‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 23 sur 95 · I...JI. ■» (■■! tllll. - I -U l'Ut •■ " <•■ II · texte numérisé non relu

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Le marquis nous avait quittés, et le prince n'avait pas encore prononcé une parole. Il se promenait h grands pas dans la chambre : il se passait en lui quelque chose d'extraordinaire. Enfin il s'arrêta , et murmura entre ses dents : .• Félicitezvous, disait-il.... il est mort à neuf heures. »

Nous le regardâmes avec 'effroi.

— Félicitez-w>us , puLirsiiii it-il. hï'lii'id'z-i'His?... Je dois me féliciter?... N'a-t-il pas dit cela?... Que voulait-il dire par-là?

— Comment revenez-vous â ce souvenir? m'écriai-jc. A quel propos cela maintenant?

— Je ne compris pas alors ce que cet homme voulait dire. Je le c.omp rends aujuiirilljiM.... ( iti ! l 'rs! un sirjijilifi: insupportable d'avoir un maître au-dessus de soi'

— Mon très-cher prince!...

— Un mailre qui peut nous faire sentir qu'il l'est!... Ah! il doit être bien doux.... «

Il s'arrêta de nouveau.... Son air m'effrayait. Je ne l'avais jamais vu comme cela.

« Le dernier homme du peup'e, reprit-il, ou le prince le

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plus près liu tréne. .. c'csl absolument la même chose ! 11 n'j a qu'une seule différence entre les hommes : obéir et romm an (1er I >

Il parcouru! encore une t'ois lu lettre :

■ Vous avez Mi l'homme, juin rsiitvît-il , ijiii s'est permis de m'écrirc cela : le salnerie/.-vons dans la rue, si le sort ne l'avait fait votre maître) Par Dieu, c'est une grande chose qu'une cou-

II poursuivit sur ce ton, et il lui échappa des paroles que je n'oserais confier a une lettre. Mais, à cette occasion, le prince m'a découvert une circonstance qui ne m'a pas causé peu île surprise et d'effroi^ et qui peut avoir les plus dangereuses conséquences. Nous avons été jusqu'à présent dans une grande

ne permet plus d'e?piTer aucun accommodement.

Maintenant , très-cher O", vous serez curieux aussi d'apprendre enfin quelque chose de positif sur la jeune Grecque ; mais u'e-t préi-i^nienl suc qimi ji' ne puis vous ilniiniT enrôle

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parce qu'il a été mis j,nu le si-i-evI, el qu'il a .1 ù, je le suppose, s'engager à le garder. Mais il est certain qu'elle n'est point une Grecque, comme nous l'avmis cru. 1.11e est Allemande, et de la plus noble origine. L'n certain bruit, que j'ai recueilli, lui attribue une très-auguste mère, et la présente comme le Iruit d'un amour malheureux, dont on a beaucoup parlé en Europe. Les embûches secrètes d'une main puissante l'ont obligée, selon ce bruit, de chercher protection a Venise, et ces embûches sont justement la cause de sa vie cachée, qui avait mis mon maître hors d'étal de découvrir sa demeure. Le respect avec lequel le

11 a conçu pour elle une passion violente, qui l'ait chaque jour des progrès. D'abord on ne lui permit que de rares visites; ■mais, dés la deuxième semaine, on abrégea les moments dj séparation, et maintenant il ne se passe pas un jour que le prince ne se rende auprès d'elle. Des soirées entières s'écou-

LE VISIONNAIRE. 149 lent sans que nous le voyions, et lorsqu'il n'est pas dans sa société, c'est d'elle seule qu'il s'occupe. Tout son être semble transformé. Il va et vient comme en rêve, et rien de ce qui l'intéressait autrefois ne peut même obtenir de lui une attention fugitive.

Où cela nous mènera-l-il encore, très-cher ami? Je tremble pour l'avenir. I,a rupture avec sn cour a mis lu prince dans la' dépendance hninili.ïiire d'un seul homme, le marquis CiviteKa. Il est aujourd'hui maître de nos secrets, do tout notre sort. Pensera-t-il toujours aussi noblement qu'il nous le témoigne à présent encore ï Celte bonne inlel!t!,-oiu'i' dnrera-t-clle? Enfin, est-ce agir sagement de donner tant d'importance et de pouvoir li un homme, fut-il le meilleur de tous?

Une nouvelle leure vient d'être cvuédiée à la sœur du prince. J'espÈre pouvoir vous en dire J 'effet dans ma prochaine.

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