AU DUC DE BELLEGARDE
(minute inédite)
Gratitude et humilité du Saint.
Annecy, [fin 1612-mars 161 3 (2).] Monsieur,
Lhonneur qu'il vous a pieu de me faire en m'escrivant, m'estonne également par sa grandeur et me ravit par sa douceur. Je l'appellerois excessif, si je considerois seulement l'indignité de celuy qui le reçoit ; mais je voy bien que (a) la source d'où il procède, Monsieur, ne permet pas que l'on puisse nommer ainsy cette faveur, quoy qu'elle excelle (b) au dessus de toutes autres, puis que vous me favorisés (c) selon ce que vous estes, Monsieur, et non selon ce que je suis, qui (d) certes ne suis rien, sinon en l'affection avec laquelle je révère Vostre Grandeur, pour la prospérité de laquelle je respans plusieurs bons souhaitz devant ce grand Dieu du Ciel, qui gratifie volontier les grans de la terre (e) qui gratifient les petitz
(a) que — ["ce que vous estes... J
(b) que l'on puisse — rappeller excès les faveurs dont vous gratifiés ceux qu'il vous plaitj quoy qu'elles excellent
(c) favorises — ("certes, MonsieurJ selon pvostre grandeur qui... j
(d) qui — Ten vérité.. J
(e) qui gratifie — Çde sa protection ceuxj
(t) De tous les gentilshommes correspondants du Saint, le duc de Bellegarde est celui que Ton peut désigner avec le plus de vraisemblance comme destinataire. La grandeur de son rang, la puissance de son crédit expliquent le ton cérémonieux et déférent de la lettre.
(2) Le grand Ecuyer ayant fait sa confession générale vers la fin de juillet 161 3 (cf. ci-dessus, note ( 1 ), p. 293), la présente lettre a dû être écrite avant cette date, car elle ne trahit aucun rapport d'amitié spirituelle, pas plus que la lettre du 10 novembre 1612. Il paraît donc qu'elle a été plus probablement adressée au duc à la fin de 1612 ou dans les premiers mois de 1613 : cette conjecture est confirmée par l'examen de l'écriture, soigneusement fait sur l'Autographe.
330 Lettres de saint François de Sales
et qui leur (f ) sont doux, gracieux et favorables ainsy que vous m'estes, Monsieur, et que je vous supplie de m'estre tous-jours, me regardant comme
Vostre très obligé, très affectionné
et très obéissant serviteur.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. Defrance, à Villers-devant-Orval (Belgique).
(f ) et qui — fest doux a ceux quij
DCCCXLIV
A LA MÈRE DE CHANTAL
Lumières et sentiments que recevait le Saint pour écrire le Traitté de V Amour de Dieu.
Annecy, [1612-1613 (1).] Ma chère Fille,
Bénisses Dieu du loysir qu'il me donne ces deux jours pour faire un peu d'orayson extraordinaire ; car vrayement sa Bonté a respandu dans mon esprit tant de lumières et dans mon pauvre cœur tant d'affection pour escrire en nostre cher livre du saint amour, que je ne sçay ou je prendray des paroles pour exprimer ce que j'ay conceu, si le mesme Dieu qui m'a fait concevoir ne me fait enfanter.
Revu sur le texte inséré dans le IId Procès de Canonisation.
(1) Migne (tome IX, col. 85) place ce billet en 161 5 ; or, d'après les lettres du Saint, le Traitté de V Amour de Dieu était complètement rédigé dans les premiers jours de novembre 1614. Ces lignes ont dû être écrites bien avant, surtout s'il est vrai, comme le dit la Mère de Chaugy dans la déposition même d'où nous les avons tirées (Process. remiss. Gebenn. (II), ad art. 15), que « le Serviteur de Dieu escrivoit alors le Livre VII de son Traicté. » D'autre part, il semble qu'en 1612, l'ouvrage n'était pas si avancé, et qu'en 1614, dès janvier, il était poussé plus avant. Telles sont les raisons de la date proposée.
DCCCXLV
A MADAME DE TRAVERNAY
Attitude de l'esprit humain en face des événements. — Considérations sur une mort prématurée. — Notre-Seigneur meilleur juge que nous de nos intérêts. — Consolations à la mère de l'enfant devenu un « brave petit saint. »
Annecy, 3 janvier 1613.
Je vous asseure, ma très chère Fille, que vostre affliction m'a touché vivement (0, ne doutant point qu'elle ne vous ayt esté fort rude, d'autant que vostr'esprit, comme celuy du reste des hommes, ne voyant pas la fin et intention pour laquelle les choses arrivent, il ne les reçoit pas en la façon qu'elles sont, mais en la façon quil les sent.
Voyla, ma chère Fille, que vostre filz est en asseurance, il possède le salut éternel ; le voyla eschappé et garanti du hazard de se perdre, auquel nous voyons tant de personnes. Dites moy, je vous supplie, ne pouvoit-il pas devenir avec l'aage fort desbauché? Ne pouvies vous pas recevoir beaucoup de desplaysir de luy a l'advenir, comme tant d'autres mères en reçoivent des leurs? car, ma chère Fille, on en reçoit souvent de ceux desquelz on en attend le moins. Et voyla que Dieu l'a retiré de tous ses (sic) perilz, et luy a fait recueillir le triomphe sans battaille et moyssonner les fruitz de la gloire sans labeur. A vostr'advis, ma chère Fille, vos vœuz et vos dévotions ne sont ilz pas bien recompensés? Vous les faysies pour luy, mais aifin quil demeurast icy
(1) Gaspard, le fils de la destinataire, né à Chitry le 8 mars 161 2, était mort de la rougeole, âgé de dix mois.
332 Lettres de saint François de Sales
avec vous, en cette vallée de misères ; Nostre Seigneur, qui entend mieux ce qui est [bon] pour nous que nous mesme, a exaucé vos prières en faveur de l'enfant pour lequel vous les faysies, mais au despens des contentemens temporelz que vous en praetendiés.
En (0 vérité, j'appreuve bien la confession que vous faites, que c'est pour vos péchés que cest enfant s'en est allé, par ce qu'elle procède d'humilité ; mais je ne croy pas pourtant qu'elle soit fondée en vérité. Non, ma chère Fille, ce n'est pas pour vous châtier, c'est pour favoriser cet enfant que Dieu l'a sauvé de bonn'heure. Vous aves de la douleur de cette mort, mais l'enfant en a un grand prouffit ; vous en aves receu du desplaysir temporel, et l'enfant un playsir éternel. A la fin de nos jours,, lhors que nos yeux seront desillés, nous verrons que cette vie est si peu de chose quil ne failloit pas regretter ceux qui la perdoyent bien tost : la plus courte est la meilleure, pourveu qu'elle nous conduise a l'éternelle.
Or sus, voyla donq vostre petit enfant au Ciel, avec les Anges et les saintz Innocens ; il vous sçait gré du soin que vous avés eu de luy ce peu de tems quil a esté en vostre charge, et sur tout des dévotions faites pour luy. En contrechangê, il prie Dieu pour vous et respand mille souhaitz sur vostre vie, afrln qu'elle soit de plus en plus conforme a la volonté céleste, et que par icelle vous puissies gaigner celle dont il jouit. Demeures en paix, ma chère Fille, et tenes bien vostre cœur au Ciel, ou vous aves ce brave petit saint ; persévères a vouloir tous-jours plus fidèlement aymer la bonté souveraine du Sauveur, et je le prie quil soit a jamais vostre consolation.
(2) Je salue de tout mon cœur ma chère petite filleule bienaymee (3) ; mon ame luy souhaite mille bénédictions.
( 1 ) Le bas de l'Autographe ayant été coupé, quelques mots et des membres de cette phrase ont disparu; nous les suppléons par le texte de la première édition, à laquelle nous empruntons aussi la signature.
(2) Les deux phrases suivantes sont inédites.
(3) Anne-Françoise de Mouxy, fille cadette de la destinataire, qui épousa (contrat dotal du 5 février 1625) Jacques-François Vidomne de Chaumont et fut inhumée à Rumilly le 25 décembre 1654. « Françon, » comme l'appelle le Saint dans une de ses lettres, aimait tendrement son bienheureux parrain.
Année 1613 333
Mmc de Chantai se porte mieux (0, et ne doute point qu'elle ne vous escrivit si ell'estoit avertie. Je suis sans
fin,
Vostre plus humble, très affectionné et fidèle compère et serviteur,
3 janvier 161 3.
A Madame Madame de Treverney.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Chambéry. (1) Voir plus haut, pp. 306, 307, 311.
DCCCXLVI
A LA MÈRE DE CHANTAL
Le cœur de l'Evêque de Genève. — Un projet de Congrégation. — Le Tralttè de l'Amour de Dieu. — Nouvelle de la mort tragique du baron de Lux : compassion du Saint.
Annecy, vers le 10 janvier 16 13 (1). Ma très chère Mère, ma Fille,
Je vous veux un peu donner le bon jour pour contenter mon cœur partout ; car encor le faut-il aymer, ce pauvre cœur, puisque, tout infirme quil est, il veut aymer son Dieu de toute l'estendue de ses forces, en sincérité et pureté.
Or je désire, mais je n'ose me promettre que je vous aille voir aujourdhuy. Entr'autres causes de ma défiance, c'est que voyci arriver M. l'Aumosnier de Belleville (2),
( 1 ) La date est indiquée approximativement par la mort du baron de Lux arrivée le 5 janvier. (Voir ci-après, note (1), p. 336.) La nouvelle n'a pas dû tarder à être connue à Genève, très bien renseignée par ses agents sur les moindres événements de la cour de France et de la capitale.
(2) Sous ce nom, le Saint désigne Claude de Sevelinges, alias de Sirvinges, aumônier de l'abbaye de Belleville (1). Il figure avec ce titre, comme parrain,
(1) L'abbaye de Belleville (diocèse de Lyon) fut fondée en 1159 par Humbert de Beaujeu, en faveur de six chanoines réguliers de Saint-Irénée de Lyon.
qui est celuy qui m'a escrit pour Mme des Gouffier (0, et la rayson veut, que venant exprès pour me voir, je luy en donne le plus de commodité que je pourray. Je croy quil vous ira voir aussi, et je désire que ce soit a sa consolation et édification, mesme quil a quelque sorte d'inclination a vouloir estre de nostre future Congrégation, si Dieu nous fait la grâce que nous l'erigions (2).
dans un acte de baptême du Ier juin 1603, Jeanne de Sirvinges étant marraine. (Archives commun, de Belleville, Notes de M. d'Avaise, érudit lyonnais.) En février 161 5, il devint le confesseur ordinaire du Ier Monastère de la Visitation de Lyon, sur la demande que les Religieuses en avaient faite à Msrde Marquemont. A partir de cette date, la Mère de Chantai fait souvent mention dans les lettres qu'elle écrit à Lyon, de « monsieur l'Aumônier. » Claude de Sevelinges fit en 1616 un autre voyage à Annecy, où il séjourna du 21 mai jusqu'après le 6 juin, c'est-à-dire au temps même où les deux Fondateurs acceptèrent de convertir leur « Congrégation en Religion. » — « J'aime et honore grandement ce bon homme..., c'est une vraie bonne âme, » disait de lui la Sainte, « conservez-moi en la souvenance de ses prières; j'y ai confiance, je ne l'oublie jamais aux miennes petites. » (Lettres à la Mère Favre, vol. Ier (Paris, Pion, 1877), pp. 122, 131.)
Le 21 janvier 1617, saint François de Sales mandait à la Mère Favre : « M. l'Aumosnier m'escrit que M^TArchevesque le vous oste ; » et, en effet, le 6 mai suivant, Claude de Sevelinges fut changé « a raison qu'il fut requis d'aller a son bénéfice. » (Livre du Chapitre du ier Monastère de Lyon, transféré à Venise en 1801.) Par testament du 20 février 1621, il laissait à la confrérie du Saint-Sacrement de Belleville, trois cents livres, son calice et ses ornements d'église, avec la charge de plusieurs obligations. (Archives du Rhône, série G. n° 155.)
(1) Elisabeth Arnault des Gouffiers, Religieuse du Paraclet (voir ci-après, note (1), p. 343).
(2) C'est ici que nous voyons apparaître pour la première fois, croyonsnous, le dessein du Bienheureux à l'égard de cette Congrégation. En 1617, il disait à ses filles : « Pleust à Dieu, mes chères Sœurs, qu'il se trouvast beauce coup de gens qui les voulussent pratiquer, » — les Règles et Constitutions de la Visitation — « voire mesme des hommes ! » (Les Vrays Entretiens spirituels, tome VI, var. (o'), p. 303.) Le 7 décembre 1621, la Mère de Chantai écrivait au Saint (Lettres, vol. Ier, p. 593) : « M. Jocelin... me vint derechef prier dernièrement de savoir de vous s'il n'y aurait moyen que vous voulussiez établir une Congrégation d'hommes, tout ainsi qu'est la nôtre... Ils voudraient observer nos mêmes Règles et Constitutions, et être Religieux. Je lui dis que je croyais que volontiers vous vous emploieriez à cela, mon très cher Père, mais que la grande difficulté était de votre éloignement, parce que le plus grand profit et utilité était de prendre votre esprit... Je proposai que l'on vous envoyât des hommes les mieux disposés pour être dressés. »
D'après M8r Camus, le Bienheureux aurait eu le « dessein de dresser une Congrégation de prestres du clergé, qui fust libre et sans vœux, » mais se serait désisté de son entreprise quand M. de Bérulle eut fondé l'Oratoire. (L'Esprit du bienheureux François de Sales, 1639-1641, Partie VII, section xiv.) Jean-François de Blonay dépose (Process. remiss. Gebenn. (I), ad art. 43) que
Année 1613 335
Il voudra aussi peut estre voir nostre fille Bellod (0, par ce quil est beaufrere de M. Tesleu Bellod (2).
JHay des-ja travaillé deux heures en Y Amour de Dieu. Mays faut il pas que je vous die le desplaysir que j'eu hier de la nouvelle de la mort de nostre monsieur le baron de Lux, tué, comme Ton dit, d'un coup de pistolet
l'Evèque de Genève désirait vivement « introduire la discipline des Oblatz de Sainct Ambroise dans son clergé, ainsy quil conste, » dit-il, « par un acte authentique que j'ay en main. Il m'avoit persuadé d'aller séjourner quelque temps a Milan pour cest effect, mais cella ne se peult bonnement exequuter. » Notre Saint mourut sans avoir pu donner commencement à cette belle œuvre. Vers 1632, un très digne prêtre du Languedoc, M. Bonal, après un pèlerinage à son tombeau, essaya de reprendre le projet, très encouragé par la Mère de Chantai. En 1652, au dire de la Mère de Chaugy, il avait établi trois maisons de la Congrégation. (Cf. Année Sainte de la Visitation, tome III, pp. 157-159, note.)
(1) D'une famille fort honorable, nièce d'un ancien secrétaire d'Etat (cf. plus haut, note (1), p. 246) et proche parente d'Antoine Bellot (voir la note suivante), « cette pauvre misérable Belot, » — le Saint la désigne ainsi dans une de ses lettres, — remplit de ses aventures et de ses désordres Chambéry et Annecy. Touchés de compassion, les deux Fondateurs la reçurent au monastère pour qu'elle y prît de sérieuses résolutions. Pendant le Carême de 1613, elle se comporta fort bien, mais en sortant de la Visitation, la pécheresse retomba dans son inconduite. On verra dans la suite de la correspondance de saint François de Sales comment sa charité inépuisable n'épargna rien pour l'en retirer. L'étude approfondie de plusieurs documents permet de croire que la malheureuse dévoyée répondit à tant de miséricorde en se faisant l'artificieuse complice d'une calomnie sans nom. (Voir Gallizia, Vita di S. Francesco di Sales, Venezia, 1743, lib. III, cap. xxxv; Dépos. de M. de Foras, Process. remiss. Parisiensis, ad art. 2g.)
Le 12 septembre 1616, le président Favre avertit le duc de Savoie qu'il va expulser de Chambéry les « seurs Bellot, pour la vie... infâme qu'elles meinent, » et désire savoir si même il ne conviendrait pas de les bannir de l'Etat. (Turin, Archives de l'Etat, Lettere particolari, Favre.) A son tour, le 17 janvier 1617, le Saint parle au prince d'une « damoyselle Marceline de Marcilly, dite Belot, » comme d'une femme décriée et dangereuse pour les familles ; c'est sans doute l'une des deux sœurs, et très probablement celle qui avait été l'objet des paternelles sollicitudes de l'Evêque de Genève.
(2) Antoine Bellot, dont nous n'avons donné jusqu'ici qu'une notice très succincte (tome XIV, note ( 1 ), p. 179), avait épousé Jeanne de Sirvinges, sœur de Claude de Sirvinges, aumônier de l'abbaye de Belleville. (Voir ci-dessus, note (2), p. 233.) Par provision du 18 juin 1602, il fut nommé à « Testât et office d'Esleu en l'élection nouvellement establie a Belay, ou ressortira Bugey, Veromey et le bailliage de Gex. » Le même document fait valoir « le bon et louable rapport » qui a été fait de sa personne, de son « sens, suffisance, loyaulté, preudhomie, expérience et bonne diligence. » (Archives dép. de la Côte-d'Or, B. 32, fol. 218-220.) Le 19 mars 1604, il signe une pièce qui l'établit, avec Bernard Bellot, probablement frère de Dlle Bellot ci-dessus, note (1), patron et présentateur « de la chappelle Sainct Bernard fondée en
336 Lettres de saint François de Sales
par le chevalier de Guyse (0. La nouvelle est un peu suspecte pour venir de Genève ; néanmoins, ainsy comme on l'asseure, j'ay grande opinion qu'elle soit véritable. Helas ! que je le plains sil est mort ainsy, car autrement, la mort est trop commune et trop nécessaire pour s'en estonner extraordinairement.
Ma très chère Fille, ma très bonne Mère, Dieu vous comble de ses plus sacrées bénédictions en tout vostre cœur, en toute vostre vie. Ne me respondes que ce soir, mais dites a M. Michel (2) comme vous vous portes.
Vive Jésus !
Revu sur l'Autographe appartenant au R. P. Houet, supérieur de l'Oratoire de Rennes.
l'esglise parrochialle Sainct Roman d'Hostonne. » (R. E.) Antoine Bellot mourut avant le 28 juin 1625, puisque, dans un arrêt du Conseil d'Etat de cette date, « Jacques de Silvinges »> figure « en quallité d'héritier de feu Anthoine Belot et Jeanne de Silvinges sa femme. » (Archives dép. de la Côte-d'Or, B. 39, fol. 270.)
(1) Le baron de Lux (cf. tome XII, note (1), p. 80) fut tué d'un coup d'épée par le frère puîné du duc et du cardinal de Guise, sous le prétexte d'avoir été l'un des inspirateurs du meurtre de son père et de s'en être vanté. Mais en réalité, Edme de Malain gênait, par son alliance avec Concini, le parti des ducs de Bellegarde et d'Epernon et des Guise. Le malheureux baron, raconte Malherbe, « est entré dans l'allée d'un cordonnier..., a monté cinq ou six marches dans le degré, là où il est tombé mort... criant : Un prêtre, un prêtre ! Jésus, Jésus, Maria ! » (Lettres à Peiresc, 5 et 12 janvier 1613.) Le fils de la victime, Claude de Malain, provoqua le meurtrier de son père, mais il fut tué à son tour. (Voir à l'Appendice, une lettre du baron de Lux au Saint.)
(2) M. Michel Favre, confesseur de la Communauté.
Année 1613 337
DCCCXLVII