‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 42 sur 91 · A M. JEAN DE CHATILLON · texte numérisé non relu

A M. JEAN DE CHATILLON

(inédite)

Décisions pour le service de quelques paroisses.

Annecy, 6 février 1 6 1 8.

Monsieur,

Re non intégra (*), je pense que cette attestation soit suffisante, laquelle pour cela je vous renvoyé, affin qu'elle serve au suppliant.

J'ay donné verbalement charge a M. le curé de Vualier (2), de dire a monsieur le curé des Alinges (3) et a

(*) En l'état de la question,

(i) Une lettre adressée le 10 mai 1621 à Jean de Châtillon, plébain de Thonon, traite de questions analogues touchant les mêmes paroisses mentionnées ici ; d'où l'on conclut à l'identité du destinataire. (Voir tome XV, note ( 1 ), p. 58.)

(2) « Vualier », soit Vailly, avait pour curé, depuis 161 5, François de Lâchât, né à Sixt en Faucigny, vers 1576, d'égrège Guillaume de Lâchât et de Michière Biord. Il connut de bonne heure François de Sales et subit le charme auquel nul ne pouvait résister, charme qu'il rappelle naïvement en déposant au Procès de Béatification du Saint : « On perdoit le boire et le manger pour l'entendre... l'on ne se fusse jamais vouleu séparer de luy. » En 1600, étant aumônier des Allinges, M. de Lâchât assiste à l'entrevue du Prévôt et de Nicolas de Harlay, gouverneur de la forteresse au nom du roi de France; à partir de ce moment, leur mutuelle intimité devient plus grande. « Je dis avoir accompagné ledict Bien-heureux a la visite d'une infinité de malades, tant dans la ville d'Annecy qu'ailleurs, mesmes estant en voyages, » pourra plus tard affirmer le curé de Vailly ; il suivit aussi le Saint en divers lieux « pour la reformation des monastaires tant d'hommes que femmes. » (Process. remiss. Gebenn. (I), passim.) L'ami de François de Sales lui survécut jusqu'en 1636.

(3) Pierre Mojonier (voir tome XII, note ( 1 ), p. 376). Cet ecclésiastique fut un des premiers à travailler, après le Bienheureux, dans le Chablais. Il avait été ordonné prêtre le 23 mai 1592 ; trois ans plus tard, il fut institué économe, puis curé de la paroisse de Larringe, et desservait en même temps celle des Allinges dont il reçut officiellement la charge en 1601, et la garda jusqu'à sa mort, en août 1623. (R. E.) Au témoignage de Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. III;, c était un « homme puissant en œuvres et en paroles et qui entendoit fort bien la charge des âmes. »

i68 Lettres de saint François de Sales

M. le curé d'Orcier(r), qu'en secourant Draillans (2), jusques a ce que nous y puissions mettre autre ordre, et eux et le vicaire des Alinges (3) pourront célébrer deux fois a cette contemplation, car il faut faire ce que l'on peut.

Madame d'Orlier (4) me prie qu'elle puisse avoir la chapelle de Saint François, qu'elle dotera. Je vous prie de voir que c'est et m'en tenir adverti, bien que je ne laisseray pas d'en parler avec monsieur de Blonnay (5), puisque il vient de deçà, a ce quil m'escrit.

Je suis, Monsieur,

Vostre très humble confrère, Françs, E. de Genève.

6 febvrier 161 8, Annessi.

D'après une copie de l'Autographe qui appartenait à M. Griolet, et qui a été vendu à Genève en 1910, par M. Thury.

( 1 ) Le curé d'Orsier était alors Etienne Ollivier qui mourut en février 1624.

(2) Petite paroisse de trente feux seulement, dépendante de la seigneurie des Allinges, que le Saint entoura de sa sollicitude pastorale. Après l'avoir reconquise à la foi catholique, il la défendit contre les tentatives de l'hérésie et ne cessa de travailler à y organiser les secours spirituels, comme nous l'avons déjà vu (tome XIII, Lettre cclxxxiv, p. 43), et comme nous le verrons encore.

( 3 ) M. Rannaud, originaire de Sixt ; il occupa ce poste jusqu'au mois de mars.

(4) Peut-être Diane de Rochette, fille du président Charles de Rochette et de Françoise-Marie de Villette-la-Couz. Elle avait épousé en 1592 Charles d*Orlier, juge-maje du Chablais (voir tome XII, p. 481). Vivante encore en 1614, l'était-elle en 1618? C'est probable, mais les documents nous manquent pour l'affirmer.

(5) Claude de Blonay.

Année 1618 i 69

MCDI

AU PRINCE DE PIÉMONT, VIGTOR-AMÉDEE (O

Supplique pour l'installation des Chartreux à Ripaille.

Annecy, 1 1 février 1618.

Monseigneur,

Entre les saintz projetz que Dieu inspira a Vostre Altesse tandis qu'elle fut icy, pour restablir le lustre du service divin en ces païs de deçà, l'un estoit de mettre les Pères Chartreux a Ripaille (2), qui de tous tems ont une très particulière obligation et fidèle affection a la coronne de Savoye, et desquelz la vie et les offices sont d'une merveilleuse édification. C'est pourquoy, Monseigneur, le P. Don Laurens de Saint Sixt estant par delà ( 3 ), j'ay creu que ce seroit a propos d'en ramentevoir Vostre Altesse, a ce qu'elle oye avec confiance ce qu'il luy en

( 1) C'est à tort que les éditeurs précédents adressent cette lettre au duc de Savoie. Le destinataire est certainement Victor-Amédée, comme l'indique le souvenir du séjour à Annecy.

(2) Voir tome XVI, note ( 1 ), p. 183.

(3) Ce très méritant Religieux était fils de noble Pierre de Saint-Sixt et de Huguette Comte. (Cf. tome XIV, note ( 1 ), p. 319.) Il fit profession à la Grande-Chartreuse, le 6 octobre 1596. A partir de 1609, son nom est intimement lié avec l'histoire de la Chartreuse de Vallon qui va s'éteindre, et avec celle de Ripaille qui doit en recueillir les épaves. Tout en restant procureur de la Grande-Chartreuse, D. Laurent fut nommé administrateur des biens de la première, restitués à l'Ordre en 1607; puis, mêlé comme personnage principal à la fondation de la seconde (1623), il en est d'abord recteur, et, le nouvel établissement affermi, il en devient prieur en 1628. Dix-neuf ans après, il est transféré, avec le même titre, à la Chartreuse de Collegno, près Turin. Là, comme dans ses charges précédentes, il montra sa rare capacité pour les affaires ; ce fut même cette aptitude spéciale qui l'arracha une fois encore à son œuvre, et le fit choisir (1652) pour continuer, en qualité de procureur, la restauration de la Chartreuse de Valbonne, où il mourut, en pleine activité, le 14 janvier 1654. D. Laurent de Saint-Sixt ne put pas être un grand contemplatif; '( bon Religieux et zélé a son debvoir, » mais toujours l'outil à la main pour édifier, restaurer les maisons de prière, il eut surtout le mérite de se dévouer sans mesure au bien de son Ordre ; et l'Ordre reconnut ses services et ses vertus par des témoignages exceptionnels d'estime et de reconnaissance après sa mort. (D'après les Noies du R. P. Archiviste général de l'Ordre.)

170 Lettres de saint François de Sales

représentera, puisque non seulement il a pour ce sujet la créance de son General (0, mais aussi une spéciale fidélité au service et a l'obéissance de Son Altesse, delaquelle il est nay sujet et vassal. Et ce pendant, je prieray Dieu qu'il comble de ses grâces Vostre Altesse, a laquelle faysant très humblement la révérence, je suis, Monseigneur,

Très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,

Franc5, E. de Genève.

Annessi, le xi febvrier 1618.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat. ( 1 ) D. Bruno cTAffringues (voir tome XVI, note ( i ), p. 200).

MCDII

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