‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 24 sur 95 · POUR SERVIS DE CONCLUSION · texte numérisé non relu

POUR SERVIS DE CONCLUSION

Mais celle lettre prochaine ne vint pas. Trois mois entiers s'écoulèrent sans qu'il m'arrivât aucune nouvelle de Venise, et cette interruption ne s'est que trop expliquée dans la suite. Toutes les lettres que mon ami m'écrivait avaient été retenues et supprimées. Qu'on juge de ma consternation, lorsqu'au mois de décembre do celle année je reçus enfin le billot suivant, qui ne me parvint que par un heureux hasard, parce que Biandclb, qui devait me le faire parvenir, tomba malade tout

■ Vous n'écrivez pas; vous ne repondez pas. Venez, oh 1 venez sur les ailes de l'amitié. Notre espérance est perdue. Lisez l'incluse. Toute notre espérance est perdue.

■ La blessure du marquis est jiijitV mortelle Le cardinal médite une vengeance, et des assassins gagés par lui cherchent le prince. Mon maître.... oh I mon malheureux maître!... En être venu 11!... Sort indigne, affreux! 11 faut que nous nous cachions comme des misérables devant des assassins et des brigands'!...

- Je vous écris du couvent de "', où le prince a trouvé un refuge Dans cet instant mémo il repose sur une dure couche à coté de moi, et il dort.... Ah! ce sommeil est l'effet d'un

l. Dam U puraijro édition : - El [lui créancier* ■

épuisement mortel , el i) ne lui rendra des forces que pour sentir de non vexa ses peines. Pendant les dix jours qu'elle a été malade , il n'a pas fermé les yeux. J'ai assiste à l'ouverture du corps : on a trouvé des traces de poison. On l'enterre aujourd'hui.

• AU I très-cher O" , mon cœur est brisé. J'ai assisté à une scène qui ne s'eilarcra jamais de ma mémoire. J'étais auprès

'■llr i'|iui.-r 'il ■ ! . u [ 1 1 ■ ■ t; > ■ pour conduire snn imaiit dans le chemin qui la mi'iniit elle-même au ciel.... Nous sentions toute noire leniielë ébranlée; le prince, lui seul a résisté, et, (^m.tiqiie ce fût pour lui une triple mort de la perdre, il a conservé assez de force d'esprit pour refuser à la pieuse enthousiaste sa suprême prière. .

Dans cette lettre était l'incluse que voici :

• L'Église hors de laquelle il n'est point de salut, qui a fait une si brillante conquête dans la personne du prince de "', ne le laissera pas manquer des moi eus de continuer le genre de vie auquel elle doit celle ciiiirjuttc. J'ai des larmes et des prières pour un égaré, mais je n'ai plus de bienfaits pour un in-

■ Henriette '". ■

Je pris aussitôt la poste, je voyageai jour et nuit, et, la troisième semaine, jV-iais .'; Venise. Mou empressement fut inutile. J'étais arrivé pour apporter des consolations et des secours à un malheureux : je trouvai un homme heureux, qui n'avait plus besoin de mon faible appui. F"* était au lit, malade, et je ne pus lui parler a mon arrivée. On m'apporta ce billet de sa main : ■ Retournez, très-cher 0", aux lieux d'où vous êtes \cnu. I.r prince n'a [dus K".niii isi de vous :ii Je moi Ses dettes sont payées, le cardinal s'esi réconcilié avec lui, le marquis est rétabli. Voussouvenez-vnnsde. l'Arménien qui sut vous troubler si étrangement l'an dernier? C'est dans ses bras que vous

trouverez le prince, qui, il y a cinq jours, a entendu.... sa première messe. »

J'insistai néanmoins pour voir le prince, mais on me ferma sa porte. J'eus enfin an chevet A", mon ami l'explication de cette histoire inouïe.

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