A M. MICHEL BRISSON
(inédite)
Regrets de ne pouvoir accepter de prêcher un Carême à Saint-Merry. Témoignages d'estime au destinataire qui avait transmis l'invitation.
Thonon, 17 septembre 161 1.
Monsieur,
J'avois certes grand désir de pouvoir servir ce Caresme prochain a l'instruction de la parroisse de Saint Mederic, puis que messieurs ses curé et marguilliers me font lhonneur de m'y souhaiter (2) ; mais j'ay tant de besoigne taillée pour cett'annee, quil me seroit impossible d'en fendre la presse pour partir d'icy a trois moys, comm'il faudroit faire. Je vous supplie donq, Monsieur, très humblement , de m'en excuser vers eux pour cett'annee ; et si, pour la suivante, les difficultés que vous sçaves se pouvoyent vaincre, je serois bien ayse de leur tesmoigner combien j'estime lhonneur de la semonce quilz me font faire par la personne du monde que j'honnore, respecte et chéris de toute l'estendue de mes forces, et a laquelle je suis sans reserve et sans fin, Monsieur,
Humble, fidèle et très affectionné serviteur,
Franc8, E. de Genève.
Ce xvii septembre 161 1.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. le comte de Chabrol, à Riom.
(1) Le destinataire est vraisemblablement Michel Brisson, seigneur de l'Eraudière, conseiller du roi, connu de son temps pour l'ardeur de sa foi et ses grandes libéralités. Par testament, il légua toute sa fortune pour fonder un Noviciat de la Compagnie de Jésus, et mourut en 1625. Il était cousin du célèbre président Barnabe Brisson, pendu par les Seize en 1591.
(2) Les archives de la paroisse parisienne ont disparu. Même après de très nombreuses recherches, il n'a pas été possible de découvrir les noms du curé et des marguillers qui avaient invité le Saint.
Année 1611
DCCXVI