‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 75 sur 102 · AU ROI DE FRANCE HENRI IV · texte numérisé non relu

AU ROI DE FRANCE HENRI IV

(inédite)

Espoir que la conversion du pays de Gex sera facilitée par la réunion de ce territoire à la France. — Recours à la protection de Sa Majesté.

Ville-en-Sallaz, 5 août 1601.

Sire,

Je loue Dieu de la réception que Vostre Majesté a faitte de son païs de Gex, qui est dépendant de mon diocèse, Vide supra, p.71, par la fidélité que les habitans d'iceluy luy ont jurée*, croyant que leur réduction a son obéissance serviroit de porte a la réduction de leurs âmes en l'Eglise Catholique. Dequoy, bien que je ne doute nullement, si est ce que sur ce poinct je me sens redevable de supplier très humblement Vostre Majesté qu'en suite de Y Intérim publié par tout le royaume, il luy plaise donner libre et favorable accès a l'exercice catholique en ce petit coin de Gex, lequel meshuy dépend de ce grand théâtre auquel Vostre Majesté fait si heureusement les actions royales, et, qu'en exécution, les biens ecclésiastiques jadis destinés a ce service, soyent restablis a ceux qui le feront et ausquelz ilz appartiennent, avec les temples et églises.

La bonté et justice de ceste requeste m'en promet un favorable appoinctement, comme la grandeur du courage de Vostre Majesté m'asseure d'une pleine et soudaine jouissance du bien que j'en pretens, qui n'est principalement que la gloire de nostre bon Dieu, l'establissement de laquelle est l'unique gloire de la très chrestienne couronne qu'il a donnée a Vostre Majesté, et laquelle je le supplie luy vouloir très longuement conserver en toute félicité et pour son service, désirant vivre tous-jours en l'honneur d'estre,

Sire, de Vostre Majesté,

Très humble et très obeyssant serviteur.

De Ville en Sallaz, près de Genève, ce 5 aoust 1601.

Revu sur le texte inséré dans le Ier Procès de Canonisation,

ECRITES POUR M°r DE GraNIER 4J9

A MONSEIGNEUR GASPARD SILINGARDO ÉVÊQUE DE MODÈNE, NONCE APOSTOLIQUE EN FRANGE (0

Sollicitations pour obtenir l'intervention du Nonce dans les affaires du pays de Gex.

Ville-en-Sallaz, 10 août 1 601 .

(2) Illustrissimo et Reverendissimo Signore mio

osservandissimo,

Essendo il paese di Gex, vicino a Geneva, di questa mia diocaesi , ridutto nuovamente alla ubedienza del Re Christianissimo coll'aver gl'habitatori di esso fatti li giuramenti, hommagi et fedeltà da farsi in simil caso, ho mandato espresso al signore Barone di Lux, luoghotenente di Sua Maestà in detto paese, alla quale ancora ho scritto, acciochè ivi si restituisca 1' essercitio délia santa fede catholica, et che le chiese siano applicate, insieme colle loro entrate, alli pastori et altri che appartengono canonicamente, si corne si è fatto per tutta la Francia

Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Le pays de Gex, qui avoisine Genève et fait partie de mon diocèse, a été soumis de nouveau à la domination du roi très chrétien : les serments, hommages et protestations de fidélité usités en pareil cas ont été rendus par les habitants. En conséquence j'ai recouru à M. le baron de Lux, lieutenant de Sa Majesté en ce pays, et j'ai aussi écrit au roi afin d'obtenir le rétablissement du culte catholique et la restitution des églises, avec leurs revenus, aux pasteurs et autres qui en sont les possesseurs canoniques, ainsi que cela s'est fait dans toute la

(i ) Ce Prélat, transféré du siège de Ripatransone à celui de Modène (19 février 1593), fut accrédité en qualité de Nonce auprès de Henri IV au commencement de Tannée 1599 (voir note (2), p. 4) et demeura en France jusqu'au mois d'août 1601. Saint François de Sales ignorait encore, quand il écrivit cette lettre, que le destinataire était rappelé en Italie. Msr Silingardo mourut en 1607.

(2) Le texte original de cette lettre est publié ici pour la première fois. L'éditeur Migne s'est borné à donner une traduction française.

43° Lettres de saint François de Sales

* Vide supra, Epp. col mezzo dello editto de T Intérim *. Et perché questa è

CXLII, CXLIH. .. -11.1 « c\ -r-» • «•

opra santissima et molto desiderata da Sua Beatitudine, supplico V. S. Ill,na et Rma che si degni fare viva instantia appresso di quella corona, sapendo certo che coirauthorità sua potrà far riuscir questo negotio efficacemente et subito, essendo io praeparato [a] far quanto mi toccarà (a\ Et di questo ricorso che hô a V. S. Illma et Rma ne dô pur adesso raguaglio alla Santità di Nostro Signore, laquale so certo che haverà gratissimi et charissimi il zelo et sollecitudine quali in questa occasione si spenderanno da V. S. Ill'na et R'n% alla quale bascio humilmente le mani, preghando il Signore Iddio che gli dia ogni vero contento. Di V. S. Illma et Rma,

Humil servitor.

De Villa in Salla, apressoGeneva,allixd'Agosto 1601. Airillmo et Rmo Sigr mio osservandissimo, Monsigr il Vescovo di Modena, Nuntio Apostolico apresso Sua Maestà Christianissima. — In Parigi. Revu sur l'Autographe conservé à Milan, Archives Trivulzio.

France conformément à l'édit de X Intérim. Et parce qu'il s'agit d'une œuvre très sainte et fort désirée de Sa Béatitude, je supplie Votre Seigneurie de daigner présenter à cette couronne de vives instances; car je suis certain qu'Elle pourra, grâce à sa haute influence, conclure cette négociation avec autant de bonheur que de promptitude ; de mon côté je suis prêt à faire tout ce qui dépendra de moi. Je préviens aussi maintenant Sa Sainteté de mon recours à Votre Seigneurie, et je suis sûr que le zèle et la sollicitude que vous emploierez en cette occasion lui seront très agréables et précieux. Je vous baise humblement les mains, priant Dieu notre Seigneur de vous accorder tout vrai contentement. De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, L'humble serviteur.

De Ville-en-Sallaz, près de Genève, le 10 août 1601. A mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur, Mgr l'Evêque de Modène,

Nonce Apostolique auprès de Sa Majesté très Chrétienne. — A Paris.

(a) subito,— et io non manco diprœparare quanto ffia bisognodal canto rnio. j

ÉCRITES POUR M°r DE GRANIER 43 I

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