DE LA CONGRÉGATION DE L'ORATOIRE (O
(inédite) Envoi d'un mémoire sur les vertus de Juvénal Ancina.
Annecy, 23 février 1618.
Molto Reverendo Padre osservandissimo,
Mi dispiace sommamente che Vostra Paternità non habbia sin adesso ricevuto Telogio fatto da me intorno al concetto nel quale ho sempre havuto la felicissima memoria del nostro Monsignore Rmo di Saluzzo (2). Et ecco che io ne mando un duplicato fatto et scritto in fretta, et dal rozzo mio ingegno, onde non sarà degno d'esser appresentato alli occhi del publico ; ma fatto perô da un cuore che stima sommamente [e] è amantissimo délia ricordatione di detto nostro Monsignore. Et ho poco detto, perché non ho havuto tempo da vedere in esso la prattica
Très Révérend et très honoré Père,
Je regrette infiniment que Votre Paternité n'ait pas encore reçu l'éloge que j'ai fait en témoignage de l'estime en laquelle j'ai toujours tenu notre Révérendissime Monseigneur de Saluées, de très heureuse mémoire (2). Voici donc que j'en envoie un double, sorti de mon lourd entendement, et écrit à la hâte ; aussi ne sera-t-il pas digne d'être mis sous les yeux du public. 11 est cependant fait par un cœur qui honore grandement et chérit le souvenir de notre Monseigneur. J'ai dit peu de chose, parce que je n'ai pas eu le temps de voir
( 1 ) Voir tome XIII, note ( i ), p. 234.
(2) L'éloge du bienheureux Juvénal Ancina, frère du destinataire (voir tome XII, note (1), p. 7), sera donné parmi les Opuscules.
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délie virtù alla distesa ; Vostra Paternità potrà allargar, corregere, abbreviare et mutar corne gli parera.
Et me facia gratia di haver sempre una solida dilettione deU'anima mia, massime nelli suoi Sacrificii, che cosî resto eternamente,
Di Vostra Paternità molto Reverenda,
Certissimo et affettionatissimo servitore, Franc0, Vescovo di Geneva.
Di 23 Febraio 1618, in Annessi.
Revu sur une copie conservée à Milan, à la Bibliothèque Ambrosienne.
en lui la pratique des vertus en détail ; Votre Paternité pourra allonger, corriger, abréger et changer comme bon lui semblera.
Faites-moi la grâce d'avoir toujours une constante dilection pour mon âme, surtout dans vos saints Sacrifices, puisque je demeure à jamais, de Votre très Révérende Paternité.
Le très assuré et très affectionné serviteur, François, Evêque de Genève.
23 février 161 8, à Annecy.
MCDV
Remerciements pour une lettre et un présent. — Sur la demande de la destinataire, l'Evêque de Genève lui offre une occasion d'aider les Sœurs de la Visitation. — Nouvelles de la Congrégation.
Notre-Dame de Myans, 27 février 1618.
Illustrissima Signora mia in Christo osservandissima,
Non ero in Granoble quando TEccellentia del signore
Très illustre Madame, très honorée dans le Christ. Je n'étais pas à Grenoble quand Son Excellence monsieur votre
( 1 ) Le texte italien est inédit. — La comparaison de cette lettre avec celles
que le Saint adresse à « Dona Genevra » suffit pour identifier la destinataire.
Dame d'honneur des Infantes de Savoie. Gincvra était fille de Philibert-
Ll TTRES VIII 12
178 Lettres de saint François de Sales
suo padre vi capitô (0, ma egli tuttavia non lasciô di mandarmi la lettera di V. S. IlPa in Annessi ; et pochi giorni passati ricevei da parte del buon Padre D. Giusto una corona con la croce del legno di San Francesco (2), che pur V. S. Illma, per quanto mi scrisse detto
père y vint (0, mais il ne laissa pas de m'envoyer à Annecy la lettre de Votre Seigneurie Illustrissime. Il y a peu de jours, je reçus de la part du bon Père D. Juste un chapelet avec la croix du bois de saint François (2), qui, à ce qu'il m'écrivit, m'est aussi offert par
Gérard Scaglia, comte de Verrua, et de Blanche Ponte di Scarnafigi. Au milieu des splendeurs de la cour, elle était l'âme d'un groupe de natures d'élite qui, se glorifiant d'être sous la direction du saint Evêque de Genève, attendaient avec impatience, pour se donner à Dieu, l'établissement d'un monastère de la Visitation à Turin. Dona Ginevra attendit avec plus de persévérance que toutes; il fut même question pour elle de venir commencer son noviciat à Annecy cf. Lettres de Ste J.-F. de Chantai, vol. I, p. 505). Mais enfin, comme la fondation fut retardée beaucoup plus qu'on n'avait pu le prévoir au début, François de Sales conseilla lui-même à l'aspirante d'entrer au monastère de Sainte-Marguerite, de l'Ordre de Saint-Dominique, à Chieri, près de Turin. Elle y prit l'habit et le nom de Marie-Christine en 1621 ; les princes et princesses assistèrent à la cérémonie avec toute la haute noblesse. (Lettre du Saint à D. Juste Guérin. 12 octobre 1621.) En 1630, elle était déjà abbesse, et le fut plusieurs fois, faisant « des merveilles pour l'avancement spirituel et temporel de ce monastère, se conduisant toujours comme fille de nôtre saint Fondateur dont les ouvrages ont été sa continuelle direction, et dont elle a inspiré la dévotion à toutes les Religieuses de son couvent. » (Hist. de la Fondation de la Visitation de Turin.)
Le Saint, lors de son dernier voyage en Piémont, visita sa fille spirituelle : « J'ay veu Seur Marie Chrestienne, » écrit-il à la Mère de Chantai (fin août 1622), « que j'ay treuvee au dessus de tout ce que j'en avois pensé, en pieté, « en générosité. » L'on garda longtemps à Sainte-Marguerite, comme une relique, une table sur laquelle il avait pris son repas. Après avoir subi bien des vicissitudes depuis la dispersion des Dominicaines à la Révolution française, ce monastère est aujourd'hui occupé par les religieux Salésiens.
(1 ) Le comte de Verrua (voir tomes XII. note (2), p. 105, et XVII. note (2), p. 181) séjourna en Dauphiné dès les premiers jours de janvier 1618 jusqu'à la fin du mois. Il y était venu conférer avec Lesdiguières de l'exécution du traité de Pavie.
( 2 ) Ce chapelet, évalué quinze à vingt écus, fut donné plus tard comme souvenir par François de Sales à un jeune peintre nouvellement converti de l'hérésie. Les gens du saint Evêque n'approuvèrent pas cette libéralité, « d'autant que le peintre se fut bien contenté d'un chapelet de cinq sols ! — Hé ! qu'importe? respondit-il, laissez l'aller, il en fera son proffit. » (P. de la Rivière, La Vie de ri lime et R»n François de Sales, Lyon, 1625, liv. IV, chap. ix.)
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Padre, mi donava, et laquale io conservarô caramente, ringratiando humilmente il cuore et la mano che la diede. Et se le mie orationi saranno essaudite dal Signor Iddio, a quel cuore sarà dato il cumulo perfetto del céleste amore, et a quella mano l'annello dello sponsalitio eterno col Redentore délie anime, acciô V. S. Illmft, corne Ella desidera, viva tutta per Christo et in Christo et a Christo. Detto Padre poi mi scrisse che dove occoresse qualche occasione di agiutare il monasterio délie Sorelle délia Visitatione, io ne scrivessi a V. S. Illma et che Ella poi farebbe Tofficio con la Serenissima Infante (0. Et perché dette Sorelle hanno questi giorni passati comprato un certo molino dal Signor Duca di Nemours, et che morendo detto Signor Duca senza figli sarebbe pericolo che la Caméra di Sua Altezza non solamente pigliasse detti molini, ma facesse ancora perdere a dette Sorelle il loro dinario (sic), per questo si domandaa Sua Altezza (2) che corne ha usato con parêcchi altri in simili occasioni, cosi si compiaccia di fare in questa opéra pia, rattificando il
vous. Je le garderai précieusement, et en remercie humblement le cœur et la main qui me l'ont donné. Si mes prières sont exaucées par le Seigneur notre Dieu, ce cœur recevra le comble de la perfection de l'amour céleste, et cette main l'anneau des éternelles épousailles avec le Rédempteur de nos âmes, afin que, suivant les désirs de Votre Seigneurie Illustrissime, elle vive toute pour le Christ, dans le Christ et au Christ.
Le Père m'écrivit aussi que si quelque occasion d'aider le monastère des Sœurs de la Visitation se présentait, je le fisse savoir à Votre Seigneurie qui servirait d'intermédiaire auprès de la Sérénissime Infante (0. Et voilà que ces Sœurs ont justement, ces jours passés, acheté un certain moulin de Monsieur le Duc de Nemours ; or, si le prince venait à mourir sans enfants, il serait à craindre que la Chambre de Son Altesse, non seulement s'emparât de ces moulins, mais qu'elle fit encore perdre aux Sœurs leur argent. C'est pourquoi on demande à Son Altesse (2) de daigner faire en faveur de cette œuvre de piété ce qu'elle a fait en de semblables occurrences, ratifiant le
| 1 ) Marguerite de Savoie, duchesse de Mantoue, protectrice de l'Ordre de la Visitation. Voir tome XVI, note ( 1 ), p. 104.) (2 ) Le duc de Savoie.
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contratto fatto con esso Duca di Nemours o vero con quelli che in vece sua contrattano ( I ) ; et cosi dette Sorelle supplicano la Serenissima Infante che si degni raccommandar il negotio, et V. S. Ill'na che per carità sia l'intercessora loro.
Et per dargliene animo Tassicuro che quella Congregatione va tuttavia crescendo nella perfettione religiosa et dà tanto odore, che da moite bande si domandano Sorelle che vadano fondare Monasterii in diversi luoghi (2). Ma si aspettano i dispacci di Roma, per i quali havendo adesso un tanto buon sollecitatore corne è il P. D. Giusto, et tante intercessioni, si è da sperare che presto le haveremo, mediante la gratia del Signore, et massime poichè
contrat passé avec le Duc de Nemours ou avec ceux qui contractent en son nom (O; et les Sœurs supplient la Sérénissime Infante de vouloir bien recommander cette affaire, et Votre Seigneurie Illustrissime, d'intercéder pour elles, par charité.
Pour vous y encourager, je vous assure que cette Congrégation croît toujours plus dans la perfection religieuse et répand une telle odeur [de vertu], que de plusieurs côtés on demande des Sœurs pour fonder des Monastères (2). Mais on attend les dépêches de Rome; ayant maintenant pour les obtenir un solliciteur aussi habile que l'est le P. D. Juste, et de si nombreuses recommandations, il faut espérer qu'avec la grâce de Dieu nous les recevrons bientôt, d'autant plus
( 1 ) Situés sur la rivière du Thiouz, derrière le monastère de Sainte-Claire, ces moulins avaient été vendus, le 18 janvier 1596, pour deux mille écus d'or et sous droit perpétuel de rachat, à Antoine de Contiens, par le duc de Genevois et de Nemours, du consentement d'Anne d'Est, sa mère et curatrice. Les Religieuses de la Visitation, autorisées par lettres patentes du prince, datées de Paris le 28 octobre 1617 (voir à l'Appendice II), et vérifiées par la Chambre des Comptes de Genevois le 14 février 1618, traitèrent avec le neveu et héritier de l'acheteur, Antoine de Boëge, seigneur de Contiens. Le 6 mars, l'acte fut signé ; les Religieuses entraient en jouissance des moulins et de leurs dépendances, mais demeuraient tenues, à peine de nullité du contrat, d'obtenir de Son Altesse Sérénissime des lettres patentes de ratification et approbation de la première et de la seconde vente. (Voir à l'Appendice II leur requête au duc ue Savoie.) Le 16 octobre, malgré l'intervention de dona Ginevra, on attendait encore l'expédition de ces patentes. (Turin, Archives de l'Opéra pia Barolo, Paquet 221, n° 11, et Archives de la Visitation d'Annecy, Livre des contrats permanents.)
(2) Voir ci dessus, note ( 1 ), p. 137.
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è servitio et gioria di Sua Divina Maestà et salute délie
anime comperate col sangue del Redentore, a cui sia
dato honore et gioria et benedittione eterna *, et a *APoc.,n