‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 52 sur 88 · A M. JACQUES DE BAY · texte numérisé non relu

A M. JACQUES DE BAY

Recommandations en faveur de trois étudiants de Savoie. Nouvelles religieuses.

Annecy, 8 octobre 1612.

Monsieur,

Outre le désir que j'ay de me ramentevoir en vostre bienveuillance par un 'occasion si asseuree comm'est celleci, je suis aussi obligé de gratifier les parens de ces jeunes gens par la très affectionnée recommandation que je vous fay en la faveur d'iceux. Hz sont, certes, tous troys enfans de personnes de bonne qualité et pour lesquelles je voudroys beaucoup de bien et de satisfaction ; mays en particulier l'un d'entr'eux, nommé Grillet, est fllz d'une mère qui m'appartient en sang et d'un père que, pour sa probité, j'affectionne estroittement (0. C'est pourquoy, vous suppliant de tout mon cœur de les recevoir tous entre les bras de vostre charité, je vous supplie plus particulièrement pour celuy la (2).

Les parens aussi de M. Jean de Rua (3) m'ont prié de le vous recommander; ce que je fay bien affectionnement, quoy que je ne doute pas que sil se comporte aussi modestement au collège comm'il a fait tandis quil a esté icy, il ne vous soit asses recommandable de luy mesme, sans que j'y employé mon intercession.

Nous avons ces moys passés retiré environ 25 églises

(1) Claudine de Sales, mère du jeune étudiant, sœur du chanoine Louis de Sales, et cousine-germaine du Saint, était fille de Louis, coseigneur de Brens, et de Janine de Guasquis ou Guasques. Elle avait épousé « egrege » Jean Grillet.

(2) Nicolas Grillet répondit aux espérances de son protecteur. Docteur en théologie, pourvu le 6 novembre 1623 de la cure d'Allinges, il publia en 1630 YHistoire de la Bonne Fontaine auprès de La Roche, précédée d'une dédicace à Janus de Sales, et mourut au mois de septembre 1638.' (R. E. ; Grillet, Dictionnaire historique, etc., Chambéry, 1807, tome Ier.)

(3) Il n'a pas été possible de retrouver la parenté de Jean de Rua, dont la famille paraît se distinguer tout à fait de celle de Vincent de la Ruaz.

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des mains des huguenotz autour de Genève (0, que j'espère repeupler de bons pasteurs, comm' encor d'en retirer davantage, s'il plait a Dieu de toucher le cœur des Princes affin qu'ilz conspirent a la sanctification de son saint nom. Ce sont les seules nouvelles dont je vous puis servir et, comme je pense, les plus agréables et qui vous donneront tant plus de courage de favoriser ce diocaese, eslevant aux lettres et a la pieté ceux qui vous sont envoyés, et priant Nostre Seigneur pour moy qui, réciproquement, vous souhaite toute sainte prospérité et demeure, Monsieur,

Vostre humble très affectionné confrère et serviteur,

Françs, E. de Genève.

Vin octobre 1612, a Neci.

A Monsieur Monsieur de Bay, Docteur régent et Chancelier de l'Université de Louvain, Doyen de S* Pierre, Président du Collège de Savoye.

Revu sur l'Autographe conservé à Bruxelles, Bibliothèque des PP. Bollandistes.

( 1 ) Eglises du bailliage de Gex, dont saint François de Sales avait pris possession au mois de juillet. (Voir ci-dessus, Lettres dccxcix, dccc.)

DCCCXII

A LA MÈRE DE CHANÎAL Une jeune fille écartée de la Visitation pour cause de maladie.

Annecy, [août-octobre] 1612 (1).

Ma très chère Mère,

Nostre Seigneur vous donne l'abondance de ses grâces. Hier M. de Vilette me parla, et luy dis la difficulté de

( 1 ) Nous savons que le baron de Villette était à Giez dans la première quinzaine d'août 1612 et au commencement du mois d'octobre suivant. La date approximative que nous proposons est suggérée par cette particularité et

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la maladie dont je vous avois parlé (0. Il ne treuva point mauvais cela; de sorte que sil vous plait, en luy tesmoignant de la charité, luy dire que les Seurs seroyent trop troublées si telz accidens arrivoyent, et quil seroit requis qu'on luy fit les remèdes nécessaires tandis qu'ell'est chez luy, je ne doute point quil ne le treuve bien doux, ouy mesme toute sorte de dilation a luy bailler l'habit après qu'elle sera receùe, et que cela demeure en nostre discrétion. C'est par ce quil me dit hier quil vous iroit voir, que je vous donne cet advis, et par ce que je suis bien ayse de saluer un peu ce matin le cœur de ma très chère Mère, qui est le mien propre, bien que j'espère de le saluer ce soir, Dieu aydant.

Bonjour donq, ma très chère Mère ; Nostre Seigneur soit a jamais béni !

Revu sur l'Autographe appartenant à M. le chanoine Collonges, aumônier de la Visitation de Charnbéry.

par la suite des faits qui relie le présent billet aux lettres du 21 septembre et du 11 octobre. (Voir ci-dessus, pp. 265, 266, et la lettre suivante.)

(1) Le Saint fait ici une allusion discrète à la maladie de sa « petite cousine », que le baron de Villette désirait voir entrer à la Visitation. (Cf. ibid.)

DCCCXIII

AU BARON AMÉDÉE DE VILLETTE

La contagion au pays de Vaud.

La petite cousine aimée tendrement de la Mère de Chantai.

Annecy, 11 octobre 161 2.

Monsieur mon Oncle,

Sachant bien que vostre si soudain despart ne peut estre que pour quelqu'affaire de grand'importance ('),

(1) La diète de Bade (Suisse), qui s'était ouverte le 4 octobre; M. de Villette fut un des ambassadeurs extraordinaires envoyés par le duc de Savoie. (Cf. note (2) de la page suivante et la lettre du 14 novembre à des Hayes.)

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je prieray tant plus soigneusement Nostre Seigneur quil vous assiste de son saint esprit de conseil et de force, pour persuader les choses justes et convenables a ceux qui, peut estre, n'y sont pas beaucoup disposés.

Monsieur le maistre Carrel (*), revenant de Chablaix, m'a dit que la contagion s'estoit respandue en cinq ou six endroitz du païs de Vaux (2) ; cela pourroit rendre vostre passage difficile, mais vostre prudence remédiera a cet empeschement, prenant les destours propres a vostre conservation que, sur toute chose, je vous supplie avoir en recommandation.

Quant a ma petite cousine (3), elle vous donnera en tous evenemens sujet de contentement ; car, bien qu'elle n'ayt point son esprit incliné a la vie retirée et religieuse, si a elle une ferme resolution de se rendre de plus en plus vertueuse et dévote, et avec cela, vous ne sçauries recevoir d'elle que beaucoup de satisfaction. Madame de Chantai l'ayme tendrement et a espérance que par tout elle fera fort bien. Pour moy, j'ay commencé a la tenir pour ma fille, et ne veux jamais cesser, avec vostre congé toutefois, comme je suis invariablement,

Monsieur mon Oncle,

Vostre très humble neveu et serviteur,

Franc8. E. de Genève.

XI octobre 16 12, a Neci.

A Monsieur Monsieur le Baron de Vilette, Conseiller d'Estat et Maistre d'hostel de S. A.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. le marquis Marsigli, à Bologne.

( 1 ) Le maître des Postes (voir ci-dessus, note (4), p. 267).

(2) Dès 161 1, les lettres du président Favre et celles des ambassadeurs en Suisse font souvent mention de la contagion qui sévit en Valais, à Berne, Lausanne et dans les environs de Bade. Le 50 octobre 1612, le baron de Villette écrit de cette ville à Charles-Emmanuel : « Je partey soudain que j'heu le commandement de V. A. de venir icy, et passey par Soleurre pour éviter les lieux de contagion et arriver plus tost. » (Turin, Archives de l'Etat, Leitere Ministri.

(3) Voir ci-dessus, pp. 265, 266, et la lettre précédente.

278 Lettres de saint François de Sales

DCCCXIV

a madame d'esgrilles (0

Affection des Religieuses de la Galerie pour la destinataire. — Les satisfactions sèches et les consolations savoureuses. — Messages.

Annecy, 13 octobre 161 2.

Il me tardoit, certes, d'avoir quelqu'asseuree commodité de vous escrire, ma très chère Fille, ne doutant point que mes lettres ne vous soyent a consolation, selon la sainte dilection que Dieu a creëe entre nous.

La bonne Mme de Chantai se porte fort bien a mon gré, comme j'ay veu ce matin que j'ay dit la sainte Messe a la Visitation ; et c'est la ou ce porteur m'a treuvé que je sortois du parloir, ou j'estois descendu pour la saluer et dire deux ou trois motz d'affaires. Je m'asseure qu'elle vous respondra selon vostre désir, et la pensée qui vous est venue au contraire est une vayne pensée ; car vrayement ces bonnes filles ont des cœurs tout plains de très

( 1 ) La présente lettre a été publiée pour la première fois dans le Bulletin de l'Emulation de V Allier, 1859, tome VII, p. 68, avec la fausse adresse : A Madame de Pont de Vaux, sur la foi d'une note inexacte qui accompagnait l'Autographe. Or, toutes les particularités et allusions du texte désignent manifestement la destinataire proposée.

Née vers 1582, de Pierre-Marc de Mouxy, seigneur de Travernay, et d'Antoinette de Saint-Jeoire (voir note (2) de la page suivante), Marie de Mouxy épousa par contrat du 13 novembre 1591 (Archiv. de Giez), Louis de la Touvière, seigneur d'Escrilles, dont elle n'eut qu'un fils (voir ci-après, note (2), p. 280). Veuve à dix-huit ans, elle ne prit toutefois l'habit de la Visitation que le 2 juillet 1614, et le 7 décembre 1615, fit ses vœux de professe. Le Monastère de Belley l'eut en 1622 pour sa première supérieure ; la Maison de Rumilly fut sous sa direction de 1627 à 1634, et celle de Bourg-en-Bresse de 1635 à 1638. L: Anne 'e Sainte (tome V, p. 196) mentionne sa belle conduite durant la peste qui désola ces deux villes; dans le même Recueil, on trouvera l'histoire d'un épisode assez curieux qui marqua son entrée en Religion et un trait significatif de sa confiance en la Sainte Vierge, lors de l'invasion de l'Albanais par Louis XIII . « Toutte sa vie elle a pratiqué une dévotion si tandre et amoureuse, que nostre Bienheureux Père disoit que ce don de pietté la conduiroit bien avant dans le Ciel. » (Livre du Couvent, du Ier Monastère de la Visitation d'Annecy.) La Mère Marie-Madeleine de Mouxy décéda le 8 mai 1645, dans son monastère de profession.

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saint et ferme amour pour vous, de qui elles receurent une grande consolation en la sorte avec laquelle vous fistes vostre demande.

Au reste, demeurés en cette paix et tranquillité que Nostre Seigneur vous a donnée. La paix de Dieu, dit saint Paul *, qui surpasse tout sentiment, conserve * PHilip;, ult. 7. vostre cœur et vostr' esprit en Jésus Christ Nostre Seigneur. Voyes vous pas, ma chère Fille, quil dit que la paix de Dieu surpasse tout sentiment ? C'est pour vous apprendre que vous ne deves nullement vous troubler de n'avoir point d'autre sentiment que celuy de la paix de Dieu. Or, la paix de Dieu, c'est la paix qui prouvient des resolutions que nous avons prises pour Dieu et par les moyens que Dieu nous ordonne. Marchés fermement en ce chemin auquel la providence de Dieu vous a mise, sans regarder ni a droite ni a gauche : c'est le chemin de la perfection pour vous. Cette satisfaction d'esprit, quoy que sans goust, vaut mieux que mille consolations savoureuses.

Que si Dieu vouloit que vous eussies un peu de difficulté au demeslement de vos affaires, il faudroit recevoir cela de sa main, laquelle vous ayant sa)^sye, ne vous abandonnera point qu'elle ne vous ayt réduite au point de vostre perfection. Nous verrons de conduire tout bellement l'esprit des frères (0, et attendray que vous me faciès sçavoir ce que vous aures fait avec la bonne mère (2). Vous verres bien, ma très chère Fille, que la providence de Dieu fera par tout faire place a vostre intention , puis qu'ell'est toute conforme a la sienne ; il faut seulement avoir un courage un peu vigoureux et résolu. J'appreuve que vous retourniés avant le Caresme, affin que vous puissies au plus tost vous desprendre de tout embarassement, et rencontrer le béni jour auquel

(1) Balthazard de Mouxy, seigneur de Travernay (voir le tome précédent, note ( 1 ), p. 333), et Melchior, baron de Saint-Jeoire.

(2) Antoinette de Saint-Jeoire, fille de Charles de Saint-Jeoire, seigneur de la Chapelle en Chablais, et de Françoise de Cojonay, était sœur du célèbre baron d'Hermance. Elle avait épousé, par contrat dotal du 17 mai 1573, Pierre- Marc de Mouxy.

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vous luy tesmoigneres que ce n'est que luy que vous cherches.

J'ay escrit au P. Recteur de Chamberi (0 sur le sujet du logement de vostre cher enfant (2), et ne doute point que vous ne treuvies tout'assistence. Et quant a moy, ma chère Fille, je ne pourray jamais vous oublier ni en mes Sacrifices ni en mes prières, ni en aucun'occasion de l'avancement de vostre ame, puis que son Créateur a gravé si profondement en la mienne une parfaite affection pour vous. Je supplie nostre Sauveur et sa Mère quilz vivent et régnent a jamais au milieu de vostre cœur. Amen.

Je suis invariablement, ma très chère Fille,

Vostre plus humble parent et très asseuré serviteur,

F., E. de Genève.

13 octobre 161 2, a Neci.

Vous m'escrires bien encor après vostre retour de Chamberi : et si vous passies a la Bastie, je vous prie de saluer madamoyselle de Saint Pierre (3), a laquelle j'ay escrit et que j'ayme cordialement.

Revu sur l'Autographe appartenant à Mme A. Richard-Cottin, à Lyon.

( 1 ) Le P. Le Maire, S. J. (voir ci-dessus, note ( i ), p. 209).

(2) Le jeune Antoine-Balthazard de la Touvière d'Escrilles, né après la mort de son père (cf. note (1) de la p. 278), fit choix de bonne heure de l'Ordre des Capucins, et testa le 28 octobre 1618, en faveur de ses cousines Claudine-Adriane et Anne-Françoise, filles de Balthazard de Travernay. Le 13 juin 1620, le P. Georges — c'était son nom de Religion — avait fait profession; le 18 septembre 1621, il recevait le sous-diaconat des mains de M§r Jean-François de Sales, dans l'église de Sainte-Claire d'Annecy. (Archiv. de la Visitation d'Annecy; R. E.) L'année de sa mort ne nous est pas connue.

(3) Françoise de Seyssel, qui avait épousé en 1573 Jean-Alexandre de Clermont-Mont-Saint-Jean, seigneur de Saint-Pierre de Soucy, de la Bâtie, etc., paraît être la personne saluée par le Saint, si toutefois elle vivait encore en 1612. A son défaut, on pourrait proposer Anne de Montfalcon, femme de Jean-Claude de Clermont-Mont-Saint-Jean, belle- fille des précédents. (Voir tome XIV, note ( 1 ), p. 334.)

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DCCCXV

A MADAME DE LA FLECHERE

Ce que réservait le Saint dans ses demandes à Dieu. — Petites nouvelles, Annonce du départ de la Galerie.

Annecy, 21 octobre 161 2.

Je vous fis response l'autre jour, ma chère Fille, sitost que j'eu leu vostre lettre; mais le garçon qui l'avoit apportée ne revint pas prendre la mienne, laquelle je vous envoyé encores toute telle que je la fis.

Certes, j'ay esté en peyne de la pauvre chère Francine (0, laquelle j'espère devoir estre une bonne servante de Nostre Seigneur et qui ne laissera pas, moyennant la grâce caeleste, d'aller au Ciel après avoir rendu des bons services a Dieu entre les hazars de cette vie mortelle. C'est pourquoy, sa divine Bonté soit louée de la nous avoir encor laissée, comme je l'en ay supplié, avec la reserve delà sainte résignation, que je n'oublie jamais en choses de telle qualité.

J'ay fait tenir vostre lettre au P. Gardien (2), et celle de Mme l'Ancienne (3) sera rendue demain. Ce fut avanthier seulement que je receu vos lettres bien tard, que la

( 1 ) Françoise-Innocente, fille cadette de la destinataire et filleule du Saint.

(2) Il s'agit, pensons-nous, du P. Gardien des Capucins d'Annecy, qui était, en 1612, le P. Théodose de Bergame, de la famille des comtes Foresti (1545-1625). Entré dans l'Ordre vers 1572, il reçut la prêtrise des mains de saint Charles Borromée, qui l'aimait beaucoup, et devint plus tard provincial de Lyon. C'est alors que, sur la demande de Msr de Granier et de Charles-Emmanuel, il désigna, pour travailler à la conversion du Chablais (1595), les PP. Chérubin de Maurienne, Esprit de Baume et Antoine de Tournon. L'éminent Religieux, après avoir rempli les charges les plus élevées, mourut à Ambert, au cours d'une mission. Les Annales de son Ordre relatent des faits miraculeux opérés sur son tombeau. (Cf. Nécrologe des FF. Mineurs Capucins de Savoie, 1611-1902, par le P. Eugène de Bellevaux.) En parlant du P. Théodose dans une lettre à la Mère Favre (juillet 1620), saint François de Sales l'appelle son « grand amy. »

(3) Jéronyme de Mailb.rd, ancienne abbesse de Sainte-Catherine.

282 Lettres de saint François de Sales

chère cousine (0, a qui elles avoyent esté portées, m'envoya. J'envoyay a M. des Crilles ce qu'elle desiroit de "Cf.Epist.pneced. moy *, et croy que vous aures fait tenir a nostre seur de Bons (2) la lettre que je vous addressay. Dieu vous bénisse de sa grande bénédiction, ma très chère Fille, et tout ce qui vous est plus cher.

Hier monsieur vostre mari et M. de Charmoysi allèrent coucher a Thorens parmi un très mauvais tems. Mme de Chantai vous salue mille foys, des l'autre jour que je la vis. Lundi prochain, ell' ameyne sa trouppe dans la ville (3). Voyla le P. Gardien qui m'appelle, et je m'y en vay, vous laissant avec la paix et grâce du Saint Esprit. Je suis très véritablement et très parfaitement tout vostre. F.

Vostre plus humble très affectionné compère et serviteur,

F., E. de G.

Le 21 octobre 1612.

A Madame Madame de la Flechere.

Revu sur l'Autographe appartenant à M . de Scitivaux, à Vilet-les-Nancy (Nancy).

( 1 ) Mme de Charmoisy.

(2) Jeanne-Bonaventure de la Forest, sœur de la destinataire, Religieuse de l'abbaye de Bons.

(3) La « trouppe » ne fut pas prête le lundi suivant, 29 octobre; elle ne quitta la Galerie que le lendemain, mardi, 30 octobre. « Ce fut sur les quatre heures du soir, » lisons-nous dans YHistoire de la Fondation du 1er Monastère d'Annecy, « que nos anciennes Mères et Soeurs sortirent... Elles alloient deux à deux, précédées de M. Michel Favre, » et « furent receues en leur nouvelle maison par les dames Religieuses de l'Abbaïe de Sainte Catherine qui... embrassèrent toutes ces chères Sœurs et les introduisirent dans leur nouveau séjour, » lequel, remarque la Mère Fichet (Hist. de la Galerie), « etoit commode de tout, de jardin, verger et eaux.. » (Cf. ci-dessus, note ( 1 ), p. 245.)

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