LES PRÊCHES PUBLICS
Iæs huguenots et les protestants allemands ne pouvaient trouver un nioment plus favorable que celui-là pour essayer d’écouler dans les Pays-Bas leur dangereuse marchandise, fihaque ville importante fourmillait maintenant de nouveaux venus suspects, d'espions déguisés, d’hérétiques de toute espèce et de leurs apôtres. Trois partis religieux, entre tous ceux qui s’écartaient de l’PIglise dominante, avaient fait dans les provinces des progrès remarquables. La Frise et les contrées voisines avaient été inondées par les anabaptistes, qui, étant les plus pauvres, sans chefs, sans constitution, sans forces militaires, et de plus divisés entre eux, éveillaient le moins de craintes. Un parti bien plus important était celui des calvinistes, qui occupaient les provinces méridionales et surtout la Flandre; qui trouvaient de puissants soutiens dans leurs voisins les huguenots, dans la république de Genève, dans les cantons suisses et une partie de l’.Mlemagne, et dont la religion, à quelques nuances près, était assise sur le trône d’Angleterre. Leur secte était la plus nombreuse, surtout dans le commerce et la petite bourgeoisie ; c’étaient en grande partie les huguenots chassés de France qui lui avaient donné naissance '. Les lutliériens leur cédaient en nombre et en richesse , mais un parti beaucoup plus considérable parmi la noblesse leur donnait du poids. Ils possédaient principalement la partie
1. Ce 'iernier membre de phrase ectt un peu difTérent dnns la première édition : « Elle s’ôtait formée insensiblement de ce que la France avait rejeté de son scia. »