‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 42 sur 95 · CONNEXION DES DEUX NATURES DK L'HOMME. S · texte numérisé non relu

CONNEXION DES DEUX NATURES DK L'HOMME. S

supposai! qu'ils pouvaient lui être utiles; maintenant il les aime plus encore, parce qu'il regarde ia bienveillance comme l'étal d'un esprit accompli. - ] •

L'union 'le Mme h rln i-.ir;n fnnlirV il.nis l'hi'inTï 'lu (îcare humain.

Maintenant jetons un regard encore plus hardi sur l'histoire universelle du genre humain, depuis .son berceau jusqu'à son îge viril , et la vérité de ce qui procède se montrera dans tout

La faim e! la nudité ont ("ail d'abord de l'homme un pécheur, un paire, un laboureur et un architecte. La volupté fonda dos familles, et la faiblesse sans défense de l'individu donna naissance a l'agglomération par hordes. Voilà déjà les premières racines des devoirs sociaux. Montât les productions de la terre n'étant plus en rapport avec la population croissante, la faim dispersa les hommes dans des climats el des pays lointains, qui découvrirent ii la néeessiié industrieuse loirs produits, et lui enseignèrent de nouveau* ratiini'iiu'iii.s pour les mettre en œuvre, et échapper à leur influence periiicieu.se. Ces connaissances isolées se transmirent jifir- Ll'adiltori de l'aïeul a l'arrièreneveu, et eu infime temps elles s'étendirent, (in apprit ;i tourner les forces de la nature contre la nature elle-même, on la plaça dans des rapports nouveaux, et l'on découvrit dès lors les premiers rudiments des arts simples et salutaires. Sans doute, les arts, les découvertes, li maient encore pour ohjet que le bien-être de l'homme physique ; mais cependant ils exerçaient la force el augmentaient la somme des connaissances. Auprès de ce feu où le grossier enrant de la nature cuisait ses poissons, line rhave épia plus tard le mystère du mélange des corps; ce couteau avec lequel le sauvage dépeçait son gibier, amena Lionel à découvrir celui avec lequel il mit à nu les nerfs des insectes; avec ce compas qui ne servait d'abord qu'à circonscrire des champs, Newton mesura le ciel et la terre. C'est ainsi que le corps força l'esprit à donner son

attention aux phénomènes qui se passent autour de lui ; c'est ainsi qu'il rendit le monde intéressant et impartant pour lui, en le lui rendant Indispensable. D'une part, l'impulsion interné d'une nature active; de l'autre, la pauvreté du sol maternel enseignèrent à nus premiers parants à imprimer a leur pensée un essor plus hardi, et les amenèrent à la découverte d'une demeure flattante, dans laquelle, guidés par les étoiles, ils glissèrent sur les fleuves et les mers, et naviguèrent à la recherche île zones nouvelles ;

Flnctihm ignntiti insuliame caiina?' Ici encore nous voyons parait re de nouveaux produits, de nouveaux dangers, de nouveaux besoins, de nouveaux efforts lie l'esprit. La collision îles penchants animaux pousse les honies contre les hordes, forge en glaive le minerai grossier, engendre des aventuriers, des héros, îles ilcspulcs. Les villes se furtilienl.

lit quand 1rs besoins ont dégénéré en luxe, quel champ immense se déroule a nos yeux! Maintenant on creuse les en- ■ trailks de la terre , maintenant ou explore le sein des mers ; le commerce et le négoce fleurissent :

Les produits de l'Orient sont admirés en Occident, mu de l'Occident en Orient ; les plantes exotiques s'acclimatent sous des cieux artificiels, et l'horticulteur réunit dans un même jariliii les [iviniji'liiins îles Mois pallies du ne aide. Les artistes arrachent à la nature le secret de ses œuvres, de doux accents amollissent le sauvage, la beauté et l'harmonie ennoblissent les mœurs et le goût, et l'art conduit a la science et à la vertu. « L'homme, ce puissant demi-dieu, dit Schlœier*, enlève les rochers qui lui font obstacle , creuse la terre pour détourner les lacs, et laboure là où autrefois on naviguait. Par des ca-

1, Oiida. Mélemorphoin, t, 133.

■;, Virgile, (WéJf. IV, bat.

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