‹ ŒuvresChapitre 149 sur 272 · Invoques Dieu et luy demandes son allégresse · texte numérisé non relu

Invoques Dieu et luy demandes son allégresse

* Ps. l, 14. Rendes-moy, o Seigneur, V allégresse de vostre salut*.

Mon Père, s'il est possible, transportes ce calice de

* Matt., xxvi, 39; moy*. Oste-toy d'ici, o bi^e infructueuse qui dessèche ucae, xxii, 42. mon ame> et vends, o gracieux vent des consolations, et

* Cant., iv, 16. soufflés dans mon jardin *, et ses bonnes affections

respandront l'odeur de suavité.

3. Ailes a vostre confesseur, ouvres-luy bien vostre cœur, faites-luy bien voir tous les replis de vostre ame, prenes les advis qu'il vous donnera, avec grande simplicité et humilité : car Dieu qui ayme infiniment l'obéissance, rend souvent utiles les conseilz que l'on prend d'autruy, et sur tout des conducteurs des âmes, encor que d'ailleurs il n'y eust pas grande apparence; comme il rendit proufrrtables a Naaman les eaux du Jourdain, desquelles Helisee, sans aucune apparence de rayson

* IV Reg., v, 14. humaine, luy avoit ordonné l'usage *.

4. Mais après tout cela, rien n'est si utile, rien si fructueux en telles sécheresses et stérilités que de ne point s'affectionner et attacher au désir d'en estre délivré. Je ne dis pas qu'on ne doive faire des simples souhaitz de la délivrance ; mais je dis qu'on ne s'y doit pas affectionner, ains se remettre a la pure merci de la spéciale providence de Dieu, affm que tant qu'il luy plaira il se serve de nous entre ces espines et parmi ces desers. Disons donq a Dieu en ce tems la : O Père,

* Supra. s'il est possible, transportes de moy ce calice*, mais

Page 1