‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 43 sur 95 · CONNEXION- DES DEUX NATURES DE L'HOMME. Î3I · texte numérisé non relu

CONNEXION- DES DEUX NATURES DE L'HOMME. Î3I

naux, il sépare les continents et tes provinces; il réunit les torrents dans un même lit ; et les dirige vers des déserts sablonneux, qu'il transforme ainsi en Hantes campagnes. Il dérobe leurs produits à trois parties du monde, et les transplante dans la quatrième. Le climat même, l'air, la température, obéissent i son pouvoir. En défrichant les bois, en desséchant les marais, il fait briller sur sa tête un ciel plus serein. L'humidité et le brouillard se dissipent, les hivers deviennent plus doux et plus courts, la glace n'curtnuue plus le cours des fleuves, * et l'esprit s'épure avec le climat.

L'État occupe le citoyen à pourvoir aux besoins et aux commodités de la vie. Grike au travail , l'Etat acquiert au dedans et au dehors la sûreté et le repos, qui procurent au penseur et à l'artiste ce loisir fécond qui a fait du siècle d'Auguste un àgc d'or, .\lor.- les ;irts jji'emii'iit un ess' r plus h an M et plus libre : alors les sciences arrivent a une lumière pure et brillante. L'histoire naturelle et la physique renversent la superstition; l'histoire présente le miroir du passé, et la philosophie rit de la folie des hommes. Mais comme le luxe, dégénérant en mollesse et en débauche, commence a exercer ses ravages dans le corps humain, couve des épidémies, et empeste l'atmosphère, l'homme, en proie à la souffrance, demande successivement à tous les règnes de la nature un adoucissement !i ses maux. Il trouve l'écorce divine du quinquina, aiTiidu- aux entrailles des montagnes le mercure à l'action puissante, et exprime le suc précieux du pavot oriental. Les recoins les plus cachés de la nature sont explorés, la chimie décompose les corps dans leurs derniers éléments, et se crée des mondes nouveaux; les alchimistes enrichissent l'hisloice uaïui'i'lle; armé du microscope, l'oeil de Swammcrdam surprend la nature dans ses procédés les plus mystérieux. L'homme va plus loin encore. Le besoin et la curiosité franchissent les barrières de la superstition : il saisit courageusement le scalpel et découvre le plus beau chefd'œuvre de la nature, l'homme, l/csl ainsi que le plus grand bien devait sortir de l'excès du mal, c'est ainsi que la maladie et la mort devaient nous amener de force au yvirti ««,»■'. La

peste forma nos [iip|ioi'rale et nos Si.lrnhnn! , mimiic i;i j^ier;'!: engendra des généraux, et c'est a l'irruption tie la contagion syphilitique que nous devons une réforme complète des doc trilles méi lira les.

.Vous avons loulu ramener à la perfection de l'âme la satisfaction Ii/ftil'mi- des appétits physiques, et quelle merveilleuse tournure celte malière a pri.-i' dans uns, mains! Xous avons trouvé que l'exr.i';s même et l'alms lJ ■ ■ h plaisirs sensuels ont, en somme, favorisé les progrès réels tle l'humanité. Les égarements qui semblent nous avoir écartés du but primitif de la nature, les maivlianils , les conquérants, le luxe, ont, sans aucun doute , arriéré dans (i'ùnorEiii's, proportions un progrès qui aurait été réalisé d'uni' manière plus réjiiiliùre, mais passablement lente, par un genre de vie plus simple. Que l'on

étaient simples et leur satisfaction facile, mais aussi quels exécrables jugements on portait sur la nature et ses lois! Maintenant une foule de détours rendent cette satisfaction plus difficile, tuais aussi quelle live lumière s'est répandue sur toutes les Idées!

En résumé, il fallait que l'homme fut animal avant de savoir qu'il était esprit; qu'il rampât sur la poussière avant d'oser s'élancer dans l'univers a ver le génie de Newton, Ainsi le corps est te premier aiguillon ik l'activité; les impressions sensibles , les premiers dearès qui i-lèi-ait à lu perftetitm.

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