AU ROI DE FRANCE HENRI IV
Trois curés établis dans le pays de Gex. — « La bonté du commencement » fait « désirer le progrès » de la conversion de ce bailliage. — Ce qu'à cet effet l'on attend de la protection du roi de France.
Annecy, décembre 1601.
Sire,
Sur le bon playsir de Vostre Majesté, qu'elle me de- „,,., c,
1 J j t. 'Vide supra, p. 01,
claira par sa lettre *, j'ay esté en son balliage de Gex, not. (2).
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et y ay establi des ecclésiastiques pour l'exercice de la sainte religion catholique es lieux que M. le baron de
* Vide supra, p. 90, Lux m'a assigné, qui ne sont que trois en nombre * ; beau-
coup moins, a la vente, que je n avois conceu en mon
espérance, laquelle, portée de la grandeur de la pieté qui reluit en la couronne de Vostre Majesté, n'aspiroit a
* Cf. Epist. cclix. rien moins qu'au tout *. J'espère néanmoins encor ; et, par
la bonté du commencement que je vois, je suis tousjours tant plus invité d'en désirer le progrès et compliment, lequel aussi nostre Saint Père me commande d'attendre de la justice, équité et zèle de Vostre Majesté, comme je fay, plein d'asseurance que ceste main royale, qui ne sçait laisser aucun de ses ouvrages imparfait, ayant donné commencement au restablissement de la sainte religion en ce petit coin de mon diocèse, qui a l'honneur d'estre une pièce de vostre grand royaume, ne tardera point d'y apporter la perfection que le Saint Siège en attend, que son edit promet (0, et que je luy demande très humblement, avec la faveur de sa grâce ; suppliant nostre Sauveur, pour la gloire duquel je présente ceste requeste, qu'il comble de bénédictions le sceptre très chrestien qu'il a mis en la main de Vostre Majesté, et, qu'après le luy avoir maintenu longuement, il le fasse heureusement passer en celle de Monseigneur le Dauphin, pour l'appuy de l'Eglise et religion catholique, qui est tout le bien qu'après l'éternelle félicité peut souhaitter pour Vostre Majesté,
Sire,
Le très humble et très obéissant serviteur et orateur
de Vostre Majesté.
( i) L'édit de Nantes*