‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 57 sur 95 · LE THÉÀTHE, COMME INSTITUTION MORALE · texte numérisé non relu

LE THÉÀTHE, COMME INSTITUTION MORALE

matiquement dans desserres chaudes r-t des l'hiluntiiropints* les tendres rejetons, objets de la culture.

On ne réussirait pas moins bien, si les clicts et les tuteurs do l'État savaient s'y bien prendre, à rectifier, par le moyen du théâtre , les opinions de la nation sur le gouvernement et sur ceux qui gouvernent. Le pouvoir léiàslalil'; parlerait au citoyen pardes emblèmes et des exemples étranger; : il répondrait à ses plaintes avant même qu'elles eussent éclaté, et, sans qu'il y parût, préviendrait ses doutes. L'industrie même et l'esprit d'invention pourraient recevoir et recevraient de la scène une impulsion puissante, si les poètes jugeaient qu'il valût la peine d'être patriotes, et si le gouvernement voulait descendre à les écouter.

Je ne puis omettre ici la grande influence qu'exercerait sur l'esprit national un lion ilté.llre peruiaiient. J'entends par esprit national d'un peuple l'harmonie et l'accord de ses opinions et de ses penchants sur certains points au. sujet desquels une autre nation pense et sent autrement. Le théâtre seul peut produirai un haut degré cet accord , parce qu'il parcourt tout le domaine de la science humaine , épuise toutes les situations de la vie, et éclaire tous les replis du cœur; parce qu'il réunit toutes les conditions et toutes les classes, et qu'il suit de toutes les

la plus fri)*»-, (i-ur arriu-r .ï I -Un»!.-» -t lu •■•mt

Si , dans toutes nos pièces , dominait un trait saillant , si nos portes voulaient s'unir et former entre eux une ferme alliance pour atteindre ce but, .si un choix sévère présidait à leurs travaux, s'ils ne consacraient leur pinceau qu'à dc3 sujets propres à intéresser tout le peuple : en un mot, si nous parvenions à avoir un

I. Les PJiiionlhropinei devaient sirs, d'après Basedow, des institutions dans lesquelles tes cnfanls fassent traites d'une manière plus conforma que pat le ]ia<se à la nature humaine el dlcïf* 1111 m; An i;i .]..■-. 1 1 1 i.t t o M île l'homme en ce monde. Ssmlor voulait qu'on «IWiluU au mot fhUanthropxm, celui de PJW- Unthropiun,

Dans la Tliulii, ce ditoloppcment continue de la manière siiiTante ; ■ La mania présente do faire m.,nLr,. des créature* île Dieu, comme des marionnettes à la foire; utU rage, devenue Fameuse, do labriquer des hommes

dos hommes on (ait dos pierres, comme lui des pierres faisait des hommes : c'est la. entre tous les egaremanli de ta raison, celui qui mériterait le plus 1s louel de la salira. »

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théâtre national, nous cleviomli'ifins aussi uni.: iiiilion. Qu'est-ce qui ljail si l'arlL'ini'iil les tirées entre eux? Iju'csi-ce qui attirait, d'uni; façon si irrésistible, le peuple li ses théâtres'; llien autre chose que le sujet p;Urii>Lii|Ue îles pièces, l'esprit national grec

qui y respirait, le grand el dominant intérêt de l'État et des progrès de l'humanité.

Le théâtre a encore un mérite, un mérite que je puis d'autant mieux faire valoir maintenant, que, même sans cela, son procès «mire ses adversaires esl déjà sa (.'né, je suppose. Ce que nuus avons entrepris rie prunier jusqu'ici, k savoir que le théStre avait une iullueuce puissante sur les imeurs el sur la culture de l'esprit, était douteux. One, parmi toutes les inventions du luxe et toutes les institutions qui uni pour but le divertissement social, le théâtre mérite la préférence, ses ennemis même l'ont reconnu. Mais le service qu'il rend en ce genre a plus d'importance qu'on ne le croit généralement.

La nature humaine ne supporte pas d'être appliquée toujours et sans interruption à la torture des affaires; les plaisirs des sens perdent tout leur charme dès que les sens sont satisfaits. Surchargé de jouissances animales, l'aligné par de longs efforts, tourmenté par un éternel besoin d'utilité, l'homme a soif do divertissements meilleurs et plus exquis, :i défaut desquels il se précipite dans des disira. tmns fourni uses et effrénées, qui accélèrent sa ruine et troublent le repos de la société. Des plaisirs désordonués, un jeu milieux , mille actes île folie, enfantés par le désœuvrement, sont inéviliilileri si le 1- ^i>laleur ne sait pas diriger ce penchant du peuple. L'homme politique est en danger d'expier par le funeste spleen son dévouement si généreux à l'État; le savant de déchoir jusqu'il n'être qu'un pédant obtus; le peuple de descendre au rang de la bâte. Le théâtre est une institution où le divertissement s'unit à l'enseignement, le repos k l'application, l'amusement à la culture; où nulle force de l'âme n'est tendue au détriment d'une autre, où nul plaisir n'est goûté aux dépens de l'ensemble. Lorsque le chagrin nous ronge le cœur, lorsqu'une humeur sombre empoisonne nos heures solitaires, que le monde el les affaires nous dégoûtent, que mille fardeaux accablent notre dme, et que les travaux de notre état menacent d'étouffer notre sensibilité, alors le théâtre

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nous accueille. Dans ce monde artificiel, nos rôïcs nous éloignent du monde réel . nous sommes rendus à nous-mêmes, nos

bonheur perd son ivresse, la sécurité devient ]jrudente. Le voluptueux amolli se trempe et veut être un homme; le farouche, le barbare commence à sentir. El, enfin, quel triomphe pour toi, \alure (Nature qu'on a Ihmii Hmliir aux pieds, qui le relèves toujours!), quand des hommes de toutes lesclasses, de toutes lea zones, de toutes les condifions, secouant le jnugdu raffinement et de la mode , délivrés de toute tyrannie du sort, fraternelle 1

veau en une seule famille, oublient eux et le monde, et se rapprochent de leur r.éhsle origine! Chaque individu jouit du ravissement de tous, qui jaillit sur lui décent yeux, accru et embelli , et dans sa poitrine il n'y a plus place que pour un seul sentiment, qui est d'être un homme.

* Si la lii-rni naturelle .j.i|i!;rl!e niu-. f'a])|-ivrintiin. lé-iiime de notre propre mérite) ne iloit nous tiLniiniinner riuns nin'one relation de la vie civile, nuire premier demi r c-t -ans (Imite rie nous poser, pour la résoudre,

dignilé de cet esprit, ei répond-elle a ic que la corn m un lui lé a droit d'attendre de notre iali'rvrrition? Vf. nVsi pas toujours le plus haut degré (le tension de uns forces , c'est leur plus noble emploi qui fi.it | a grandeur des choses. Plus est élevé le but auquel noua tendons, plus est vnslo et compte bens if le recelé dan* lequel mnis j;i.Mms ; plus aussi noire cou. rase s'élève, plus aussi dnviciil puro ot indépendadta de L'Opinion du monde notre conBflore eu nous-memoa. Car c'est seulement après que nous avons déterminé au dedans île ni us ce (|ue nous sommes ot ce que nous ne sommes pas. que n u:, a k'pjinns jiit Muh-it (le souffrir dejuge-

• Mais d'où vient donc (telle remorque s'est imposée ù mon esprit depuis que j'observe les hommes), d'où vienl i|UC l'orgueil de ceux qui

on! un emploi 051 fi psnéralement .'il raison inverse du mérita rérlT D'où vient que la plupart elevont d'auimt plus leur» prétentions il l'os'ime du la société que leur influenre sur relie société e>l moindre*.... Combien le ministre qui tient le gouvernail rk< 1 Elal et meut avec une foire de géant les grands «jnugi-s 'lu foovrri rn enl. ne parall-il pas bien sauvent modeste auprès du petit histrion |u dirige un ihcniroot rcdie.o des arrêtés réglementaires* Cembien unnicBie le grand -.m nul qui a élendu lu sphère do In pensée humaine el fait luire sur île. p.n Lu-- entière* du monde lu flambeau du progrès, en comparaison île l'obsitur pédaal qui veille sur

ses in-quarto?... L'un e.ondt le le jeune Inuiiine qui, poussé par uuu

force intérieure , sort de l'étreiie prison d'une profession tonale, El suit l'appel du Dieu qui est au dedans de lui. Ivsi re une vengeance eiercée pur les petit» esprits sur lefé.iio. qu'ils désespèrent de suivre dans son essorï Attachent-ils penUlra tant du prix a leur travail par lo seule raison qu'ils ont eu la ni de peine il le J.nre".'. l.'uridilo, une diligence de fourmi, unu érudition mercenaire, sent estimées, lètnunérées et admirées, sous lo nom de qualités fondéics. de sérieux , de sens profond, ilieu n'est plus connu , et rien ne [dit plut) do boots à la sainte raison , que lu haino irrér.inriiiaUc , l'nii.-n.'illem dédain , avec lequel les Furullos. du haut do leur fraudeur, regiident les lulonls libres.... et las chuscs continueront sur ee pie.! d'une généra lieu j 1 nuire, jusqu'à ce que rérudltion et Ib bon goût, la vérilè et le beau s'embrassent tomme frères

- Il est facile de n.jr roiurnoni celle observnimu se rattache à la question suivante : • nu. I effet produil le tln'airel... ■ Co que le philosophe législateur peut demander, finalement ot sortirai, a uuo institution publique, c'est de i iui'riliuei- à la r: mu; une felieilé. Ce qui as. lire la durée do In vie physique sec a [rnijnurs le premier objet de soi) attention: ce qui peut ennoblir l'humanité, dans son essence même, sa préoccupai inn la plus haiito. Lo besoin do l 'homme-animal est antérieur et plus pressant.. . Le besoin rie l'cquil i-sl s-nj n-i'ïi-n [■ ■ t plus inépuisable. Si donc on pouvait prunier d'une manière iur.uitc.-lnl.il- que le Ihéàlre a pour effet la culture des individus el île la son' 1 ;!' , mi Lui tt'.ir.ilt assure snn rouf auprès de? premières uisnlnlieus de l'État.

« L'art dramai ii |ue nq.pr.se plus de ^-énie qu'un- un des arts ses fron-s. Le plus liant produil un ee poire e-r peut-être aussi In produit lu plus haut de l'esprit humain. Ce ru p. nef le système do l'auraction des corps el le Jules César de Sliakspeare . plare/.-lc- dans les deus plaleau» de celle ^ba lance ou les «prit» supérieurs pèsent les œuvres do l'intelligence hu-

scul point mathématique. Si cela est.... el n'est-ce point l'avis du plus incorruptible des juges, de la postérité'.'... pnni-quoi ne s'nppliqucinii-oii pas avant tout à mettre linrs de dénie la Jignile .l'un an dont l'eierricc occupe toutes les forces de l'Unie , de l'esprit 1 1 du eii'urT C'est un crime conlie soi-même, c'est le meurtre du laleui . de dépenser la niéinu mesure de capacilé qui aurait servi snriiln ii'ipunineiil les plus grands intérêts do l'humanité, de la dépenser, dis-je, sur un objet moins important, l-st-il encore douteux , d Tludie , que lu descendes du cielî Toute tut

cet /faml« si prise.

embuscade de h licence c. Je Ij .-airrcl y ne Je fois celle autiste cl divine Thaliodevient-eile la l> .iill'uni)'.' île lu |.IH u une (laiteuse qui li-d-e

la pourra au pied îles [dus jitL.u inWies.... Toutes ceseiclamationssum ineonte^laljlei il vraies, tuais ain'niie .['elles Ti'al'.e:nt la scène. La religion du Chrislful le cri de guerre quand on di peupla ['Amérique.... C'et.1 puur glorifier la ri un du Christ eue miens >■[ lia vailiac commirent le meurife, et que Ou lias IX, à Paris, lira aur les humieueis fugitifs.... El pourtant qui aurait la pensée, d'abuser la plus douce des religions d'une infamie que lu plus rude uarh.it ie olle-mcnie désavouerait solennellement?

> C'est luut aussi peu à l'art qu'il faut s'en prendre , s'il n'est point «n Europe ce qu'il fut e:i Asie , au dn-huitiemc siècle , ce qu'il a été sous Aspuaio et l'oriclea. Il lui suffit qu'il Tait été alors et que lu nutioo che* qui il a fleuri soit encore aujourd'hui nuire iiiudéle.. . Mais je passe U 1j (iisscria'nm même. ■

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