‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 15 sur 95 · Dmi ta ttialit : • Hua Dam mi tombée de «a charnu · texte numérisé non relu

Dmi ta ttialit : • Hua Dam mi tombée de «a charnu

subitement de l'éclat éblouissant du jour, du tumulte de la rue, dans celte paisible obscurité.... entièrement livré aui impressions que réveillaient en vous, comme vous l'avouez vousmême, la paix, la innjesii'' r.e lieu.... rendu plus sensible à la beauté par la contemplation de belles œuvres d'art.... enfin vous croyant seul et abandonné à vous-même.... puis.... surpris soudain,... tout près de vous.... par une apparition de jeune fille, quand vous* n'atten riiez aucun témoin.... surpris par une beauté.... je vous l'aixorde volontiers, qui était relevée encore par une lumière avantageuse, une heureuse attitude, une expression do piété enthousiaste.... quoi de plus naturel que votre imagination E^iHammfe ait composé de tout cela un idéal, une p&rrection surhumaine!

— L'imagination peut-et!e donner ce qu'elle n'a jamais reçu?... Kt dans tout le domaine de ma fantaisie il n'y a rien que je puisse compare: à cette image. Elle est, dans mon souvenir, tout entière et immuable, telle qu'au moment où je l'ai vue; je n'ai rien que cette image.... mais vous m'offririez un monde pour elle....

— Monseigneur, c'est de l'amour.

— Est-il donc nécessaire qu'il y ait un nom pour exprimer mon bonheur? L'amour! fie rabaissez pas mon sentiment avec un nom dont mille Ames faibles abusent! 0»el autre a senti ce que je sens! Un tel être n'a jamais eiiste : comment le nom aurait-il précédé la sensation? (l'est un sentiment nouveau, unique, uniquement créé avec cet être unique, nouveau, et qui n'était possible que pour cet être.... L'amourl... Je suis a l'abri de l'amour!

— Vous avez envoyé Biondello.... sans doute pour suivre les traces de votre inconnue, pour recueillir des rïnseignements sur elle* Quelles nouvelles vous a-l-il rapportées?

— Biondello n'a rien découvert.... autant dire absolument rien. Il les a trouvées encore a la porte de l'église. Un homme âgé, décemment vêtu, qui avait plutôt l'air d'un bourgeois de Venise que d'un domestique , parut pour les accompagner à la gondole: Une troupe de pauvres se sont rangés surson passage, et l'ont quittée d'un air fort satisfait. A ce moment, dit Biondello, elle a laissé voir une main où étincëlaient quelques

LË VISIONNAIRE.

pierres précieuses. Elle a échangé avec sa compagne quelques paroles, que m'ondrllo n'a pas comprises. Il prétend que c'était du grec. Comme elles avaient assez de chemin a faire jusqu'au [■;ninl, déjà li- peuple coi n m ruinai! ;'i se rassembler; h relie vue extraordinaire, tous les passants s'arrêlaient. Nul ne la connaissait.... niais la branlé est nt'-c reine, 'l'ont le monde lui faisait place respectueusement, iille abaissa sur sa figure un voile noir, qui couvrait la moitié de son vêtement, el se liata de gagner la gondole. Tout le long du canal de la Giudecca, Biondello ne les perdit pas de vue ; mais la foule l'empêcha de les suivre plus loin.

— Mais il a remarqué le goudulirr, 'ilin de pouvoir le reconnaître, lui du moins?

— I! espère retrouver le gondolier: cependant ce n'est aucun de ceu* avec lesquels il est en relation. Les pauvres, qu'il a interrogés, n'uni pu loi (Iduti.t aucun autre dé[;iil. sinon que la signora venait là depuis quelques semaines, et toujours le samedi, et que chaque fois elle avait partagé entre eux une pièce d'or. C'était un ducat de Hollande, qu'il leur a changé et qu'il m'a apporté.

— Ainsi doue une ! lire. (lie, el de i- r .n . i l : i i .!i . à ce qu'il paraît, ayant du moins de la fortune, et bienfaisante. Ce serait assez pour la première fois, monseigneur, assez et presque trop! Mais une Grecque dans une église catholique !

— Pourquoi non ? Elle peut avoir quittée religion. D'ailleurs, il y a toujours quelque chose de mystérieux. Pourquoi seulement une fois par semaine'.' Pourquoi seulement le samedi, dans celte église , qui doit être ordinairement déserte alors, à ce que dit lliondello ?... Le premier samedi au plus tard il faut que ce point s'érlaircisse. Mais jusque-là , cher ami, aidez-moi à franchir cet aluuudr temps! Impossible, hélas I... les jours el 1rs heures \ mit de leur pas tranquille, et mon désir a des ailes '.

— Et quand ce jour sera venu, alors, monseigneur.... qu'arrive ra-t-il ?

— Ce qui arriverai... Je la verrai. Je découvrirai sa demeure.

I, nini tt Tkalit fi iluii la première Mlilon, on lit, an lieu i\e et dernier mtmhn de phiua : ■ Et mon .Imo ut brlUnU. .

LE VISIONNAIRE 123 Jesaurai qui elle est.... Qui elle est?... Pourquoi m'inquiéter de cela? Ce que j'ai vu m'a rendu heureux : né sais-je donc pas déjà tout ce qui peut me rendre heureux?

— Et noire départ de Venise, qui est fixé au commencement du mois prochain?

— Pouvais-je prévoir que Venise renfermait encore pour moi un pareil trésor?... Vous me parlez de ma vie d'hier : je vous dis que je n'existe et ne veux exister que d'aujourd'hui: ■

Je crus avoir trouvé l'occasion de [cuir parole au marquis. Je lis entendre au j'i'inec. qu'un plus lonu r séjour h Venise ne pmi-

■j.i. ï il ,.f I i..' >,I j-'ii » | "r H" i li du [■ i fii- • -ut il m.

pourrait non plus compter beaucoup sur l'appui de sa cour. A cette occasion, j'appris, ce nui avait é lé jusqu'alors un mystère [.. i,r tu- i ]••■ ■ •■ i « i iir. f-rn. -f - t'iwiul- .)#■■■ lui ini.nl compter, à l'exclusion de ses autres frères, et en secret, des suppléments considérables, qu'elle était toute prête à doubler si sa cour l'abandonnait. Cette sœur, d'une piété exaltée, comme vous savez, croit' ne pouvoir mieux placer que dans les mains d'un frère dont elle connaît la sage bienfaisance et qu'elle vénère avec enthousiasme, le.- ^rainiri t'-parpies qu'elle fait dans uneeoor trés-économe. ,Ic savais, il est vrai, depuis longtemps, qu'il existe entre le frère et la sœur des rapports très-intimes et qu'ils ont une correspondance fort active; mais, comme jusqu'à présent la dépense du, prince était suffisamment couverte par les moyens connus, je n'avais jamais pris garde à ces ressources eai liées, il c.-l doue évident que 1" prince a f.iit des dépenses qui étaient et qui sont encore un séri el pour moi; et, si

vent être que des dépenses qui lui font honneur. Et je pouvais me figurer que je le connaissais à fond I... Après celle découverte, je crus devoir d'autant moins balancer à lui déclarer les offres du marquis.,., et, à ma grande surprise, il lésa acceptées sans difliculté. Il m'a donné plein pouvoir d'arranger l'a ITaire avec le marquis, de la manière que je croyais la plus convenable, et d'en finir aussitdt avec l'usurier. II allait écrire à sa sœur sans délai.

Il était jour lorsque nous nous séparâmes. Si désagréable que

soit et que doive être pour moi, par plus d'une raison, cet événement, ce qu'il y a de plus fâcheux cependant, c'est qu'il menace de prolonger notre séjour à Venise. De celle passion naissante, j'attends plutôt du bien que du mal. Elle est peutêtre le moyen le plus efficace pour ramener te prince de s.es rêveries métaphysiques aux sentiments ordinaires de l'humanité ; elle aura, je l'espère, la crise accoutumée, et, comme une maladie artificielle, elle emportera l'antre avec soi.

Adieu, très-cher ami, je vous ai donné celle nouvelle toute fraîche. La poste part à l'instant. Vous recMvreï cette lettre le mémo jour que la précédente.

LE BARON DE F'" AU COMTE D'O"

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