‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 59 sur 88 · AU COMTE PROSPER-MARC DE T0URN0N · texte numérisé non relu

AU COMTE PROSPER-MARC DE T0URN0N

(inédite)

Assurance de dévouement. — Souhaits et bénédictions.

Annecy, 23 janvier 1613.

Monsieur

Je feray tout ainsy que vous le desires et ne treuverés non plus en autre occasion, quelle qu'elle soit, aucune réplique en ce quil vous plaira me marquer pour vostre service et contentement, selon l'estendue de mon pouvoir. Dieu vous conserve, Monsieur, et respande beaucoup de bénédictions sur vous, sur madame vostre femme, sur mesdames vos filles (O, mais en ce tems icy

(1) Hélène-Ferdinande, mariée à Jean-Baptiste de Malarmay, comte de Rossillon (29 octobre 1609); Claire-Marie, qui avait épousé le 10 novembre de la même année Gabriel Guillet, seigneur de Monthoux (voir plus haut, note ( 1 ), p. 2) ; Marguerite, la cadette, qui n'était alors qu'une enfant. Les notes de ces trois filles du comte de Tournon seront données avec d'autres lettres qui leur sont adressées ou qui font d'elles une mention plus explicite.

Année 1613 341

particuliement sur madamoyselle la future (O et sur le seigneur dom Sanche (2).

Je suis. Monsieur,

Vostre plus humble, très affectionné serviteur,

Françs, E. de Genève.

xxiii janvier 161 3, a Neci.

A Monsieur Monsieur le Comte de Tornon.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. de Charentenay, à Dijon.

(1) « Madamoyselle la future, » qui sera destinataire, est Claude-Françoise, fiancée dès novembre 1612 à Salomon de Murât, « gentilhomme françois, » fils de Jacques de Murât, baron de la Croix des Issarts. (Turin, Archives de la Ch. des Comptes, Lettres patentes du duc de Savoie, 14 novembre 161 2.) Le mariage, dont le Saint fut « l'officier, » comme il l'écrira lui-même plus tard (lettre à Mme de la Fléchère, 29 septembre 1613), dut être célébré avant le Carême de cette année. (Cf. ci-après, note (4), p. 350.)

( 2 ) Sanche-Marc-Prosper de Maillard, baron de Tournon, devint abbé-gentilhomme de la chambre du prince-cardinal Maurice de Savoie. Le 10 mars 1612, Charles-Emmanuel ordonne à son trésorier général de continuer le paiement d'une pension « pour maintenir aux escoles don Alphonse et don Sancio de Mailliard, frères, enfans du comte de Tournon. » (Turin, Archives de la Ch. des Comptes, vol. 26, Patentes, 1612.) Plus tard, le duc fait porter le second sur le rôle des archers de la garde. (Cf. Mugnier et Dufour, Les Maillard, Chambéry, 1890.)

DCCCXLIX

A M. JEAN DE CHATILLON Recommandation en faveur d'un nouveau converti digne d'assistance.

Annecy, 24 janvier 1613.

Monsieur,

Nous avons icy le sieur Nicolas Bertolonio (O, que nostre Chapitre a aucunement appointé pour Tayder a

(1) Nicolas « Bertolonio, » fils d'Ambroise Bartoloni de Florence, changeur à Lyon, et d'Elisabeth Canami de Lucques, entra dans l'Ordre des Servites. Puis, oubliant ses vœux, il se retira à Genève, y épousa (2 août 1599) Judith

342 Lettres de saint François de Sales

vivre en servant au chœur. Mays il auroit nécessité, de plus, de quelqu'assistance pour meubler sa chambre, et prsetend que la Sainte Mayson, selon son institut et la charité qui y règne, l'aydera volontier de quelque chose pour cela. Or, il m'a prié d'attester envers vous et, par vostre entremise, envers Monseigneur l'Archevesque ( l ) et le Conseil de la Sainte Mayson qu'il mérite ayde et secours ; ce que je fay en saine conscience, pour l'avoir ainsy reconneu jusques a présent. A quoy j'adjouste ma prière en sa faveur, et vous souhaitant tout bonheur, je demeure, Monsieur,

Vostre humble, très affectionné confrère,

Franc5, E. de Genève.

xxiiii janvier 1613, a Neci.

A Monsieur de Chatillon,

Plebain de Thonon.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, au Collège Romain, dans la Chambre de saint Louis de Gonzague.

Gayon et se fit recevoir bourgeois de la cité le 24 septembre 1606. « Touché du remord de conscience, » raconte François Favre (Process. remiss. Gebenn. (I), ad art. 27), « il vint e'n cette ville d'Annecy et se feit présenter par le sieur de Polinge, chanoyne de la cathédrale, au Bienheureux, lequel le receut fort favorablement, l'instruysit de nouveau, luy feit abjurer l'heresie » et lui obtint du Souverain Pontife de célébrer comme avant la sainte Messe (1612). Bientôt, le charitable Evêque « luy procura d'entrer au service de son église de Sainct Pierre. Il luy assistoit grandement du sien, l'appelloit souvent a sa table, et quelque temps appres, ayant cogneu sa persévérance... et sa capacité, il luy feit obtenir la prébende théologale en l'evesché de Sions, ou il se retira et persévéra, faisant et s'acquitant bien de sa charge jusques a sa mort. » Le 31 décembre 161 5, le dévoué protecteur du converti écrivait à M.sr Jost, Evêque de Sion : « Je me réjouis extrêmement que M. Nicolas se soit fixé à Sion, per- « suadé qu'il effacera par l'intégrité de sa vie, ses erreurs passées. D'ailleurs, « c'est à mon avis, un homme d'une prudence expérimentée et d'un esprit « pénétrant. » Il mourut et fut inhumé à Thonon vers le 31 mai 1616. (Voir Mém. de VAcad. Salés., tome XV, 1892, pp. xm-xv.)

(1) Vespasien Gribaldi, ancien archevêque de Vienne (voir tome XII, note(i), p. 24).

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