‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 73 sur 102 · AU BARON FRANÇOIS DU VILLARS · texte numérisé non relu

AU BARON FRANÇOIS DU VILLARS

Raisons qui ne permettent pas de donner au fils de ce seigneur la cure et le doyenné de Vuillonnex.

Annecy, 6 novembre 1600.

Monsieur,

J'ay tous-jours porté dans le cœur beaucoup de désir d'aggreer a tous vos semblables, et a vous particulièrement des que j'eu le bien de jouir plus famillierement de

(1) François de Boyvin, baron du Villars-sous-Salève, maître d'hôtel de la reine Louise de Lorraine, veuve de Henri III, gentilhomme ordinaire de la

Lettres II 27

vostre conversation, au tems que vous me remettes en mémoire par vostre lettre ; qui me rend autant plus de regret me voyant les mains liées et me treuvant hors de pouvoir au sujet pour lequel vous m'escrives avec tant de courtoisie, et que monsieur de Sanci me recommande si affectionnement, puis que quant a la cure je suis engagé dans Tordre que j'en ay pieça envoyé au Saint Siège Apostolique, par lequel elTest unie avec celles de Bernex et de Confignon. Et quant au doyenné, je ne sçaurois rompre la provision de Romme faitte pour monsieur d'Angeville (0, ni faire chose quelcomque a son prsejudice sans Touir juridiquement avec connoissance de cause.

Je me prometz tant de vostre vertu, que je luy propose la rayson ainsi simplement, estimant qu'elle la recevra de bon cœur. Faittes moy donq ce bien, Monsieur, et croyes, je vous prie, qu'en toutes occasions ou j'auray le pouvoir esgal a la volonté vous me rencontreres tousjours prompt et prest pour le contentement de vos désirs; de quoy je prie Dieu me mettre bien tost en main les occasions et vous donner, Monsieur, heureuse et longue vie en sa grâce et protection.

(2) Vostre très affectionné serviteur.

A Monsieur Monsieur le baron du Vilars.

Revu sur l'Autographe conservé au presbytère de Bernex (canton de Genève).

chambre du roi, conseiller d'Etat. Nommé bailli de Gex par patentes du 16 janvier 1601, il remplissait encore cette charge en 1618. On lui doit d'importants Mémoires sur les guerres du Piémont (15 59-1 569), et plusieurs autres ouvrages.

(1) Voir le tome précédent, note ( 1 ), p. 152.

(â) La clausule et l'adresse de cette lettre ne sont pas de la main du Saint, non plus que l'adresse de la lettre suivante.

ÉCRITES POUR M^r DE GrANIER 419

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