‹ ŒuvresChapitre 145 sur 272 · XXV, c. vin (al · texte numérisé non relu

XXV, c. vin (al

xliii). cette manne céleste des suavités et consolations inté-

rieures ne peuvent désirer ni recevoir les consolations du monde, pour au moins y prendre goust et y amuser leurs affections. Ce sont des petitz avant-goustz des suavités immortelles que Dieu donne aux âmes qui le cherchent ; ce sont des grains sucrés qu'il donne a ses petitz enfans pour les amorcer(k); ce sont des eaux cordiales qu'il leur présente pour les conforter, et ce sont aussi quelquefois des arres des recompenses éternelles.

*Piin.,ibid.,i.xn On dit* qu'Alexandre le Grand, sinerlant en haute mer,

c. xix (al. xlii). ^ a •

descouvrit premièrement l'Arabie heureuse par le sentiment (l) qu'il eut des suaves odeurs que le vent luy donnoit ; et sur cela, se donna du courage et a tous ses compaignons : ainsy nous recevons souvent des douceurs et suavités en cette mer de la vie mortelle, qui sans doute nous font pressentir les délices de cette Patrie (mî céleste a laquelle nous tendons et aspirons.

3. Mais, ce me dires- vous, puisqu'il y a des consolations sensibles qui sont bonnes et viennent de Dieu, et que néanmoins il y en a des inutiles, dangereuses, voyre pernicieuses, qui viennent ou de la nature ou mesme de l'ennemi, comment pourray-je discerner les unes des autres et connoistre les mauvaises ou inutiles entre les bonnes? C'est une générale doctrine, treschere Philothee, pour les affections et passions de nos âmes, que nous * Matt., vu, 16. ies devons connoistre par leurs fruits*. Nos cœurs sont des arbres, les affections et passions sont leurs

(k) les amorcer — a son amour (Ms.)

(1) l'assentiment (Ms.-A-B-C)

(m) Patrie — heureuse et (Ms.-A-B-C)

Page 1