‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 28 sur 95 · L'HOMME DEVENU CRIMINEL, ETC · texte numérisé non relu

L'HOMME DEVENU CRIMINEL, ETC

Qui es-tu? dit-il d'une voix terrible , cl il posa sa pipe

■i — Un meurtrier, comme loi.... mais seulement un ap-

- L'homme me regarda en face , et reprit sa pipe.

■ Tu n'es point du pays» dit-il enfin.

« — Mon pays est à trois milles d'ici. Je suis l'hûte du Soleil, de L..., si tu as entendu parler de moi. ■

' L'homme se leva d'un bond, comme un possédé. ■ Le bra-

• connier Wolfï cria-t-il vivement.

• — Lui-même....

■ en me secouant lus mains avec force. Quel bonheur que je t'aie

■ enfin, hflfe du Soleil ! Voilà des années i|uc je songe à l'avoir.

■ Jeté connais parfaitement. Je sais tout. J'ai depuis loi igtemps

■ compté sur toi.

• — Compté sur moi ï Pour quoi donc faire?

■ — Tout le pays ne parle que de loi. Tu as des ennemis;

• un bailli t'a opprimé , fl'olf! On fa ruiné, on t'a trailé d'une

■ façon qui crie vengeance. »

■ lion homme se passionnait.... ■ Parce que tu as tiré une

■ et dans nos champs, ils l'ont lenu des années entières dans la ■■ maison de eoirivlion et ilans i.i forte, l'i'w, ils t'out |iris (a

■ maison et ton auberge, ils ont fail de loi un mendiant En

■ sommes-nous venus là, frère, qu'un lnniiiiif n'ait pas plus de

■ prii qu'un lièvre' ï Ne valons-nous pus mieux que le bétail

■ des champs?... El un gaillard comme toi a pu souffrir cela?

. — C'est ce que nous verrons. Mais dis-moi donc, d'où

« Je lui racontai toute mon histoire. L'homme, sans attendre que j'eusse fini, se leva avec une joyeuse impatience, et m'entraîna avec lui. * Viens, hûto du Soleil, viens, frùre, me

• dit-il : maintenant tu es mûr, lu es au point maintenant où je

■ te voulais. Tu vas me faire honneur. Suis-moi I

• — Où veux-tu me conduire?

• — N'en demande pas si long. Suis-moi ! ■ Il m'c ni raina de

« Nous avions fait un petit quart de mille. Le terrain devenail de plus eu plus escarpé, lu bois plus sauva;;!: et plus impraticable; ni lui ni moi nous ne disions mot, lorsque tout à coup le sifflet de mon guide m'éveilla en sursaut de mes réflesions. J'ouvris les jeux, nous étions au bord d'un rocher à pic qui dominait un profond ravin. Un second coup de sifflet répondit des entrailles du rocher à celui de mon conducteur, et une échelle sortit lentement, M rarame d'elle-même, de l'abime, et

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joignit d'.ttti'iiili'i; qu'il n 1 vin!. . (1 faut li'alionl, sjmila-t il, que

■ je fasse mettre le chien a la cbaiue : tu es ici un étranger, la

■ béle féroce te déchirerai!. » Là-dessus il s'en alla.

■ Je me trouvai alors seul devant le précipice, et je savais fort bien que j'étais seul. L'imprudence de m oj i guide n'échappa point à mon attention. Il ne m'en aurait coûté qu'une résolution hardie pour tirer à moi l'échelle : j'éiais libre alors, et ma mite assurée. J'eus cette idée, je l'avoue. Je plongeai mon reine mis ii frissonner;! In pensée de l.i carrière où j'ai laisentrer ; une prompte Tuile pouvait seule me sauver. Je me décide à cette fuite.... déjà j'étends le bras vers 1 échelle.... mais, tout à coup, comme si un coup de tonnerre eut frappé mes oreilles, et qu'un rire moqueur parti des enTers eût éclaté autour de moi, j'en-

réglé, le temps du repentir était passé, le meurtre que j'avais commis se dressait derrière moi comme un roc infranchissable, et me fermait à jamais le retour. En mÊine temps, mon guide reparut et m'annonça qu'il taliait de-remire. De toute façon , il n\ ai ail plus à chnisir. Je dt-scendis.

bancs. Au milieu de ces cabanes , s'ouvrait une pelouse ronde, sur laquelle une troupe de dit -huit ou vingt persunnes était '

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