‹ Œuvres de Schiller Mélanges de Schiller preécédés du Visionnaire. 7Chapitre 8 sur 95 · I. - Lcsippuu ivatureljolntaswircj. (Pnmiin édition · texte numérisé non relu

I. - Lcsippuu ivatureljolntaswircj. (Pnmiin édition

temps de cet abîme.. . mais d'abord je ne connus l'intérieur du Bucentaure que beaucoup plus tard , el quand le mal était fait ; de plus , dès le commencement de cette période , une affaire pressante m'avait, comme je le dirai, éloigne de Venise. Lord Seymour , précieuse connaissance du prime, dont la tète froide résistait à toute espèce d'iilusion, et qui eût pu être pour lui infailliblement un sûr appui, nous quitta à cette époque jiour retourner dans sa patrie'. Cuiix dans 1rs mains desquels je laissai mon auguste ami étaient, h la vérité, des nommes honnêtes, mais sans expérience et d'une religion très-bornée , qui manquaient du discernement du mal comme d'autorité auprès du prince. Ils ne savaient rien opposer à sus sophismes captieux qiiu 1rs drcisiiiiis suiivcruinrs il'uin' fui avi-ngle (■[ srnis rvaiiirn. qui l'irritaient ou le diu'Hii-sainil; il li s dominait beaucoup trop aisément, el son intelligence supérieure ré (luisait bien tôt au silence ces mauvais défenseurs de la bonne cause '. Les autres personnes qui s'emparèrent ensuite de sa cotitiance s'attachèrent plutôt a le plonger toujours davantage dans ses erreurs. Quand je revins h Venise, l'année suivante.... combien je trouvai déjà tout changé !

L'inQueuce de cette nouvelle philosophie se montra bientût dans la vie du prince. Plus il réussissait a vue d'œil à Venise, et se iaisiiil de nouveaux amis, plus il toriiineii .ail il perdre auprès des anciens. Il me plaisait moins de jour en jour ; nou3 nous voyions aussi plus rarement, et, en général, il était moins facile de l'avoir. Le torrent du grand monde l'avait entraîné. Sa porte fiait constamment assiégée, ,piand il étaiirhez lui. Les divertissements , les fêtes , les plaisirs , se succédaient sans relâche Il était la beauté à la mode, courtisée de tous; le roi, l'idole de tous les cercles. Autant, dans le calme et la retraite de sa vie passée, il nvaitjugé pénible le train du grand monde, autant il était surpris maintenant de le trouver facile. Tout venait audevant de lui. Tout ce qui s'échappait de ses lèvres était excel-

lent, ei s'il se taisait , c'était un vol lait h la société '. Véritablement ce bonheur qui le poursuivail partout , ce succès universel, relevaient au-dessus de ce qu'il était e'n elTct, parce qu'ils lui donnaient du courage cl de la confiance en lui-même. L'opinion plus haute qu'il conçut par la de sa propre valeur k' lil ivi.iiri; au rcspi.' 1 c.upTC et presque idolalre qu'un témoignait pour sou esprit, et qui , sans cet accroissement, jusqu'il un riTl.'iin point légitime, d'arumic-propre. lui eût été nécessaire meut suspect. Mais maintenant cette voit universelle ne faisait que confirmer ce que son orgueil satisfait lui disait tout bas : celait un tribut qui. dans sa pensée, lui appartenait do plein droit. 11 aurait infnillihlcmrnt échappé a ce piège, si ou l'avait laissé respirer, si on lui avait seulement laissé le loisir de comparer sa valeur propre avec l'image qu'on lui présentait dans un miroir si flatteur. Mais son existence était un état d'ivresse continuelle, de sublime vertige. Plus on l'avait exalté, plus il avait à faire pour se maintenir à cette hauteur : celte tension continuelle le consumait lentement, et de son sommeil même le repos s'était enfui. On avait surpris ses cotés faibles et bien rulrulé la j> i.si.iu qu'on avait allumée en lui.

Ses honnêtes gentilshommes lurent bientôt victimes de celte Iran s formation de leur mailre eu homme île génie. Les sentiments sérieux et les vérités respectables auxquels il était autrefois attaché avec toute la chaleur de son Ame, commencèrent 4 devenir l'objet de ses moqueries. 11 se vénérait surlcs vérités de la religion deropprrssion sous laquelle les préjugés l'avaient tenu si longtemps ; mais, comme, an tond de son cœur une voix, qui ne pouvait être faussée, combattait le délire de son cerveau, il y avait dans ses saillies plus d'amertume que de joyeuse verve. Son naturel commençai! à s'altérer; les caprices vinrent. Le plus bel ornemenl de son caractère , sa modestie , disparut. Les flatteurs avaient empoisonné Sun cieur excellent. La délicatesse indulgente de son commerce , qui autrefois avait fait entièrement oublier aux cavaliers attachés à sa personne qu'il était

périeux et tranchant, qui blessait d'autant plus vivement, qu'il

s sur la dislance tout extérieure du rang, dont

on se 'console'' !

;ans grand 'peine.

et dont 1 il faisait lui-même

peu de cas, mai:

isur la supposait

m offensante de la supériorité

personnelle, t'.ej

nt pu, dans le tourbillon de la

U que sombre, f

;rondeur et malheureux, tau-

mtrainte lescercles étrangers.

.Nous le voyions

!iir roi ii palissante , parcoufir

celte périlleuse

ins le tumulte où il s'élait pré-

cipilé, il n'entendait plus la faible voix île l'amitié, et il était encore à ce moment troji Ik-uivus pour pouvoir la comprendre.

Dès les premiers temps de celte période , une affaire importante, que je ne pouvais subordonner au plus vif intérêt de l'amitié, m'appela ii la cour de mon souverain. Une invisible main, qui ne s'est découverte à moi que longtemps après, avait trouvé moyen d'y brouiller mes affaires , et d'y répandre sur mon compie des bruits que je devais me hâter de réfuter par ma présence. Il m'en coûta de nie séparer du prince ; mais lui, il prit la chose fort légèrement. Les liens qui l'avaient attaché à moi étaient depuis longtemps ri'lrirlu's. Mais son sort avait éveillé toute ma sympathie , et je fis promettre au baron de F'" de me tenir au courant par sa correspondance , ce qu'il a Tait très-consciencieusement. Dés à présent, et pendant un long intervalle, je ne suis plus témoin oculaire des événements. Qu'on me permette de produire le baron de F*" à ma place, et de combler celle lacune par des extraits de ses lettres. Quoique la manière de voir de mon ami ¥"' ne soit pas toujours la mienne, je n'ai rien voulu changer !' ses expressions, dans lesquelles le lecteur démêlera avec peu de peine la vérité '.

1. . El dODI il fiisiit, etc. . Ce membre de phrase manqua rlanj la Italie. 3 relie ■lumière piitaw» [i>sl point iljns h Tkalit.

LE BAKON DE F" AU COMTE D'O"

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