‹ Œuvres de Schiller Œuvres historiques de Schiller. Tome premier. 5Chapitre 106 sur 228 · Meteren · texte numérisé non relu

Meteren

200 HISTOIRE DE LA RÉVOLTE DES PAYS-BAS. celle qu’ils abandonneraient. Leur participation au gouvernement, quoiqu’elle fût purement nominale, tenait en bride le parti contraire. Aussi longtemps qu’ils assistaient encore au conseil, on évitait les mesures violentes, parce qu’on attendait encore quelque chose des voies de douceur. Leur désapprobation, quoiqu’elle ne partît pas du cœur, rendait la faction craintive et indécise; elle se relèverait, au contraire, avec toute sa force, aussitôt qu’elle pourrait compter, ne fût-ce que de loin, sur une si puissante approbation. Les mêmes mesures du gouvernement, qui, si elles passaient par leurs mains, étaient assurées d’un succès favorable, devenaient sans eux suspectes et iueflicaces; la condescendance même du roi, si elle n’élait pas l’ouvrage de ces amis du peuple, manquait nécessairement la meilleure partie de son effet. Outre que leur retraite des affaires laissait la régente sans conseil dans un temps où les conseils lui étaient plus indispensables que jamais, elle donnait en même temps la prépondérance à un parti qui, dirigé par un aveugle attachement à la cour, et ne connaissant pas les particularités du caractère républicain, ne cesserait pas d’envenimer le mal et de pousser à l’extrême l’irritation des esprits.

Tous ces motifs, parmi lesquels chacun, selon sa bonne ou sa mauvaise opinion du prince, est libre de choisir celui qui peut avoir dominé dans son esprit, le décidèrent alors à laisser la gouvernante dans l’embarras et à s’éloigner de toutes les affaires publiques. L’occasion de mettre ce projet à exécution se trouva bientôt. Le prince avait opiné pour la prompte promulgation des édits nouvellement modifiés; la gouvernante suivit l’avis du conseil privé et les envoya auparavant au roi. « Je vois aujourd’hui clairement, s’écria le prince, avec une vivacité feinte, qu’on se défie de tous les avis que je donne. Le roi n’a que faire de serviteurs dont la fidélité lui est suspecte, et loin de moi la pensée d’imposer à mon maître des services qui lui déplaisent! Il vaut donc mieux pour lui et pour moi que je renonce à la vie publique*. » Le comte de Hoorn fit à peu près la même déclaration. Egmont demandais permission de se rendre aux bains d’Aix-la-Chapelle, que son médecin lui avait ordon-

]. Durguiitl., 189.

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