‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 56 sur 95 · Voj. te demie* acte des Brfjjana) de Scliiller · texte numérisé non relu

Voj. te demie* acte des Brfjjana) de Scliiller

LE THEATRE, COMME INSTITUTION MORALE. 301 m- 1 ■!■ •nlicdmlj b .)o.i.nl ip- .i. n--ti* pf -in L-l -j ir-I

Ruhberg 1 dans l'affreux labyrinthe des circonstances qui le poussèrent à cet acte coupable? Le suicide est, en général, abhorré comme un crime ; mais, lorsque, assaillie par les menaces d'un père iurïcus, par l'amour, par la perspective des horribles murs d'un couivut . llariaiiu* b:>il 1b poison, qui d'entre nous voudrait être le premier a condamner sans appel la déplorable victime ■l'irn infâme îuV'jiwû? L'humanité et la tolérance commenccnl à devenir l'esprit dominant de notre temps; leurs rayons ont pénétré jusque dans les tribunauï , et, plus loin encore... jusqu'au creur de nos princes. Uuelle pari n'ont point nue nos théâtres à celte œuvre divine ! Ne sont-ce pas eus qui ont l'ail connaître l'homme a l'homme, et qui ont découvert les senvts rouans qui le font agir?

Une classe remarquable de l'humanité a plus de raisons encore que les autres d'être reconnaissante envers le théâtre. Les grands du monde nVnteiiilrni que là ce qu'ailleurs ils n'entendent jamais ou n'entendent que rarement... la vérité.- La ils voient ce qu'ailleurs ils ne i oient jamais ou ne voient que rarement.... l'homme.

Telle est la grandeur, ta variété des fruits que la culture morale retire d'un bnn théâtre; pour l'entier développement de l'intelligence , le théâtre n'est pas moins eflicace. C'est surtout a cet égard , dans cette sphère élevée , que le grand génie, le patriote ardent, fait produire à la scène tout son effet.

Il jette un regard sur la race [iniiiahie, compare les peuples aux peuples, les siècles aux siècles, et voit avec quelle servilité la grande masse du peuple se laisse tyranniser par le préjugé et l'opinion, qui éternellement t'ont obstacle à son bonheur; il voit que les rayons plus purs de la vérité ne luisent que pour un petit nombre d'individus, qui peut-être ont acheté ce faible

I. Penumatte du ilrame. ou lalileiu de ftmllla, tl'Ifflanrl, Intitulé : Pm-fc™chen aut Ehrtucltt , . Crime commis aiuliitmri. .. FMijil.inl Kuliberg vola cinq nulle llial.jjs il. lus la ,-.;i« t . il..' -un ;,[:.,!, ( |ui mt oîilsior romplable.

ï. 11 fa unalra K Oilie de eu num d u flouer, qui passa pour être la meilleur!] piicOUeSOn il.iairB.

303 M fil. ASC ES.

«v.mtage en y consacrant une vie entière, l'ar quel moyen lo sape législateur pcul-il faire participer toute la uauon a celle lumière?

Le théâtre esl In panai commun par lequel la lumière de la sagesse va, déroulant de la meilleure parue du peuple, de celle qui pense, se répandre de là, eu rayons plus doui, à travers tout l'État. Par 11 des Uttt plut justes, des maximes plus saines, des sentiments plus épurés, s'insinuent dans toutes les veines du peuple ; le biuuillard de la barbarie, de la sombre superstition se dissipe, la nuit cède h la lumière victorieuse. Parmi tant de nobles fruits d'un bon théâtre , je n'en veux indiquer que deux. Combien est devenue générale, depuis quelques aimées seulement, la tolérante des religions et des sectes! Avant même que Nathan le juif et Saladin le Sarrasin 1 nous fissent rougir et nous prêchassent ce domine divin, que notre soumission à Dieu ne dépend pas si absolument des idées que nous nous faisons de Dieu ; avant même que Joseph II combattît l'hydre ép ou v entaille de la haine dévote : le théâtre semait dans notre cirair les germes de l'iiimimiité et de la mansuétude; les peintures horribles île la twu des prêtres païens nous apprenaient h éviter les haines religieuses : en se voyant dans cel effrayant miroir, le christianisme se lavait de ses souUlures. Avec non moins de succès on pourrait combattre du haut de la scène les erreurs de l'éducation : nous attendons encore la pièce où sera traité cet important sujet. L'État n'a nul intérêt aussi grave par ses suites que celui-là. et pourtant il n'en est aucun d'aussi négligé, aucun qui soit livré aussi absolument que celui-là aux vaines fantaisies et ù la frivolité du citoyen. Le théiltre seul pourrait l'aire passer sous ses yeux, dans des peintures touchantes, propres à ébranler l'Ame, Jes victimes malheureuses d'une éducation négligée; là nos pères pourraient apprendre k renoncer au* maximes d'une routine opiniâtre, nos mères à nous aimer plus r.iiM. miaulement. De fausses idées peuvent égarer le cœur du meilleur maille ; c'est bien pis encore quand on se pique d'une méthode, et qu'on perd systé-

1. Co ionl lu dtui prlnclplui pencnnigu il* Salluin tt Saut, peton JnmuUlu» du I Jiilng.

Page 1