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LES SEVTIMENTS ANIMAUX ACCOMPAGNENT LES SENTIMENTS SPIRITUELS

Loi.

L'intelligence de l'homme est extrêmement bornée, et, par suite, tous les sentiments qui résultent de son activité doivent

CONNEXION DKS DEUX NATURES DE L'HOMME. S33 nécessairement l'élre aussi. Pour leur donner un plus grand essor, doubler la force qui entraîne la volonté vers le parfait et l'arrache au mal , la nature spirituelle et la nature animale furent si étrailement enlacées, que leurs modifications se transmettent de l'une à l'autre et se fortifient mutuellement. Or, de la résulte une loi fondamentale de l'union des deux natures,

de l'esprit, e'est-ei-dire que toute surtmeitaiion de C activité spirUueUt a toujours pour rtm,«'i<u:ocn In sitn:.trii<;ii<it\ d'un etrtain motte fie l'activité physique, lotit comme aussi l'équilibre, [activité harmonique des forces spirituelles est dans l'accord le plus parfait avec la

l'imperfection à une peine, on peut aussi ramener celte loi a la formule suivante ; Le jiiaisi: spirituel est toujours accampaatiè d'un plaiùr matériel, et la peine spirituelle d'une peine matérielle.

Ainsi donc, un sentiment qui s'empare de l'âme tout entière ébranle au mùtiu ili.^i'é tout iViiitice de l'organisme corporel. Le cœur, le sang et les veines, les fibres musculaires et les nerfs, depuis ceux qui, puissants et énergiques, impriment nu cœur le mouvement vital, jusqu'à ceux qui, chétifs et insignifiants, font hérisser les petits poils de la peau, tout participe à cette impulsion. Le mouvement est plus fort dans la machine entière. Le sentiment est-il agréable, toutes les parties du corps acquièrent un degré plus élevé d'activité harmonique: le cœur bat librtmi.'iit , vivement, avec régularité; dans les canaux assouplis, le sang circule sans obstacle, soit paisiblement, soit avec une ardente rapidité, selon que l'ime est affectée ou doucement ou vivement; la coclion, la sécrétion, l'eicrétion, ont une marche libre et normale; les

fibres irritables jouent avec, souplesse dans un doux bain de vapeur : IWitabilité en général et In sensibilité s'élèvent à une plus hnule puissance. Voilà pourquoi le moment du plus grand plaisir de l'âme est aussi le moment du plus grand bien-

Dt

d'où il découle, et l'augmente infiniment. Ainsi foute affection agréable de l'Ame est la source de plaisirs corporelsinnombrables.

Cela est confirmé de la manière la plus évidente par l'exemple des malades que la joie a guéris. Hamenez dans sa patrie celui que le terrible mal du pays a réduit à l'étal île squelette, et il reprendra une santé florissante, une jeunesse nouvelle: Entrez dans les cachots mi. depuis dix, vingt ans, îles malheureux sont comme ensevelis dans 1rs émaintions empestées de leurs propres ordures et trouvent à peine la force lie bouger de place, et anniuire'-leiir muta coup la délivrance. Ce seul mot versera dans leurs membres des forces nouvelles, et de leurs yeux éteints jailliront le feu et la vie. En proie, sur une mer incertaine, à la langueur eUi la misi'i ■e.dé.-espéi'i's par le manque d'eau et de pain, que les nnv valeurs entendent le pilule qui veille au liaut du tillac crier : • Terre 1 » la santé est déjà revenue à demi ; et certes, il serait dans une grave erreur celui qui attribuerait uniquement aux vivres frais cet heureux changement. La vue d'une personne chérie, après laquelle il a long-

s'e.nvoler, et, pour un instant, ses forces reviennent, son état

s'ariiélinre. 11 c.'i iiicouiestriblc que la joie peut donner au système nerveux une activité plus vive que tous les cordiaux qu'il l'aul » Mer quérir dans U - pin Mincie-, et que. dans le î.'iliv rinllie intestinal, elle a triomphé d'obstructions invétérées, irnpéné-

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trahies à la garance', el que le mercure même ne peut rompre. Oui ne comprend après cela que celte constitution de lame uni sait puiser un plaisir dans chaque événement, el résoudre In dissonance de la douleur dans l'accord parfait de l'univers, est aussi la plus favorable au* fonctions de la machine? Or, cette constitution, c'est !a vertu.

Les mêmes phénomènes se reproduisent en sens inverse 'lorsque l'âme est désagréablement affectée. Ces idées qui ressortent avec un si haut di'gré d'intensité dans la colère et la frayeur, on pourrait, à aussi bon droit que Platon a nommé les passions des lièvres de l'àme, les envisager comme des convulsions de l'organe de la penses.'. Ces convulsions se propagent rapidement dans tout le réseau du système nerveux, mettent les forces vitales dans cet état de dissonance qui anéantit la parfaite harmonie de la vie et détruit l'équilibre île toutes les fonctions de la machine. Le cceur bat avec irrégularité et violence, le sans; es! comprimé dans les poumons, tandis que les extrémités en conservent à peine assez pour maintenir le pouls qui s'éteint. Toutes les opérations de la chimie animale s'entrecroisent. La sécrétion des humeurs se fait précipitamment; les sucs de nature bienfaisants: s'égarent et viennent exercer une inlluencc funeste dans îles domaines étrangers, tandis qu'en même temps les humeurs malignes, qui devraient être entraînées avec les ejcrémeiits, reviennent at'iliier an rieur de la machine ; en un mot, l'état de la plus grande douleur do l'âme est aussi l'état de la plus grande maladie corporelle.

■L'aine est avertie par mille si'nsations confuses de la dissolution qui menace ses organes ; elle est envahie tout entière par un sentiment (le souikaiii'e générale, qui vient s'ajouter à la douleur spirituelle, principe du mal, et en aiguise l'aiguillon.

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Kioraplcî

Les douleurs profondes el chroniques de rame, surtout lorsqu'elles sont accompagnées d'un violent effort de la pensée (et

je fais particulièrement rentrer dans celle classe cette sourde colère qu'on nomme indignation), i n i ri lv j i t en quelque sorte les

hommes en proit> à ces peines morilles sont piles et exténués, et leurs yeux caves t:t enfoncés trahissent leur souffrance intérieure. « Il me faut autour de moi, dit César, des hommes gras, aux joues arrondies, de? hommes qui dorment la nuit. Cassius que voilà, a une figure hfl?e et famélique; il panse trop : les gens de cette espèce sont dangereux. • La peur, l'inquiétude, le remords, le désespoir n'agissent guère moins que la fièvre la plus violente. En proie à l'inquiétude, Richard n'a plus sa gaieté ordinaire, et ii s'imagine, qu'un verre de vin la lui rendra". Ce n'est pas une souffrance uniquement morale qui met en fuite sa gaieté; c'est une sensation de malaise qui du cœur même de la machine vient s'imposer a lui; c'est exactement la même sensation qui annonce les fièvres malignes.

Accablé sous le poids des forfaits, (Franz) Moor, qui autrefois était assez subtil pour rédliire à rien, par la dissection des idées, tous les sentiments de l'humanité , Moor vient de s'éveiller en sursaut d'un st>ng<' épouvantable : pile, hors d'haleine, une sueur froide baigne son Iront. Toutes ces images des peines futures, qu'il avait peul-étre sucées avec le lait dans sa première enlanco, el étoull'ées dans l'âge viril, ont assailli, pendant son rêve, sou intelligence \nilé.e. Lu* sensations sont

connexion des nrci;x natures de i.'ifomme. 237

Iimo -on l'uses pour !"[!!(■ In marche plus lente ilr la raison puisse

les saisir et les analyser de, nouveau. Elle lune encore contre l'imagination, cl l'esprit contre les (erreurs de l'organisme'.

■ Ndok. Non, je ne tremble pas. C'était simplement un rêve.... Les morts rie ressuscitent pas encore.... Oui dit que je tremble et que je suis paie? Je me sens si Lien, si léger.

Le domestique. Vous êtes pale comme la mort; votre voix est inquiète e! bégaye.

Moor. J'ai la lièvre.... Je me lerai saigner demain. Dis seulement au pasteur, quand il viendra, rue j'ai la lièvre.

Le domestique. Oh ! vous êtes sérieusement malade.

Motra. Oui, certainement I Voilà tout. Kl la maladie dérange le cerveau et l'ait éclore des rêves insensés, étranges.... Les rêves ne signifient rien,... Fi de celte lâcheté de femmelette.... Les rêves viennent du ventre, et les rêves ne signifient rien.... Je faisais tout juste un plaisant rêve.... {Il tombe évanoui.) *

Ici, l'image totale du songe se présentant subitement a l'esprit, met en mouvement tout le système des idées obscures, et ébranle, pour ainsi dire, dans ses /biuluitiuiits. l'organe de la pensée. Tous les sentiments douloureux ss résolvent dans un sentiment unique, extrêmement euinple\e, qui bouleverse l'âme dans ses profondeurs et paralyse par tonsentwn le tissu ner-

Les frit ions qui saisissent l'homme au moment qu'il va commettre un acte criminel ou qu'il vient de l'accomplir, ne sont

éprouve aussi en prenant des remèdes repoussants. Les agitations nocturnes de ceux qui' les remunis t. iiiririenlViit. agitations toujours ai-' , -'iri'.jianin' , i-s Je poumon- ['êbriles, constituent do véritables fièvres, occasionnées par l'accord de la macbine avec l'âme, et lady Macbeth, quand elle marche en dormant", est en proie à un délire liénéinjue. bien pins, l'imitation même de la passion donne a l'acteur une maladie momentanée, et

Icrsque Ihrrid avait jnué Lirai' on Olliollo, il passait quelques heures au lit avi'c dis spasmes e invulsifs. I, 'illusion du spectateur, la sympathie pour les passions IVinles ont pu produire aussi des frissons, des convulsions, et des évanouissements.

Eu conséquence, celui qui, tourmenté par l'humeur noire, extrait do toutes les situations de la vie le poison et la bile; le vicieux qui, dans un étal constant de mine chronique, ne vit que pour la haine; l'envieux, qu'un avantage quelconque de son prochain met au supplice : tous ces hommes ne sont-ils pus les plus grands ennemis de leur santé? Que manqueraitil donc au vite pour être repoussant, s'il détruit la santé en même temps que le bonheur?

Mais, il est arrivé aussi qu'une impression agréable a causé la mort, et qu'une impression ilésa.aréahli' a produit des cures merveilleuses.... L'expérience nous enseigne ce double fait. Cela ne dérange-t-11 pas les limites de la lot que nous avons posée!

La joie tue quand die sV:lt:vii jusqu'à l'extase :1a nature ne peut supporter l'essor imprime dans uli seul instant au système nerveux tout entier. Le mouvement du cerveau n'est plus harmonie, il est convulsion; c'est une énergie momentanée, extrême, mais qui aussitôt aboutit a la ruine de l'organisme, parce qu'elle a dépassé la ligne de démarcation de la santé. En ellot, l'idée de santé est étroitement associée à l'idée d'un certain tempérament dans les mouvements naturels. Pour les êtres finis, la joie elle-même a ses limites comme la douleur, et elle ne peut les dépasser sans qu'ils

Pour ce qui regarde le second cas, on a de nombreux exemples qu'un degré modéré de colère, ayant ie champ libre pour s'épancher, (i triomplu': des oiistrudions les plus obstinées; que la frayeur, d'un incendie, par exemple, a guéri subitement

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d'anciennes doul-jui v-i rluinialismak's et des paralysies désespérées. Unis la djsscuterie a jiu résoudre aussi 1rs obstructions de la veine-porte ; la yak aussi a fïin'-t-i la mélancolie ut la frénésie. La gale en est-elle moins une maladie/ la dysenterie est-elle plus pour cela une condition de santé!

tlant les occupulimi- du jour peut ; arriérer lu soir les puisali.-nï .J. . 3i i-i. . . i -f| - I.- -I- ii- - M. | . I.'i ril- ntir . r) i. inactivité absolue les supprimer peut-être complètement? Car, bien que la cireulaliou du sans ne paraisse pas dépendre absolument de l'unie, on peut induire, non sans quelque raison, que le cœur, qui, en tout cas, emprunte au cerveau la plus grande partie de son énergie, doit subir une grande déperdition de force lorsque l'àme n'entretient plus le mouvement du cerveau, Lellegim' rend le pouls lent et paresseux ; le sang est aqueux et plein de sérosité; la circulation éprouve de l'embarras dans le bas-ventre. Les idiots que nous a décrits Muzell ', respiraient lentement et avee. peine; ils n'avaient nulle appétence pour le boire et le manger, ni pour l'accomplissement des excrétions naturelles. Le pouls était rare, et toutes les fonctions du corps engourdies et languissantes. La torpeur de l'unie produite par la frayeur, la stupeur, etc., est quelquefois

corps qui a di'lennlm' n'Ur Im-pi'iir de l'âme! Mais cette matière nous amènerait a des arguties, et d'aiileurâ il n'est pas nécessaire de la développer ici.

t. llumll, Otoraniam Htiltatti H «Mmrjteak».

Seconda lai.

Ce que nous avons dit de l'influence des sentiments spirituels sur les sentiments animaui est vrai aussi, et réciproquement, de l'influence des sentiments animaux sur les sentiments spirituels. Les maladies du corps, qui sont le plus souvent les suites

tion par les peines physiques qu'elles causent ; mais, ici encore, il fallait que l'àme fût attaquée dans son essence intime, afin que la soutirante doulili'i: [■fiisa^-rit plus fortement ù mettre un frein à ses désirs. De même, au hieii-f'li'i* sensible de la santé corporelle devait s'ajouter le sentiment plus délicat d'une amélioration spirituelle positive, nlin que l'homme fût eicité avec d'autant plus de force !i maintenir son corps eu bon état. 11 y a donc une seconde loi de l'union des deux substances, qui peut s'exprimer ainsi : À la libre activité des organes, est associé néresmiietnent le libre cuirs des sentiments et des idées; au désordre des organes, le désordre île l'eiitenilr.ment et de la sensibilité. Plus brièvement : le sentiment i/eiiénd de l'hiirmtinic animale est la source de plaisirs spirit icls, et la peine animale la source de peines spirituelles.

A ces divers points de vue, on peut, non sans raison, comparer l'âme et le corps à deux instruments a corde mis à l'unisson et juxtaposés. Si, touchant une rorde de l'un d'eux, on produit un son déterminé, !a corde correspondante vibrera spontanément dans l'autre, et fera entendre le même son, à un degré plus faible. Ainsi, pour parler métaphoriquement, la corde joyeuse du corps éveillera la corde joyeuse dans l'âme; le son triste du premier, le son triste dans la seconde. Voilà la merveilleuse et remarquable sympathie qui fait en quelque sorte un seul être des principes hétérogènes de l'homme. L'homme n'est pas âme et corps, l'homme est le mélange le plus intime de ces deux substances.

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