FRAGMENT
Grave maladie de la Mère de Chantai. — Une oraison prolongée et répétée sur la troisième demande du Pater. — La résignation et la confiance d'un Fondateur.
Annecy, [vers le 26 février] 161 2 (1).
Mon cher Père,
Je vous demande une neuvaine pour la santé de nostre madame de Chantai. Il y a dix ou douze jours que sa griefve maladie me fait faire mon orayson sur la troi-
Matt., vi, 10. siesme pétition du Pater : Fiat voluntas tua *. Je suis tout sousmis a cette volonté divine. S'il luy plaist de prendre cette Mère, je la luy offre; s'il luy plaist de
Job, 1,21. nous la laisser, son saint nom soit béni * / S'il luy
plaist que nostre ouvrage se fasse, il nous en laissera la matière; sinon, il la serrera dans son cabinet éternel.
(1) En citant ce fragment, Y Histoire de la Fondation d'Annecy indique comme destinataire le P. de Bonivard. Cette attribution est confirmée par la teneur du billet.
La date se déduit des mêmes particularités qui ont servi à établir celle de la lettre précédente, car toutes les deux traitent du même objet.
Année 1612 171
Il faut que je vous advoue, mon cher Père, selon les loix de nostre inviolable, paternelle, fraternelle et filiale dilection, que la conduitte de Dieu sur tous ses desseins me tient en admiration, mays avec certaine espérance intime qu'il mené sur le bord de la mort pour vivifier ; je dis plus, qu'il tue pour resusciter * (0. Je fais finir J Reg!,'?i™rsap.j toutes mes pensées par : Fiat voluntas [tua *]. *ubi3'a^
Revu sur le texte inséré dans YHistoire de la Fondation du ier Monastère de la Visitation d'Annecy.
(1 ) L'espoir secret du bienheureux Fondateur ne fut pas déçu ; sa dévotion pour le grand Archevêque de Milan lui ayant inspiré quelques jours après, de donner de ses reliques à la vénérée malade, presque agonisante, celle-ci se trouva instantanément guérie. En reconnaissance, François de Sales fit le voeu d'aller visiter le tombeau de saint Charles Borromée.
La Mère de Chaugy (Mémoires, etc., Partie II, chap. xi) place ce fait en février 1618. C'est une erreur, car à cette époque, la Mère de Chantai, quoique très souffrante, ne fut pas réduite à l'extrémité; sa correspondance le prouve. D'ailleurs, le pèlerinage à Milan s'effectua le 25 avril 161 3 (cf. Année Sainte de la Visitation, 25 avril) ; le Saint avait même eu l'intention de le faire pendant l'automne de l'année précédente, comme on le voit par sa lettre du 25 septembre 1612 à M. de Blonay.
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