis empressé de les faire parvenir sûrement. Je vous en envoie deux autres dudit Monseigneur dont l'une, pour le motif ci-dessus mentionné, est de plus vieille date que je ne l'aurais désiré, et en même temps le plan de Thonon.

Par la première lettre de Votre Seigneurie je vois la consolation qu'Elle a éprouvée du don fait par Son Altesse ; une grande partie est déjà effectuée et versée, car Son Altesse a racheté, au prix de sept mille écus, le prieuré de Thonon qui est destiné au collège. L'autre partie doit être employée à recouvrer un doyenné, ce qui ne peut se faire jusqu'à ce que le gentilhomme qui l'avait acheté soit revenu de Paris ( 0 : ce retour, on l'espère, sera prochain. Et quoique Son Altesse aille en France, j'estime pourtant qu'elle aura assez d'autres affaires sans penser à ce détail; je crois cependant qu'elle ne repassera pas les monts sans s'en occuper.

Le P. Bartoloni a reçu les cent huit écus expédiés par Votre

(1) Il s'agit du doyenné d'Anthy, qui appartenait alors à Claude de Charmoisy . Lettres II 3

34 Lettres de saint François de Sales

mandatigli da V. S. Illma et Rma, et ha subito mandato un Padre praedicatore in Tonone, il quai giunse 1' ultimo di Ottobre in detto luogho ; et ne fa venir altri sino a sei da diversi luoghi, liquali subito che giungneranno comminciaranno a far essercitio, si nelle praediche, si anco nelle scuole, et io del giorno del loro arrivo darô avviso a V. S. Illma. Mando una lungha informatione a V. S. Illma circa la erettione délie prsebende theologali i1 ), dalla quale Ella potrà cavare tutti li punti liquali ricercava da me. Se io sarô stato lungho in mandarla, la lontananza de' luoghi et badie delli quali io tratto n'è stato causa.

Ho ricevuto l' assolutione per quelle povere anime che contrassero in terzo et quarto (2), et ne ringratio l'infinita carità di*V. S. Illma. Dal P. Fra Cherubino non hô havuta lettera veruna sin adesso, ma solo dal R. Clerico, quale mi ha dato raguaglio délie cose che si trattano in Roma con molto fervor (3) ; et sô che al zelo, bontà et prudenza di V. S. Illrna se ne deve in ogni modo attribuire

Seigneurie Illustrissime ; il a aussitôt envoyé à Thonon un Père prédicateur, qui y est arrivé le dernier jour d'octobre. Il en fera venir d'autres de différents lieux jusqu'au nombre de six, lesquels commenceront immédiatement à se mettre à l'œuvre, soit dans la prédication, soit dans l'enseignement. J'avertirai Votre Seigneurie du jour de leur arrivée. Je vous envoie une longue information au sujet de l'érection des prébendes théologales ( * ) ; vous y trouverez tous les renseignements que vous désiriez de moi. Si j'ai été longtemps avant de l'expédier, la distance des lieux et des abbayes dont je parle est la seule cause de ce retard.

J'ai reçu l'absolution pour ces pauvres âmes qui ont contracté mariage au troisième et quatrième degré (2), ce dont je remercie l'infinie charité de Votre Seigneurie Illustrissime. Jusqu'ici je n'ai eu aucune lettre du P. Chérubin mais seulement de Révérend Clerici, qui m'a renseigné sur les affaires que l'on traite à Rome avec beaucoup d'ardeur ( 3 ). Je sais que c'est au zèle, à la bonté et prudence de Votre Seigneurie que l'on doit de toute façon en attribuer le succès ; s'il est

( i ) Cette information, publiée en 1886 par l'Ecole française de Ronie (Mélanges, etc.), sera donnée parmi les Opuscules.

(2) Voir ci-devant, p. ai.

(3) Voir au tome précédent, p. 345$ la dernière note de la Lettre CXIL

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il successo, il quale se sarà taie corne io spero, sarà gloriosissimo a Sua Santità, honorevolissimo a V. S. Illma, instrumento massimo di tant'opra, utilissimo alla santa Chiesa, et massime a questi popoli, et quel ch' importa, gratissimo al Signor Iddio, se altro mai se ne vidde : Mons excelsus cervis, petra refugium herinaceis*. *Ps. cm, 18.

Di Monsignor Rmo di Vienna non si puô dire se non che, per mezzo délia antiperistasi, piglia ogni hora nuovo vigore et si riscalda tuttavia più in questa nostra battaglia con ministri et hseretici, tanto più quanto gli è stato di gran sodisfattione di haver ricuperato a Christo un gentilhuomo suo nipote i1), il quai per tanto egli si è pigliato in casa.

Ho ottenuto da Sua Altezza una limosina di trenta scudi d1 oro per viatico di una donna milanese laquale, uscita di Geneva con tre figluoli (sic) maschi et quattro figluole già nubili, vuole ritornarsene catholica in Milano; ma non credo che possa cosi presto passare. Et prima

tel que je l'espère, il sera très glorieux à Sa Sainteté, très honorable à Votre Seigneurie, principal instrument d'une si grande œuvre, très utile à la sainte Eglise, particulièrement à ces populations ; et, ce qui importe davantage, plus agréable au Seigneur notre Dieu que tout ce que l'on a vu par le passé : Ce sera une montagne élevée pour Us cerfs, un rocher de refuge aux hérissons.

On ne peut dire autre chose de M°r le Révérendissime de Vienne sinon que, par antipéristase, il prend toujours nouvelle vigueur et s'échauffe d'autant plus dans le combat contre les ministres et les hérétiques qu'il a eu la grande satisfaction de ramener àJésus-Christ un gentilhomme, son neveu (0, lequel en conséquence il a retiré chez lui.

J'ai obtenu de Son Altesse une aumône de trente écus d'or pour les frais de voyage d'une femme milanaise qui, étant sortie de Genève avec trois fils et quatre filles en âge de se marier, veut retourner catholique à Milan ; mais je ne crois pas qu'elle puisse passer de

(1) D'après les généalogies de la famille, Msr Gribaldi était fils unique et par conséquent n'avait pas de neveux. Peut-être le Saint désignerait-il sous ce titre l'un des cousins germains du Prélat; nous voyons en effet que l'un des trois, Pompée, coseigneur de Farges, se convertit au catholicisme. Lors de la cession du pays de Gex à la France (1601) il fut, suivant Esaïe Colladon, l'un des gentilshommes « qui demandèrent la messe. »

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bisognarà haver sicurtà délia Inquisitione, onde se occorrerà, io in questo caso mi praevalerô délia carità di V. S. Ill,na appresso l' inquisitori.

Qui, se ben siamo in corte, non habbiam altre nuove senon che Sua Altezza parte per Francia al 25 di questo mese ; perô con libertà di mutatione se occorrerà. Si mormora grandemente che in Geneva si tratta di ricevere Tessercitio catholico in una chiesa, et Sua Altezza mi promette ogni sorte di provisione per il Chiablais, havendone commandate le lettere et altre scritture necessarie, et li ministri servitori di Sua Altezza mostrano assai più calore dell' ordinario ; onde io vado sperando che questo anno sarà et di Giubilaeo et di giubilo grandissimo, ma vi vuol aiuto grande, caldo et persévérante.

Solo mi resta a dire a V. S. Illma, con quella confidentia che mi ha concessa per bontà sua et prieghandola di non farne consapevole altri, che a Sua Altezza è parso un poco strano di non esser avvertita prima d' ogn' altro délie cose di Tonone corne passano in Roma, con raguaglio minutissimo, et cosi me ne son avveduto dalle sue

si tôt. Avant tout il faudra, s'il est nécessaire, la mettre en sécurité à l'égard de l'Inquisition, et, dans ce cas, je me prévaudrai auprès des inquisiteurs de la charité de Votre Seigneurie Illustrissime.

Bien que nous soyons ici à la cour, nous ne savons aucune nouvelle sinon que Son Altesse partira pour la France le 25 de ce mois ; toutefois, cette date pourra être changée si les circonstances l'exigent. Il est grandement question d'admettre l'exercice du culte catholique dans une église de Genève. Son Altesse m'a promis toutes sortes de provisions pour le Chablais, ayant commandé les lettres d'expédition et autres papiers nécessaires, et ses ministres montrent plus d'empressement qu'à l'ordinaire ; c'est pourquoi j'espère que nous aurons cette année et le Jubilé et une jubilation très grande, mais nous avons besoin d'un secours puissant, efficace et persévérant.

Il ne me reste plus autre chose à communiquer à Votre Seigneurie sinon de la prévenir, avec cette confiance que sa bonté me permet, et la priant de n'en rien dire à personne, que Son Altesse a trouvé un peu étrange de n'avoir pas été mise au courant avant tout autre, d'une manière exacte et très circonstanciée, de la manière dont les

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parole circa questo negotio ; del restante, egli mostra di esser affettionatissimo a quella impresa. Darô poi a V. S. Illma raguaglio di quanto haverô operato, inanzi che io mi parta da questa terra.

Pertanto, prieghando il Signor Iddio per la salute di V. S. Illma et Rma a giovamento délia Chiesa, la ringratio con ogni humiltà de'tanti favori fatti et al publico délia mia patria et a me singolarmente, et basciandoli le mani reverendissime, glie faccio humilissima riverenza. Di V. S. Illma et Rma,

Divotissimo et humilissimo servitore, Franc0 De Sales,

Prœvosto di Geneva.

In Chiamberi, alli 15 di Novembre 99.

Monsignor Rmo di Geneva mi ha commandato di basciar a V. S. Illma le mani con ogni humiltà a nome suo, et cosi faccio.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives Vaticanes.

affaires de Thonon sont traitées à Rome ; je m'en suis aperçu par quelques mots relatifs à ce sujet ; au reste, le prince se montre très affectionné à l'entreprise. Avant de partir de cette ville j'informerai Votre Seigneurie de ce que j'aurai pu faire.

En attendant je prie Dieu notre Seigneur pour la santé de Votre Seigneurie Illustrissime et Reverendissime si utile à l'Eglise. Je la remercie bien humblement de tant de faveurs accordées à mes compatriotes et particulièrement à moi. En baisant ses mains vénérées, je lui fais très humble révérence.

De Votre Seigneurie Illustrissime et Reverendissime,

Le très dévoué et très humble serviteur, François de Sales,

Prévôt de Genève.

A Chambéry, le 15 novembre 1599.

Mgr de Genève m'a ordonné de baiser en toute humilité les mains de Votre Seigneurie en son nom ; c'est ce que je fais.

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AU MÊME (minute inédite)

Ordres donnés par le duc de Savoie en faveur de la maison de refuge projetée à Thonon. — Il est urgent que les pouvoirs spéciaux concédés aux missionnaires ne soient pas suspendus pendant l'année du Jubilé. — Procès relatif à la cure du Petit-Bornand.

Chambéry, 9 décembre 1599.

Illustrissimo et Reverendissimo Signore mio osservandissimo,

Doppo T ultima mia scritta a V. S. Illma et Rma non è succeduto altro circa le cose nostre de Chiablais, da quel in poi che Sua Altezza ha commandato al suo Senato et alla Caméra di verifficare tutti gV ordini dati da lei un anno fa, ad istanza del Padre Fra Cherubino, per la casa di refugio di Tonone ; et ha grandissima intentione di voler abbracciare quell' opéra con ambedue le braccia, havendo dato carico a monsieur d'Avulli di haverne cura. Scrissi a V. S. Illma che in Tonone era giunto un Padre Giesuita, praedicatore ; adesso ve ne sonno duoi (O, perché

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Depuis ma dernière lettre à Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime rien de nouveau n'est survenu dans les affaires du Chablais, sinon que Son Altesse a commandé au Sénat et à la Chambre de vérifier tous les ordres que, sur les instances du P. Chérubin, elle a donnés il y a un an pour la maison de refuge de Thonon. Son Altesse a une très ferme intention d'embrasser cette œuvre des deux bras, ayant chargé M. d'Avully d'en prendre soin. J'ai écrit à Votre Seigneurie qu'un Père Jésuite prédicateur s'était rendu à Thonon ; maintenant ils sont deux ( 1 ), car un de ses confrères l'a rejoint le jour

( 1 ) L'un de ces deux Religieux était le P. Philibert Monet.

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ne giunse un altro il giorno di sant' Andréa, et ben presto v' andaranno gli altri mandati da Avignone.

Il Padre Rettore de' Giesuiti m' ha proposto questo scrupolo circa le concessioni dateci per assolvere gV haeretici, cioè, che nella vigilia di Natale dell' anno Giubilaeo Sua Santità suole derogare generalmente a tutti li privilegii dati et concessi per lo inanzi. Io non credo che per questo Sua Santità voglia suspendere li nostri, essendo che sono non meno necessarii, anzi più questo anno che in ogni altro tempo, et le parole nelle quali ci sono concessi non patiscono derogatione générale ; onde li usarô senz' altro dubbio, nel nome del Signore. Ma per torre ogni difficoltà, si supplica V. S. Illma di farne giudicio.

Hebbi per mezzo di Bolle sub plumbo da Sua Santità, sonno duoi anni passati, la parrochia di Bornando (0, con dispensatione délia incompatibilità délia Propositura cujus fructits nulli sunt. Et essendo perô nominato et eletto nel concorso, secondo la forma del santo Concilio Tridentino, dall' altro canto il fratello del prsedecessore

de saint André, et bientôt arriveront les autres qui nous sont envoyés d'Avignon.

Le P. Recteur des Jésuites m'a soulevé une difficulté touchant les pouvoirs qui nous ont été concédés pour absoudre les hérétiques ; à savoir, que la veille de Noël de l'année jubilaire Sa Sainteté a coutume de déroger généralement à tous les privilèges précédemment accordés. Je ne crois pas pourtant que Sa Sainteté veuille suspendre les nôtres, qui non seulement ne sont pas moins nécessaires cette année qu'en tout autre temps, mais qui le sont même davantage. Les termes dans lesquels ils nous sont accordés ne souffrent pas de dérogation générale, de sorte que je m'en servirai sans crainte au nom du Seigneur ; mais pour trancher toute difficulté, Votre Seigneurie Illustrissime voudra bien en juger Elle-même.

Il y a deux ans que Sa Sainteté par Bulles sub plumbo me pourvut de la cure du Petit-Bornand (0, avec dispense de l'incompatibilité de la Prévôté dont les revenus sont nuls. Et cependant, bien que j'aie été nommé et élu au concours, selon les prescriptions du saint Concile de Trente, le frère du curé mon prédécesseur m'a suscité un procès,

( 1 ) Voir le tome précédent, note ( i ), p. 328.

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curato mi ha mosso lite, con una semplice signatura per resignationem infirmi, la data délia quale fu pigliata trentasei giorni doppo la morte, senza consenso veruno a dorso et doppo la celebratione di detto concorso. Dove questo nostro Senato mi ha condemnato nel possessorio questa mattina, con quel solo fundamento che la resignatione, non ostante la morte prœcedente et il diffetto del consenso, era nientedimeno buona. Onde io ricorro alla Santa Sede per haverne ragione nel petitorio, et ne scrivo con questo plico [che] la supplico di voler inviare in Roma. Il che mi è parso di dover scrivere a V. S. Illma perciochè, si corne per mezzo délia bontà sua hebbi la gratia di Nostro Signore, cosi anco haverô bisogno delli suoi favori nel progresso del processo, il quale io mi risolvo di promovere per non lasciar la porta aperta aile fraudi che si fanno in pregiudicio del concorso, a che poco attende questo nostro buon Senato. Ma vedo che sarô constretto di mandare a V. S. Illma amplissima instruttione délie mie ragioni, onde per adesso non occorre di farne più altra mentione.

Sua Altezza Serenissima parti Martedi da Lyone con

se basant sur une simple signature [donnée en Cour de Rome] à raison de résignation pour cause de maladie, dont la date est postérieure de trente-six jours à la mort dudit curé, sans aucun consentement indiqué au dos de la pièce et après la tenue dudit concours. En conséquence, notre Sénat m'a condamné ce matin, au possessoire, sous ce seul prétexte, que la résignation, malgré la mort antécédente et le défaut de consentement, était néanmoins valable. Partant j'ai recours au Saint- Siège pour en avoir raison au pétitoire, et je dépose sous ce pli ma lettre que je vous supplie d'expédier à Rome. J'ai cru devoir informer de tout cela Votre Seigneurie Illustrissime ; car ayant obtenu par sa bonté cette grâce de notre Saint-Père, de même ai-je besoin de ses faveurs pour la suite du procès que je me propose de poursuivre, afin de ne pas ouvrir la porte aux fraudes qui se font au préjudice du concours ; ce dont notre bon Sénat se soucie fort peu. Mais je vois que je serai obligé d'envoyer à Votre Seigneurie une très ample relation de mes raisons, c'est pourquoi il n'est pas nécessaire d'en dire davantage pour le moment. Son Altesse Sérénissime est partie mardi de Lyon, où elle a été

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grandissime accoglienze. Li Genevrini stimano che Sua Santità faccia instanza estrema appresso il Re Christianissimo per fare che diano libertà agi' essercitii catholici nella loro città, et mostrano molti di desiderarlo, se ben altri fanno vista di più presto darsi la morte. Io spero che con questo viaggio si risolveranno tutte le cose circa quelli particolari.

Domani io vado in Annessi, per andar poi, se occorrerà, in Tonone a far le feste, et sarô diligentissimo a darglie ragguaglio délie occurrenze. Intanto pregho il Signore Iddio che dia ogni vero contento a V. S. Illma et Rma, alla quale con ogni humiltà bascio le mani, supplicando che mi perdoni se con tanta libertà ardisco di proporgli le cose che me toccano in particolare, poichè la sua somma et già tante volte provata amarevolezza (sic) mi dà animo in queste occasioni

Da Chiamberi, alli 9 Décembre 1599.

AU' Illmo et Rmo Padron et Sigre mio osservandissimo, Il Sigre Arcivescovo di Bari, Nuntio Apostolico appresso S. A. Serenma. Turino.

Revu sur le texte inséré dans le Ier Procès de Canonisation.

grandement fêtée. Les Genevois croient que Sa Sainteté fait d'extrêmes instances auprès du roi très chrétien pour obtenir le libre exercice du culte catholique dans leur ville. Un grand nombre paraissent le désirer, bien que d'autres fassent semblant de vouloir plutôt se donner la mort. J'espère que, grâce à ce voyage, on résoudra tout ce qui se rattache à ces questions.

Je me rends demain à Annecy, afin d'aller ensuite à Thonon pour les fêtes, si c'est nécessaire, et je m'empresserai de vous renseigner selon les occasions. En attendant je prie Dieu d'accorder toutes sortes de contentements à Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, à qui je baise les mains en toute humilité, la suppliant de me pardonner si j'ose lui exposer avec tant de liberté les choses qui me sont personnelles ; mais les témoignages d'extrême bienveillance tant de fois reçus m'encouragent en ces rencontres

De Chambéry, le 9 décembre 1599.

AU CARDINAL CÉSAR BARONIUS (0 (minute inédite)

Bienveillance du Saint-Siège pour la mission du Chablais. — Joie de savoir le Cardinal nommé protecteur de cette œuvre.

Thonon, janvier 1600.

Illustrissime» et Reverendissimo Signor Padrone mio

colendissimo,

Se la difficile et laboriosa impresa délia conversione

di queste provincie non procedeva da Dio, già un pezzo

Cf. Act.,v, 38, 39. fa che sarebbe andata in ruina *, essendo che non sonno

mancati impedimenti et ostacoli, di numéro et qualità

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

Si l'œuvre difficile et laborieuse de la conversion de ces provinces

ne provenait de Dieu, il y a longtemps qu'elle serait ruinée; car les

empêchements et les obstacles n'ont point manqué, et ils ont été

en si grand nombre et de telle nature qu'ils n'auraient jamais pu

(1) César, fils de Camille Baronio et de Porcia Febonia, né à Sora dans le royaume de Naples (30 octobre 1538), avait fait ses études à Veroli et à Naples, d'où il se rendit à Rome en 1557. Il se rangea bientôt parmi les disciples de saint Philippe de Néri, auquel il succéda dans le gouvernement de la Congrégation de l'Oratoire (1593). Clément VIII, qui l'avait choisi pour confesseur, le créa cardinal du titre des saints Nérée et Achillée (1596) et bibliothécaire du Vatican. N'eût été l'opposition du parti espagnol, Baronius aurait probablement ceint la tiare à la mort de ce Pontife. Lors de son séjour à Rome (1 598-1 599) saint François de Sales s'acquit l'estime et l'affection du Cardinal, qui protégea dès lors d'une manière spéciale les intérêts de la mission du Chablais. Sa mort, survenue le 30 juin 1607, fut considérée comme un deuil pour l'Eglise, à qui il laissait un monument de piété et d'érudition

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tali, che da consiglio humano non potevano esser superati. Ma se sin adesso sua divina Bontà ha dato segno del suo favore sopra questa opéra, a me pare che questo sia segnalatissimo et certissimo : cioè, che il Sommo Pontefice se pigli quella cura et sollecitudine che suole havere nelle cose concernenti il servitio del Salvatore, del quale egli è luoghotenente in terra.

Et in questo divino beneficio si scopre ancora particolar saggio délia suprema Providentia in quella che Sua Beatitudine è stata inspirata di stabilire V. S. Illma et Rma per protettore di questa importantissima opéra ( l ) ; poichè più vivo et animato difensore et promotore non si poteva desiderare fra quelli fortissimi et valorosi che circondano il santo letto di Salomone* : si che è chiaro * Cant., m, 7. horamai che Christo, per mezzo délia Santa Sede, ci vuole essere Dio protettore et casa di refugio *. * Ps- xxx> =»•

être surmontés par des moyens humains. Mais si la divine Bonté a donné jusqu'à présent des témoignages de protection à cette œuvre, il me semble qu'en voici un très signalé et très certain, à savoir, que le Souverain Pontife en prenne le soin et la sollicitude qu'il a coutume d'avoir pour ce qui touche le service du Sauveur, dont il est le lieutenant sur la terre.

Et, en ce bienfait divin, la bonté de la souveraine Providence se montre aussi d'une manière spéciale en ce que Sa Sainteté a été inspirée de destiner Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime pour protectrice de cette œuvre si importante (0. On ne pouvait, en effet, désirer un plus ardent et vigoureux défenseur et promoteur parmi ces forts et vaillants qui entourent le lit sacré de Salomon ; de sorte qu'il est désormais évident que le Christ veut, par l'entremise du Saint-Siège, nous être un Dieu protecteur et une maison de refuge.

dans ses Annales Ecclesiastici, a Christo nato usque ad annum np8, ouvrage en douze volumes qui parut à Rome de 1588 à 1593. On lui doit encore un Martyrologe romain et divers opuscules.

(1) Cette phrase permet de conjecturer presque à coup sûr la date de la lettre. Notre Saint Ta vraisemblablement écrite aussitôt qu'il sut Baronius désigné pour être protecteur de la Sainte-Maison de Thonon. Or, c'est au commencement de 1600 que dut être connue cette nomination, car le 8 janvier de la même année Nicolas Clerici, mandataire du duc de Savoie à Rome, annonce au prince qu'elle vient d'avoir lieu. (Turin, Archives de l'Etat.)

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Onde, vedendo il dissegno efficace et il saldo funda- Ezech., xni, 5. mento di questo muro per la casa d'Israele* in questi confini de' Philistei, ne laudo prima sua divina Bontà, et ringratio con ogni humiltà V. S. 111™ et Rma delli tanti aiuti colli quali s' è adoperata et se adopra tuttavia per questo santo edificio ; de' quali favori suoi io hebbi non solo speranza buona, ma etiandio certissima caparra, quando Ella si degnô di abbracciare con tanta efficacia quelli altri negotii, pur santi essi, quali io trattai poco fa appresso di Essa.

Supplicando per questo humilissimamente V. S. Illma et Rma che voglia continuare quello suo paterno affetto verso questi poveri popoli, prego con tutto Y animo sua divina Maestà che verso di lei continui et aggrandisca le sue gratie et [la] conservi lungamente a beneficio délia santa Chiesa ; et con devotione bascio le sue reverendissime mani.

Di V. S. Illma et Rma,

Divotissimo et humilissimo servitore.

Da Tonone.

Revu sur le texte inséré dans le Ier Procès de Canonisation.

Voyant donc le projet arrêté et le fondement solide de ce mur pour la maison d'Israël dans ces confins des Philistins, j'en loue d'abord la divine Bonté ; je remercie ensuite en toute humilité Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime des secours si nombreux qu'Elle a accordés et qu'Elle accorde encore à ce saint édifice. Pour moi, non seulement j'ai beaucoup espéré ces faveurs, mais j'en ai reçu même le gage très assuré lorsque, traitant naguère auprès de vous d'autres affaires également saintes, vous daignâtes les embrasser avec tant d'ardeur.

C'est pourquoi je supplie très humblement Votre Seigneurie de vouloir conserver son affection paternelle à ces pauvres populations. Priant de toute mon âme la divine Majesté de continuer et augmenter ses grâces en votre endroit et de vous conserver longuement pour le bien de la sainte Eglise, je baise avec dévotion vos mains vénérées. De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime,

Le très dévoué et très humble serviteur.

De Thonon.

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A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RIGCARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

(minutb)

Réception de plusieurs lettres. — Eloge de quelques ecclésiastiques. — Les bonnes intentions du duc de Savoie en faveur du chanoine Nouvellet restent sans effet.

Annecy, 17 janvier 1600.

Illustrissimo et Reverendissimo Signore,

Mi vennero insieme due lettere di V. S. Illma et Rma 1' ultimi giorni de 1' anno passato : una del 7 di Décembre et l'altra per duplicato di una praecedente del 20 di Ottobre, colla copia délia lettera scrittagli dal P. Fra Cherubino da Roma alli 2 dell'istesso mese di Ottobre (delli quali duplicato et copia, li originali non mi sonno mai giunti nelle mani), et una altra del 7 di Décembre, pur nell'istesso plico, et mentre mi ritrovai ammalato di un poco di febre U), délia quale perô io son stato libero in poco tempo.

Nella lettera del Padre Cherubino vedo due cose : una

Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

Deux lettres de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime me sont arrivées simultanément les derniers jours de l'année passée : Tune est du 7 décembre, l'autre est le duplicata d'une lettre précédente du 20 octobre, avec la copie de celle que le P, Chérubin vous écrivit de Rome le 2 du même mois d'octobre (les originaux de ce double et de cette copie ne sont jamais tombés entre mes mains), et, dans le même pli, une autre lettre datée du 7 décembre. J'étais alors malade d'une petite fièvre dont j'ai été cependant bientôt débarrassé.

Je vois deux choses dans la lettre du P. Chérubin. La première est

(a) et—- allhora mi ritrovavo ftrattenuto daj un poco fdi infirmitaj

46 Lettres de saint François de Sales

è la risposta che egli fa alli punti ricercati da Nostro Signore, circa laquale, già che la rilatione mandata da Monsignor Arcivescovo di Vienna è assai più distinta et copiosa, non mi par di poter dire altro senon che intorno aU'articolo delli sogetti ecclesiastici, cie ne sonno moltissimi altri valenti, delli quali parte si è scordato il Padre Cherubino, et parte non li conosce per esser venuti doppo la sua partenza : corne sonno li canonici Deagioi1), Grandis (2), Gottrio (3), Bochuto (4), tutti dottori et letteratissimi ; oltra alli quali ne habbiamo altri che se ben non sonno dottori, sonno perô molto letterati, et altri in numéro che quest' anno si addotoreranno in Avignone ; atalche, circa questo, non mi par che vi fosse difficoltà veruna.

Ma in questo restiamo inchiodati, che non ciè modo nessuno di dar a questi valenti huomini ricapito conveniente aile loro qualità et essercitii ; si corne per esperienza

sa réponse aux questions posées par notre Saint-Père. Or, puisque le rapport envoyé par M-r l'Archevêque de Vienne est bien plus clair et étendu, il me semble ne pouvoir rien ajouter à cette réponse sinon en ce qui concerne nos ecclésiastiques. Il y en a beaucoup d'autres fort recommandables. Le P. Chérubin a oublié les uns, et il ne connaît pas les autres parce qu'ils sont venus après son départ : tels les chanoines Déage(0, Grandis (2), Gottry (3), Bochut (4), tous docteurs et très savants. Outre ceux-ci, nous en avons plusieurs qui, sans être docteurs, sont cependant très instruits, et d'autres en assez grand nombre qui prendront leurs grades cette année à Avignon. Il me semble donc que ce point ne présente aucune difficulté.

Mais ce qui nous arrête c'est que nous n'avons nul moyen de procurer à ces hommes de mérite un logement convenable à leur

( 1 ) Voir le tome précédent, note ( i ), p. 2.

(2) Ibid., note ( 1 ), p. 299.

(3) Nicolas Gottry, chanoine de Saint-Pierre de Genève, curé de Cholex puis de Combloux (26 avril 1608), résigna son canonicat en faveur d'un autre Nicolas Gottry le 16 février 1633.

( 4 ) Antoine Bochut, curé de Chapeiry, chanoine de Saint-Pierre de Genève^ qui mourut en février 1606.

Année 1600 47

si vede nel signor Nouveletto (x), del quale scrive il P. Cherubino, il quale havendo fatto venir per mille scudi de libri (b), con intentione di usar il restante de gl'anni suoi a bénéficie- délia patria sua, non ha potuto ancor aprire detti libri, ne adoperar il suo valore, per mancamento de commodità ; perché, con tutto ciô che sia canonico délia Chiesa di Geneva, essendo valetudinario et già di cinquanta cinqu1 anni, nientedimeno, eccetto la famé, patisce gran povertà, si corne farebbono tutti gV altri se non havessero ricorso dalle loro case paterne. E vero che Sua Altezza havendolo sentito nominare lo volse vedere et sentire, et cavatone gran gusto disse che glie voleva dar dugento scudi di pensione sopra la badia di Pignerolo, et fra tanto che scriverebbe ail' Abbate di Abondanza (2) acciô

condition et à leur office. On le voit par expérience pour M. Nouvellet (1), dont le P. Chérubin parle dans sa lettre. Il a fait venir pour mille écus de livres, avec intention d'employer les années qui lui restent au bien de sa patrie, et cependant, faute de ressources, il n'a pas encore pu ouvrir ces livres ni utiliser son savoir ; car, bien qu'il soit chanoine de l'Eglise de Genève, néanmoins, étant maladif et âgé déjà de cinquante-cinq ans, il endure, à la faim près, une grande pauvreté. Il en serait de même de tous les autres s'ils n'avaient recours à leurs familles. Son Altesse, il est vrai, ayant entendu nommer M. Nouvellet, a voulu le voir et l'entendre, et en ayant été très satisfaite, elle a dit vouloir lui attribuer deux cents écus de pension sur l'abbaye de Pignerol. En attendant elle pensait écrire à l'abbé d'Abondance ( 2 ) afin qu'il donne audit docteur, pour cette

(b) de libri, — ("credendo di poter ritrovare qualche provisione per vivere...J

(t) Claude-Etienne Nouvellet, docteur de Sorbonne, poète fécond, et, au témoignage de ses contemporains, « excellent prédicateur, » l'un des premiers membres de l'Académie Florimontane, avait été aumônier de la duchesse de Nemours, Anne d'Esté. Cette princesse lui obtint une prébende à la collégiale d'Annecy (30 janvier 1596) avec les charges de théologal et sacristain* Il devint ensuite chanoine de la cathédrale, curé de Rumilly (24 janvier 1601) et fit partie pendant quelque temps de la maison épiscopale de saint François de Sales. Cet ecclésiastique mourut à Annecy, et fut inhumé dans l'église Saint-François le 7 octobre 1613. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages.

(2) Vespasien Aiazza. Voir le tome précédent) note (i), p. 223»

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che délie cinque o sei prœbende vacanti délia sua badia, lequali sonno dalli negotiatori messe in corbonam, ne fossero date due al detto dottor per questo anno. Ma (c) tutti questi favori non sonno altro che segni délia bontà del Prencipe, et del restante cibi de cameleone.

Et questo ho volsuto dire a V. S. Illma per sommaria ragione de l' impedimento del progresso del servitio d' Iddio in queste bande. Onde si puô dire col P. Cherubino, che essendovi il modo potria farsi una buona et utile opra in questa diocaesi, et far corne un seminario de sacerdoti da praevalersene in ogni occorrenza, massime in questi contorni.

Ma circa questi buoni popoli, habbiamo già celebrato solennemente la festa délie concettioni con tutte le ottave ; voglia Iddio che possiamo celebrar la festa del parto et nascimento, al meno in questo anno Jubilaeo. (d) .

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.

année, deux des cinq ou six prébendes vacantes de son abbaye, lesquelles sont mises dans le trésor commun par les administrateurs. Mais toutes ces faveurs ne sont que des témoignages de la bonté du prince et, du reste, aliment de caméléon.

J'ai voulu dire ceci à Votre Seigneurie Illustrissime pour lui exposer sommairement les obstacles qui s'opposent au progrès du service de Dieu dans ces contrées. C'est pourquoi on peut dire avec le P. Chérubin que, le moyen étant donné, il y aurait à faire une œuvre bonne et utile dans ce diocèse, en fondant une espèce de séminaire de prêtres qu'on pourrait employer en toute occasion, particulièrement dans les alentours.

Quant à ces bonnes populations, nous avons déjà célébré solennellement la fête de la conception avec toutes les octaves ; plaise à Dieu que nous puissions célébrer la fête de l'enfantement et de la naissance, au moins en cette année du Jubilé !

(c) per questo anno — pper via di provisione.J Ma ["tutte queste speranze sonno cibo di cameleone et...J

(d) anno Jubilœo. — TE poi parola non del P. Cherubino, mal del Spirito Santo, quando dice a V. S. che di gratia...J

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CXXXTV

A M. AARON POTHON(0 (inédite)

Demande de pièces nécessaires à la poursuite d'un procès.

Annecy, 15 mai 1600.

Monsieur, Cependant que j'ay suivi le procès que j'ay eu avec messire Nicolas Balli pour la parrochiale du Petit Bornand* par devant les juges lais pour le possessoire, j'ay *Videsupra,pp.2i: laissé en surseance la poursuitte de Tadjournement que j'avoys eu a Vienne des que maistre Coquin (2) se présenta pour moy et vous constitua mon procureur, il y a environ deux ans. Maintenant, désirant reprendre les arremens dudit procès, auquel je m'estois praesenté, je vous supplie de m'envoyer les lettres nécessaires a ces fins pour, au moyen d'icelles, poursuivre par après mon droit ainsy que je seray conseillé. Et je vous tiendray très bonne et entière rayson de toute la despense que vous rcfaccuseres par vostre lettre que j'attens en response de la praesenté, par voye de monsieur de Medio, chanoyne a Lion (3\

A tant je vous salue très affectionnement, demeurant, Monsieur,

Vostre affectionné serviteur, Franc8 De Sales, PraBVOst de S1 Pierre de Genève.

A Annessi, le 15 may 1600.

A Monsieur Monsieur Aaron Potton, Procureur a Vienne.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Romans.

(1) Aaron Pothon^ sieur de Laval, procureur du bailliage de Vienne et « conseiller du roi en la Chambre des élus du Dauphiné. n On le retrouve dans la suite (1627) administrateur de THôtel-Dieu de Vienne et consul de la ville.

(2) Maître Jean Coquin. Voir le tome précédent, note ( 1 ), p. 157. ( 5 ) Jacques de Médio, natif de La Roche en Savoie et chanoine de la collégiale

de cette ville, était curé d'Evires dès le 12 mai 1593, et devint ensuite chanoine de Saint-Nizier à Lyon.

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5° Lettres de saint François de Sales

A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN

Dangers que courent les Catholiques du Chablais ; leur constance en face du péril. — Indisposition de Msr de Genève. — L'Archevêque de Vienne expulsé par les Valaisans.

Annecy, 26 août 1600.

Illustrissimo et Reverendissimo signor Padron

colendissimo,

Fra tante afflittioni con le quali si è compiaciuto Iddio di castigare i peccati nostri, non mi resta per scrivergli altro senon che in questa in fer mit à si è mostrata la II Cor., xii, 9. virtîi divina* nella costanza delli nostri convertiti di Tonone, liquali, minacciati hora dalle scorrerie di Geneva, hora da Berna, sonno perô restati saldi nella religione santa (0. È vero che sin adesso non han patito se non minaccie, poichè non si sonno dati in campagna quelli heretici. Ma la paura che si ha che dal Ré non vengano

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Au milieu de tant d'afflictions par lesquelles il a plu à Dieu de châtier nos péchés, il ne me reste autre chose à vous écrire sinon qu'en cette infirmité, la vertu divine s'est montrée par la constance de nos convertis de Thonon. Menacés tantôt par les incursions des Genevois, tantôt par celles des Bernois, ils sont cependant demeurés fermes en notre sainte religion (O. Il est vrai que jusqu'ici ils n'ont eu à souffrir que des menaces, car ces hérétiques ne se sont point mis en campagne. Mais la crainte que le roi ne vînt à employer ces

(1) Henri IV venait d'entrer en Savoie à la tête de son armée (16 août 1600) ; à la faveur des troubles qu'amena la guerre, les hérétiques se promettaient de rentrer en possession du Chablais, ou tout au moins d'obtenir le rétablissement du protestantisme dans cette province.

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adoprati quelli infedeli, era bastevole a far ogni gran commotione nelli deboli petti de' convertiti. Et in questo si conchiude la maggior sollecitudine c habbino li pastori destinati per quelle pecorelle ; già che Taltre cose non sonno sottoposte alla loro consideratione.

Monsignor Rmo Vescovo è sin adesso assai ammalato, parte délie fatighe portate il mese passato in Chiablais, parte di dispiacere délia mala strada che pigliano le cose di qua. Monsignor di Vienna si era ritirato in un luogho di questa diocesi il quale è , secondo la giurisditione temporale, parte di Savoia, parte de1 Valesani (0 ; ma detti Valesani gThanno fatto intimare ch'egii habbia da partirsene, sotto pena délia confiscatione délie cose che si ritrovaranno nelle loro terre. Li Padri délia missione sonno pur ancora in Chiablais, se bene dispersi in varii luoghi per il dubbio de'Genevrini et Bernesi. Li curati, per la maggior parte, sonno nelle loro chiese, se bene alcuni timidi si sonno ritirati per vedere a che termine capitaranno le cose.

Li passi stando occupati corne stanno , sarà cosa

infidèles eût été suffisante pour ébranler considérablement le faible courage des convertis. C'est ce qui inspire la plus grande inquiétude aux pasteurs destinés à la garde de ces brebis ; car le reste n'est pas de leur ressort.

Mffr notre Révérendissime Evêque est encore assez malade, soit par suite des fatigues endurées en Chablais le mois dernier, soit à cause du chagrin qu'il éprouve en voyant nos affaires s'engager en une aussi mauvaise voie. M-r de Vienne s'était retiré en un lieu de ce diocèse, qui appartient, quant à la juridiction temporelle, partie à la Savoie et partie aux Valaisans ( 1 ) ; mais ceux-ci lui ont fait intimer l'ordre de se retirer, sous peine de confiscation des biens qu'il possède sur leur territoire. Les Pères de la mission sont encore en Chablais, quoique dispersés en différents endroits par crainte des Genevois et des Bernois. La plupart des curés restent dans leurs paroisses, bien que quelques-uns des plus timides se soient retirés pour voir comment finiront les choses.

Les passages étant occupés comme ils le sont, il sera très difficile

(1) Saiat-Gingolph, situé sur les bords de la Morge*

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difricilissima di scrivere a V. S. Illma tanto spesso corne si converrebbe ; tuttavia io ne cercarô ogni occasione, non stimando poca consolatione in queste miserie se io posso rappresentarme spesso nella sua memoria et gratia.

Pregho il Signor Iddio che le dia ogni vero contento, et facendogli humilissima riverenza gli bascio le reverendissime mani.

Di V. S. Illma et R'"%

Divotissimo et humilissimo servitore, Praevosto di Geneva.

In Annessi, alli 26 Agosto 1600.

Io supplico il signor Secretario di V. S. Illma che si degni inviare il plico qui alligato.

Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Rome, Archives Vaticanes.

d'écrire à Votre Seigneurie Illustrissime aussi souvent qu'il conviendrait ; néanmoins, j'en chercherai toutes les occasions, car parmi ces calamités je ne tiens pas pour une petite consolation de pouvoir me rappeler fréquemment à son souvenir et à sa bienveillance.

Je prie le Seigneur notre Dieu de vous donner tout vrai contentement, et, vous faisant très humble révérence, je baise vos mains vénérées.

De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime,

Le très dévoué et très humble serviteur, François de Sales,

Prévôt de Genève.

A Annecy, le 26 août 1600.

Je supplie M. le Secrétaire de Votre Seigneurie Illustrissime de vouloir bien expédier le pli ci-joint.

A MONSEIGNEUR CLAUDE DE GRANIER, ÉVEQUE DE GENEVE

Envoi de deux lettres. — Aggravation de la maladie de M. de Boisy.

Sales, 19 janvier 1 601 .

Sur la lettre que monsieur de Sanci (0 m'escrivoit pour me rendre solliciteur auprès de vous de son intention, j'ay ouvert celle quil vous escrivoit, appuyé tant sur la créance qu'il vous plait prendre en la fidélité de l'affection que j'ay a vostre service, qu'aussi sur la crainte que j'avois que ce ne fut pour chose qui meritast que j'allasse auprès de vous pour en entendre vos commandemens. Mais voyant que le sujet ne portoit point ceste presse, je vous envoyé les deux lettres et demeure icy au devoir que j'ay au service de mon père, lequel de jour a autre avance a grans pas a l'autre vie, s'affoiblissant tellement en cellecy que, si Dieu ne nous preste sa main miraculeuse, je me vois dans peu de jours privé de la

(1) Nicolas de Harlay, seigneur de Sancy et de Grosbois, baron de Maule (1546-1629), fils de Robert de Harlay et de Jacqueline de Morvillers, suivit d'abord le parti de Henri III, puis se rangea à celui de Henri IV (1589). Il fut chargé par ce dernier de lever des troupes en Allemagne et de diriger l'armée suisse au service de la France dans ses attaques contre la Savoie (1591). M. de Sancy devint surintendant des bâtiments, premier maître d'hôtel du roi, gouverneur de Chalon-sur-Saône, lieutenant-général en Bourgogne, colonel général des Suisses (avril 1596); en 1600 il accompagna Henri IV dans l'expédition de Savoie et commanda les troupes, composées en grande partie d'hérétiques, qui s'emparèrent du Chablais dont le roi de France le nomma gouverneur. Après avoir abjuré une première fois, il était retourné au protestantisme et ne se convertit définitivement qu'en 1597.

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consolation que, avec toute ceste mayson, j'ay tous-jours eu en la présence de ce bon père (0. Or Dieu, qui est Seigneur de nos vies, soit a jamais loué de toutes ses volontés.

Je le prieray tous-jours pour vostre prospérité, puysque j'ay cest honneur d'estre advoùé, Monseigneur, Vostre très humble et très obéissant filz et serviteur,

Françs De Sales.

A Sales, ou ma mère avec tous les siens et mon père mesme vous baysent très humblement les sacrées mains, 19 janvier.

A Monseigneur Monseigneur le Reverme Evesque et Prince de Genève.

Revu sur une copie déclarée authentique conservée à la Visitation d'Annecy. ( 1) M. de Boisy vécut encore jusqu'au 5 avril de cette même année.

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