‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 57 sur 91 · AUX CONSULS DE CHABEUIL · texte numérisé non relu

AUX CONSULS DE CHABEUIL

Le Saint congratule les consuls de rétablissement projeté des PP. Barnabites

dans leur ville.

Annecy, 10 août 1618.

Messieurs,

Je me res-jouis de voir que nos bons Pères Barnabites prennent resolution d'envoyer a Milan vers leur General (2) pour pouvoir satisfaire a vos désirs, et prendre vostre petit collège, lequel, a mon advis, deviendra grand, s'ilz sont secondés de vostre assistence, comm'ilz ont occasion d'espérer (3). Pour moy, je vous asseure que ce

(i) D'après le Registre des Délibérations consulaires de Chabeuil (Archiv. commun., BB, 2), les consuls étaient, en 1618, Claude Bolat et Marc Roux. La famille de ce dernier est encore représentée.

(2) D. Jérôme Boerio.

( 3 ) La petite ville de Chabeuil posséda des écoles dès 1519 au moins. En 1601, l'un de ses habitants, Jean Reynaud, notaire, légua cent vingt écus annuels pour la fondation d'une maison d'éducation où les enfants seraient reçus gratuitement, et qu'il voulait confiée à des « gens d'église, » de préférence à l'Ordre de Saint-Pierre ou des Doctrinaires. Les Fils de César de Bus abandonnèrent ce collège vers 1604, faute de ressources; la Ville songea alors aux Jésuites avec qui on demeura longtemps en pourparlers. A leur défaut, les consuls s'adressèrent aux Barnabites, et leur député, Reymond, vint à Annecy le 9 juillet 1618. Il en repartait le 14 avec les PP. de Gennari et Baranzano. Ceux-ci furent reçus avec grand honneur dans la petite cité; le Supérieur

Année 1618 259

me sera tous-jours de la consolation quand je sçauray que vous aures du contentement en ce sujet, auquel, et en tout autre, je vous offre de rechef tout ce que je puis et que je suis, vous souhaitant, et a vostre ville, toute sainte bénédiction, et demeurant de tout mon cœur, Messieurs,

Vostre très humble et très affectionné serviteur en Nostre Seigneur,

x aoust 1618, Annessi.

Je pense, Messieurs, que Monseigneur de Valence, vostre Evesque ( x ), pourra tout et voudra tout pour cette affaire, et que ces Pères luy seront fort agréables', et que par conséquent il sera a propos que de bon'heure on

prêcha, D. Redento confessa, et en revenant en Savoie le 26, ils n'avaient que des actions de grâces à rendre à Dieu. Le 17 août, D. Jean-Baptiste de Gennari partit pour Milan, porteur d'une lettre de saint François de Sales (voir ciaprès, p. 263), afin de conférer de cette affaire avec le P. Général. Tout semblait bien marcher. Mais au 19 février 1619, une lettre de D. Baranzano aux consuls de Chabeuil, laisse deviner chez ces derniers un peu de refroidissement. Le Général trouva lui-même beaucoup de difficultés à un établissement dans une si petite ville, et les Barnabites ne vinrent pas en Dauphiné. En 1620, nouvelle offre du collège aux Jésuites, puis aux Minimes. Les Dominicains s'y établissent vers 1661, et sont remplacés en 1726 par les prêtres du Saint- Sacrement de Valence, qui demeurent régents des classes jusqu'en 1791. (D'après Lacroix, Le Collège de Chabeuil, 1891, et les Acta Collegii Annessii, Archiv. commun. d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisien.)

(1) Originaire de la Guyenne, Pierre-André de Gelas de Leberon avait reçu, le 27 juillet 1597, de son oncle, Charles de Leberon, les évêchés de Valence et de Die; mais les bulles de Rome se firent attendre jusqu'en 1599. Le nouveau Prélat trouvait deux diocèses ruinés par l'hérésie, bouleversés par les guerres de Religion ; les églises détruites, les monastères déserts, un clergé ignorant et rebelle. La tâche était rude; Pierre-André en mesura l'étendue dans la visite générale qu'il fit en 1604. Il mit courageusement la main à l'œuvre, soutenu par son zèle et sa vertu, peut-être encore par le désir d'offrir à Dieu et à l'Eglise une réparation du mal fait par le trop célèbre Jean de Montluc, son grand-oncle, prédécesseur de Charles de Leberon sur le siège épiscopal. Pierre-André soumet les chanoines, essaye de rappeler les Religieux, approuve la fondation des Capucins à Crest, établit les Jésuites à Die et tente de les installer à Valence; lui-même prêche de parole et d'exemple. Son œuvre n'était pas terminée que déjà ses forces étaient usées. Pensant que l'air natal les ferait revivre, il partit pour le prieuré de Sainte-Livrade (Lotet-Garonne) dont il était commendataire. Il y mourut le 15 septembre 1622. (D'après J. Chevalier, Essai historique sur l'Eglise et la ville de Die, Valence, T909, tome III.;

26o Lettres de saint François de Sales

l'advertisse, affin qu'il coopère auprès de Sa Majesté et puis auprès de messieurs du Parlement.

A Messieurs Messieurs les Consulz de Chabeul.

Revu sur l'Autographe conservé aux Archives communales de Chabeuil

(Drôme).

MCDLV

a la présidente du faure (0

Réponse à des témoignages de confiance et d'affection. — Prières et souhaits pour la destinataire.

Annecy, 10 août 1618.

Madame,

Ce porteur m'a fort obligé par la peine qu'il a prise de me venir voir, mais encor plus par le soin qu'il a eu de me dire de vos nouvelles, puisqu'elles sont toutes bonnes, et qu'avec cela, pour me donner plus de gloire et de contentement, il m'a dit que vous avies souvent mémoire de moy; car je confesse franchement que ce bonheur m'est grandement praetieux, selon l'extrême affection que je sens en mon ame a chérir et honnorer singulièrement la vostre qui m'est tous-jours présente, je vous asseure, au moins en mes principales prières, qui sont celles de la sainte Messe. Et aussi, certes, serois-je extrêmement ingrat si je ne correspondois de tout mon cœur a la sainte confiance que le vostre a pris en moy.

Dieu, par sa bonté, vous veuille combler de ses plus désirables bénédictions, ma très chère Fille, et Vous rendre de plus en plus toute parfaitement sienne. En cette

(1) Justine Dalphas, fille unique de Théodore Dalphas ou d'Alphas. conseiller au Parlement du Dauphiné, et de Méraude Truffel, avait épousé François du Faure, qui devint président au Parlement en 1610. Elle était veuve en 1657. Cette dame travailla beaucoup avec Mmc de Granieu et plusieurs autres a l'établissement de la Visitation à Grenoble.

espérance vives joyeusement, et en fin éternellement sans fin, ma très chère Fille, selon le souhait continuel de

Vostre très humble et très affectionné serviteur,

Franc3, E. de Genève.

x aoust 161 8, Annessi.

A Madame Madame la Présidente du Faure.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. Gauduel, à Grenoble.

MCDLVI

A MADAME DE GRANIEU (0

L'obéissance et le pain quotidien. — Explication d'un avis mal compris. — Comment la confiance restreint le nombre des lettres. — L'amour céleste exercé ici-bas. — Préparation d'un sermon.

Annecy, 14 août 1618.

Vous le voyés bien, ma très chère Fille, si l'obéissance est aymable : vous allies avec un peu de répugnance (2), et vous y aves treuvé la permission de recueillir force manne céleste. Or ainsy soit il et a la très bonne heure, que tous-jours, quand vous obeires, vous vous treuvies de plus en plus unie a nostre Sauveur.

Vous aves donq extrêmement bien fait d'obéir a vostre confesseur, et vostre confesseur a bien fait de vous imposer l'obéissance en un sujet si agréable. Je ne seray jamais celuy qui vous ostera vostre pain quotidien * * Luc. xir 3. tandis que vous seres bien obéissante. Je veux dire, ma très chère Fille, que vous communiies hardiment tousjours, quand ceux a qui vous vous confesses diront oùy, outre les Communions ordinaires que je vous ay marquées.

Quand je vous escrivis que vous rendissies comte de

* Vide supra. Epist.

tems en tems a vostre ancien confesseur*, je ne voulois mcdxlix, p. 251.

( i ) La comparaison de cette lettre avec celle du 19 juillet (p. 250) suffit à démontrer que l'une et l'autre s'adressent à la même destinataire.

( 1 ) Il en coûtait un peu à Mme de Granieu de s'adresser, pour la confession, à M. d'Aoste, son cousin. On a vu que le Saint l'y avait beaucoup encouragée.

262 Lettres de saint François de Sales

pas dire que vous fissies des revëues, car il suffit que ce soit d'année en année a celuy que vous voudres ; mais je voulois dire que vous allassies vous représenter a luy pour luy faire connoistre la continuation de vostre soumission, partie pour vous humilier, partie pour le consoler.

Je suis bien ayse que vous ayes une parfaite confiance a la Mère de delà (0, car je croy qu'elle vous sera utile, et c'est une Mère qui est toute ma très chère fille et en laquelle j'ay toute confiance aussi ; et sans cette confiance je luy escrirois plus souvent, mais je m'en dispense, comme je feray de vous a qui j'escris maintenant par rencontre, et j'en suis bien ayse. Mon Dieu, ma très chère Fille, que l'amour cseleste est aymable, voire mesme quand il est exercé icy bas parmi les mystères de nostre mortalité ! la distance des lieux, ni rien du monde ne luy peut oster la suavité. Ainsy me semble il que je suis tous-jours avec vostre cœur et avec celuy de cette chère Mère, et que nos cœurs s'entretiennent les uns aux autres, ains ne sont qu'un cœur qui, de toute sa force, veut aymer Dieu, et ne s'ayme qu'en Dieu et pour Dieu. La tressainte Vierge, nostre Dame et Maistresse et nostre sainte Abbesse, soit a jamais nostre Mère et Directrice.

Et je cesse de vous escrire davantage, malgré mon inclination, pour aller penser comment elle mourut d'amour et comme ell'est coronnee de son amour au Ciel, pour en parler demain a mon cher peuple de cette ville qui s'y attend (2).

Je ne pense pas que nostre Mère d'icy vous escrive, mais elle vous a bien escritte au milieu de son cœur. Dieu soit a jamais nostre tout. Amen.

xiiii aoust 1618.

Revu sur l'Autographe appartenant à M. le baron cTYvoire, au château d'Yvoire (Haute-Savoie).

( 1 ) La Mère Péronne-Marie de Chastel, dont les conseils, tous appuyés sur la doctrine de V Introduction a la vie dévote, étaient fort goûtés des darnes de Grenoble. « C'était un proverbe commun dans la ville, » raconte YHistoire de la Fondation, « que personne ne fréquentait le Monastère et la Mère de Chastel, qui ne devîut Philothée. »

(2) On peut voir au tome VIII de cette Edition, p. 376, le sommaire de ce Sermon.

Année 1618 263

MCDLVII

A DON JEROME BOERIO, GÉNÉRAL DES BARNAB1TES L'offre d'un collège aux PP. Barnabites. — Réponses à des objections.

Annecy, 16 août 1618.

Reverendissimo Padre osservandissimo,

Si propone alla Paternità Vostra Rma Toccasione di accettare un collegio nella provincia del Delfinato (0, il quale veramente è piccolo, ma è tuttavia commodo per far connoscere in quelle bande la Congregatione sua, et in consequentia per farla gustare et dilatare nel regno di Francia. Onde questi nostri Padri havendone trattato meco per cavar il mio sentimento, mi è parso di doverli dar animo a procurare che detto luogho sia accettato. Ma non lascio di vedere che Vostra Paternità potrà considerare in questo alcune difficoltà.

1. Che quella communità non dà molto sufficientemente per stabilirvi numéro convenevole de Padri. Ma ciè buona speranza di amplificatione, massime che Monsignor Vescovo di Valenza (2), veramente valentissimo et

Révérendissime et très honoré Père,

On propose à Votre Révérendissime Paternité d'accepter un collège dans la province du Dauphiné ( 0. A la vérité, il est petit, mais néanmoins très propre à faire connaître votre Congrégation en ce pays, et par conséquent à la faire goûter dans le royaume de France et s'y étendre. C'est pourquoi, nos Pères d'ici ayant traité de cette affaire avec moi pour en avoir mon sentiment, j'ai cru devoir les encourager à s'employer pour que l'offre de ce collège fût acceptée. Je ne laisse pas cependant de voir que Votre Paternité pourra trouver à cela quelques difficultés.

1. Que la commune ne donne pas assez pour établir un nombre suffisant de Pères. Mais il y a bon espoir d'une augmentation de revenu, d'autant plus que M-' l'Evêque de Valence!2), Prélat vraiment

(1) A Chabeuil (voir ci-dessus, note (3), p. 258).

( 2 ) Mer Pierre-André de Leberon (voir ibid., note ( 1 ), p. 259).

264 Lettres de saint François de Sales

zelantissimo Praelato, so che volentieri ajiutarà il negotio et haverà singolar sollecitudine in promovere detta Congregatione.

2. Parera forsi duro che voglia quella communità che i figliuoli delli haeretici siano ricevuti al collegio per impararvi le lettere ; ma oltre che habbiamo l'essempio nelli collegi de Padri Giesuiti, non solamente questa conditione non ci deve ritardare, anzi ci deve incitare, perché non ciè forsi più facil strada di convertir gl'haeretici che questa, et essendo usato questo mezzo con destrezza, farà mirabil riuscita.

3. Le Messe si potranno ridurre facilmente dall'Ordinario, et col tempo, essendosi amplificate le entrate, potrà la Congregatione scarigarsi.

4. Se bene par duro a questi nostri Padri che voglia quella communità astringerli di non pigliar altri studii in quella provincia 7e leghe vicine a quel di Chabeuil, tuttavia non mi par inconveniente, già che la Congregatione puô dilatarsi pigliando chiese ad ufficiare, et che si eccettarà la theologia et philosophia.

de grand mérite et très zélé, aidera volontiers, je le sais, au succès de l'affaire et protégera la Congrégation avec une particulière sollicitude.

2. Peut-être semblera-t-il dur que la commune exige l'admission au collège des fils des hérétiques pour y apprendre les lettres. Toutefois, outre que nous avons l'exemple des collèges des Pères Jésuites, cette condition, loin de nous faire hésiter, doit au contraire nous exciter à accepter ; car peut-être n'y a-t-il pas de voie plus facile pour convertir les hérétiques que celle-ci, et ce moyen employé avec adresse aura un merveilleux succès.

3. Les Messes pourront se réduire facilement par l'autorité de l'Ordinaire, et, avec le temps, les revenus étant augmentés, la Congrégation aura de moins lourdes charges.

4. Si bien il semble dur à nos Pères que la commune veuille les astreindre à ne pas accepter d'autres classes en cette province dans un rayon de sept lieues autour de Chabeuil, cela ne me paraît pas un inconvénient ; car la Congrégation peut s'étendre en prenant des églises pour les desservir. De plus, l'enseignement de la théologie et de la philosophie sera excepté.

Année 1618 265

Per il restante me rimetto alla molta prudentia del nostro Padre Prevosto, latore (O, ringratiando pur Vostra Paternità che ci habbia dato detto P. Prevosto et inviati questi novi Padri che sonno tanto amarevoli (2). Et preghando il Signor Iddio che a Vostra Paternità Rma dia ogni vero contento, la saluto humilmente.

Di Vostra Paternità Rma,

Humil et affettionatissimo fratello et servitore, Franc0, Vescovo di Geneva.

In Annessi, alli xvi di Agusto 1618.

Al Rmo in Christo Padre osservandissimo,

Il P. Générale de' Chierici regolari di S. Paulo.

Revu sur l'Autographe conservé à Rome, dans les Archives des RR. PP. Barnabites.

Quant au reste, je m'en remets à la grande prudence de notre Père Prévôt, présent porteur ( 1 ) ; je remercie aussi Votre Paternité de nous l'avoir donné et de nous avoir envoyé ces nouveaux Pères qui sont si aimables (2). Priant Dieu notre Seigneur d'accorder tout vrai contentement à Votre Paternité Révérendissime, je la salue humblement.

De Votre Paternité Révérendissime,

L'humble et très affectionné frère et serviteur,

François, Evêque de Genève.

Annecy, le 16 août 1618.

Au Révérendissime et très honoré Père dans le Christ,

Le Père Général des Clercs réguliers de Saint-Paul.

(1 ) D. Jean-Baptiste de Gennari, supérieur du collège d'Annecy (voir plus haut, note ( 5 ), p. 1 17), qui partit pour Milan le lendemain ; il revint le 2 septembre. (Acta Collegii.)

(2) Ces Pères étaient : D. Flavien Moroni, de Verceil, D. Jean-Dominique Meda, milanais, et D. Lucien Fauldrier, français, originaire d'Etampes, tous trois arrivés à Annecy le 17 mai précédent. (Ibid.)

266 Lettres de saint François de Sales

MCDLVIII

(fragment)

Tenir son cœur au-dessus des variations de la dévotion sensible.

Annecy, 19 août 1618.

Dites moy, ma très chère Fille, vostre cœur que fait il ? Il est, je m'asseure, plus brave que l'ordinaire en cette sainte octave en laquelle on célèbre les triomphes de nostre Reyne, en la protection de laquelle nostre esprit repose et nostre petite Congrégation respire. O ma Fille, il le faut tenir haut eslevé ce cœur, et ne permettre point qu'aucun accident de sécheresse, d'empressement ou d'ennuy l'estonne, puisque, encor que cela le puisse esloigner de la consolation sensible de la charité, il ne le peut toutefois esloigner de la véritable charité, qui est la souveraine grâce de Dieu envers nous pendant cette vie mortelle.

Nos imperfections a traitter des affaires tant intérieures qu'extérieures sont un grand sujet d'humilité, et l'humilité produit et nourrit la générosité et confiance.

Annessi, le 19 aoust 1618.

(1) Dans l'édition de 1626, ce fragment commence un texte dont la suite est empruntée à une lettre du 2 mars 1622, adressée à la Mère de Chastel. Il n'y a aucune raison pour ne pas reconnaître la même destinataire à ces lignes, d'autant qu'elles conviennent bien à la Supérieure de Grenoble, fort dévote envers la Sainte Vierge, et souvent accablée par le poids de sa charge.

Année 1618 267

MCDLIX

AU PRINCE DE PIEMONT, VICTOR-AMÉDEE (0

Insuccès de précédentes démarches.

Nouvelles instances en faveur de deux pauvres curés.

Annecy, 25 août 1618.

Monseigneur,

Quoy que Vostre Altesse Serenissime ayt souvent commandé, comme la justice et pieté requeroit, que les curés d'Armoy et de Draillens fussent payés de leurs pensions (2), néanmoins il (sic) n'ont jamais peu retirer un seul liard despuis quatre ans en ça, quelle sollicitation qu'eux et moy en ayons sceu faire, et qu'elle (sic) remonstrance que nous ayons proposée de l'extrême nécessité que ces parroisses ont d'estre assistées. C'est pourquoy, Monseigneur, je suis forcé de recourir de rechef a Taequité et bonté de Vostre Altesse, affin qu'il luy playse d'user de sa providence en cett'occasion et d'ordonner ces payemens, en sorte que meshuy ces pauvres ecclésiastiques puissent en paix faire le service de Dieu en leurs églises ; et cette divine Majesté en bénira de plus en plus Vostre Altesse,

Monseigneur, de laquelle je suis

Très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,

Françs, e. de Genève, xxv aoust 1618, Annessi.

Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.

( 1 ) Le destinataire de cette requête, que les éditeurs précédents ont cru être le duc de Savoie, est certainement Victor-Amédée, prince de Piémont. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la lettre suivante et celle du 26 avril.

(3) Voir ci-dessus, Lettre mcdxviii, et notes (3), (4), p. 200.

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